À Robion, village du Vaucluse accroché aux reliefs du Luberon, une croix de bois installée sur les hauteurs va devoir être déplacée. Le tribunal administratif de Nîmes a ordonné au maire de retirer la « Croix de Corilou » du domaine public, estimant qu’elle contrevient à l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 interdisant l’érection de signes religieux sur un emplacement public après la séparation des Églises et de l’État.
Dans une décision rendue le 6 février, la justice administrative, saisie par la fédération départementale de la Libre Pensée du Vaucluse, a jugé que « cette croix ne peut qu’être regardée comme un signe ou un emblème religieux au sens de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 », alors même qu’elle comporte une plaque indiquant ses coordonnées géographiques et qu’elle sert de point de repère aux randonneurs. Elle a également relevé que « la commune, qui se borne à soutenir que cette croix existe antérieurement à la loi du 9 décembre 1905, n’assortit ses allégations sur ce point d’aucun élément probant ». Le maire, Patrick Sintes, a annoncé faire appel.
Une croix inscrite dans l’histoire locale
Pour l’édile, la décision ne tient pas compte de la réalité du terrain. « Cette croix fait partie de notre histoire locale, estime-t-il. Elle a toujours été là. C’est une croix rupestre qui traîne dans le paysage et qui n’enlève rien à personne. C’est un signe religieux mais c’est aussi un signe pour accéder à une bergerie dont la commune est propriétaire. Chacun met ce qu’il veut derrière cette croix », a-t-il déclaré.
Cette croix a été restaurée après l’assassinat, en 2017, d’une jeune femme originaire du village, devenant pour certains habitants un lieu de mémoire. À l’origine de la procédure, la fédération départementale de la Libre Pensée avait demandé en 2022 d’enlever la croix afin de « restaurer la neutralité de l’espace public ».

La croix Corilou. Source : mesopinions.com/Collectif pour la croix de Robion
Une mobilisation bien au-delà du village
La décision a suscité une forte réaction. « Plus de 20 000 personnes (soit 4 fois la population de Robion) ont signé une pétition pour préserver cette croix », rapportait Europe 1 le 2 mars. Sur place, l’émotion est palpable. « Ça sera très triste, ce mettra les larmes aux yeux », a confié auprès de la radio un habitant âgé de 82 ans. « C’est le cœur qui parle, je comprends la légitimité, mais après elle ne gène personne. Moi j’ai 82 ans, je l’ai toujours vue. Ça fait partie du patrimoine ».
La pétition appelle à « Sauver la croix Corilou : empêcher son déboulonnage ! » et affirme : « Parce que la croix Corilou fait partie du paysage familier et de la mémoire collective du village et qu’elle constitue un repère historique et culturel transmis de génération en génération ». Une « marche de protestation » est annoncée prochain, du village à la croix, tandis que l’appel du maire doit être examiné.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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