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Le 15 avril 1936, à peine trois mois après la victoire frauduleuse des forces du front populaire espagnol, le courageux et talentueux député de l’opposition, José Calvo Sotelo -(il avait été entre 1925 et 1930, ministre des finances du gouvernement de Miguel Primo de Rivera) -monte à la tribune des Cortès. « Il souffle sur l’Espagne, une rafale de fer et de feu…quand la foule crie « à bas la police », quand au cri de « Vive l’Espagne », on répond par des « Vive la Russie », quand on insulte l’armée et que l’on tourne en dérision tout ce qui fait la patrie ». Et il va implacablement lister les attentats, les destructions, les incendies, les crimes qui ravagent la pauvre Espagne depuis le 16 février 1936. 105 Églises incendiées, 74 morts en 3 mois, 345 blessés. Il dénonce le fait que « la force publique est consignée car le représentant de l’autorité, lui interdit de sortir dans les rues ». Il accuse le socialiste, véritable cryptocommuniste, Álvarez del Vayo, la tête pensante de Largo Caballero, d’avoir dit que tout cela « avait été fait par le peuple de Madrid pour protester contre la lenteur avec laquelle le gouvernement exécutait le programme du front populaire ».
Le 16 juin 1936, de nouveau, et Calvo Sotelo et José Maria Gil-Robles, le chef de la droite, la CEDA, montent au créneau dans l’enceinte des Cortès. Car tout s’est aggravé. On dénombre désormais 269 meurtres ou assassinats, 1287 blessés, 10 sièges de journaux d’opposition détruits, 170 Églises ou bâtiments religieux incendiés. Le chef du gouvernement, l’homme de la gauche républicaine Santiago Casares Quiroga s’écrit : « la violence contre le chef du parti monarchiste ne serait pas un délit », et la stalinienne Dolores Ibárruri, la Pasionaria : « cet homme a parlé pour la dernière fois ».
Car Calvo Sotelo est bien conscient qu’il risque sa vie à ainsi mettre les chefs politiques du front populaire devant leurs écrasantes responsabilités. Comme l’énonce la chanson populaire « cet homme a dit la vérité, il doit être exécuté ». Prenant les devants, il avait cité Saint Dominique de Silos : « Seigneur, vous pouvez m’ôtez la vie, mais vous ne pouvez rien de plus ». Il en a fait aussi la confidence à son ami, Luis de Galinsoga, directeur du journal d’opposition ABC. Bizarrement, les autorités chargées de la protection des principaux hommes politiques du pays, ont fait modifier son escorte, qui est désormais plutôt chargée de le surveiller, de l’espionner que de le protéger.
Le 12 juillet 1936, le communisant José Castillo, qui avait participé aux attaques armées d’octobre 1934 dans les Asturies, et qui n’avait pas hésité à exécuter à bout portant un jeune militant carliste, Llaguno Acha, quelque temps auparavant, est vengé par ses camarades. Ce meurtre de Llaguno Acha était d’autant plus scélérat, que ce dernier avait été abattu par Castillo, alors qu’il assistait à la procession funèbre d’un de ses camarades phalangistes lui aussi lâchement assassiné. Castillo était instructeur au sein des Milices « antifascistes » ouvrières et paysannes, MAOC, ainsi qu’auprès d’une organisation clandestine militaire d’extrême-gauche, l’UMRA, car il est largement démontré par l’étude des archives moscovites de la IIIème internationale, que les communistes et les socialistes avaient largement infiltré l’armée (Cf Marea Roja (Marée rouge), de Gustavo Martín Asensio, publié en 2026).
Dès lors, les milices front-populistes vont se déchainer comme jamais. Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1936, partent de la caserne Pontejos, des autobus officiels de la police vers trois directions. Le domicile de Calvo Sotelo situé rue Velásquez, l’habitation de Gil-Robles et celle du chef monarchiste et ancien député, Antonio Goicoechea. Ces deux derniers ne se trouvaient pas à Madrid alors, ils auront de fait la vie sauve.
À l’intérieur du bus N°17 qui arrive rue Velásquez, on y trouve Fernando Condés, garde du corps du ministre socialiste Indalecio Prieto ; un membre du PSOE, Luis Cuenca, aussi cerbère de Prieto et son homme de confiance. Des membres du front populaire, Francisco Ordónez, Santiago Garcés, José del Rey Hernández et plusieurs gardes d’assaut de la caserne de Pontejos. Vers deux heures du matin, le véhicule officiel se range rue Velásquez et les hommes armés, dont plusieurs sont en uniformes, investissent par la force le domicile du député, sans mandat, hors du cadre de toute procédure régulière, faisant fi et de l’horaire et de l’immunité parlementaire.
Calvo Sotelo est surpris nuitamment, alors qu’il se trouve avec sa femme et ses quatre enfants, en pyjama. De force, ces hommes prétendent l’emmener à la sureté générale, et l’empêchent de téléphoner aux autorités. Ce dernier proteste véhémentement et rappelle qu’en tant que député, il ne peut ainsi être appréhendé. Mais rien n’y fait, la force brutale et armée a le dessus.
Il monte dans le fourgon et arrivé au carrefour avec la rue Ayala, Cuenca qui est derrière lui, lui tire une balle dans la nuque, Calvo Sotelo s’effondre. Il est achevé par un deuxième coup de feu et sera jeté comme un chien au cimetière de l’Est, ou l’on retrouvera son cadavre au petit matin. Les assassins, tous connus et répertoriés, ne seront jamais inquiétés. Pire encore, le 25 juillet 1936, des gros bras du front populaire, lourdement armés, en plein jour, pénètrent dans le palais de justice de Madrid, se rendent directement dans le bureau du Juge chargé de l’enquête, prennent le dossier et disparaissent, comme ils étaient venus. Madame Calvo Sotelo avait reconnu sur photos les criminels, la famille n’aura jamais la possibilité de voir les assassins jugés.
Le gouvernement interdit aux journaux de diffuser toute nouvelle sur ce crime, et même la date et le lieu des obsèques, mais le bouche à oreille fonctionnant, une foule considérable va assister aux funérailles de ce martyr. Ce fut un crime sans précédent, c’était la première fois, dans toute l’histoire parlementaire de l’Espagne, qu’un député en exercice était ainsi assassiné, par des hommes en fonction, avec des armes et des véhicules appartenant à l’État, avec les moyens et l’aval du pouvoir socialo-communiste.
Les conséquences de ce magnicide furent considérables, une grande partie de la population pris conscience qu’il fallait mettre fin à cette anarchie généralisée. Le 11 juillet 1936, Franco, relégué aux Canarie depuis mars, faisait savoir par un télégramme codé au général Emilio Mola, le directeur de la future rébellion depuis Pampelune, qu’il n’y participerait pas, avec ce terme sibyllin mais explicite pour les initiés : « Une géographie peu étendue ». Le 13, il changeait d’avis et réussira à passer au Maroc espagnol. La suite nous la connaissons.
Le 18 juillet 1948 Franco octroya à la victime, à titre posthume, le titre de Duc de Calvo Sotelo et de Grand d’Espagne. Bien sûr les continuateurs politiques des tueurs du front populaire espagnol, Pedro Sánchez en tête, ont en 2022 supprimé cette distinction honorifique, rajoutant de l’ignominie au crime crapuleux. Car pour les gauches, on n’a pas le droit de s’opposer à elles, car s’opposer aux gauches, c’est être un fasciste, assurément. En 1936, comme en 2026.
Michel Festivi
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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4 réponses à “Espagne. Le 13 juillet 1936, l’assassinat crapuleux de José Calvo Sotelo”
Merci pour votre article qui éclaire le début de la guerre civile espagnole. C’est précisément à cause de ce conflit qu’en France, le Front populaire augmentera les crédits d’armement pour livrer armes et munitions aux républicains espagnols; de ce fait, les arsenaux français seront progressivement vidés, des armes qui nous feront défaut en 1940…
« Este hombre hablo por ùltima vez » la grosse Ibarruri la Rouge qui passa tranquillement le temps de la Guerre d’Espagne et du Franquisme au chaud à Moscou avait rendu son verdict! Remarquez bien que chez nous c’est plutôt le suicide dans un verre d’eau comme Boulin ou Marleix et son épais dossier sur Macaron et ses forfaitures pour Lepen nous avons la Cour de Cass qui valide l’inégibilité ou…la baignoire…par accident électrique!
Piere COT ministre frnçais de l’air à la veille de la guerre de 40 a dégarni l’armée de l’air pour équiper les républicains espagnols. Il a passé la guerre aux Etats Unis; c’était plus confortable qu’en France.
Mon père de passage en Catalogne en 1935 rapportait avoir assisté à la chasse des membres du clergé, des bourgeois portant chapeau, de simples braves gens et il en revint éprouvant une haine inextinguible à l’égard des rouges et autres anarchistes qui ne l’a jamais quitté.