Le voile islamique, symbole de l’hypocrisie politique française

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Marine Le Pen a donc ressorti du placard, lundi 31 août, la promesse d’un référendum débouchant sur la pénalisation du voile dans l’espace public. Jean-Philippe Tanguy avait dégainé la veille sur BFMTV, avec cette comparaison qui restera : une amende, comme pour une ceinture de sécurité non bouclée. Le lendemain, Jordan Bardella nuançait déjà, jurant qu’il ne s’agirait pas d’instaurer une police du vêtement, sans dire clairement si des amendes seraient dressées. Sébastien Chenu, lui, expliquait sur LCI qu’il faudrait d’abord « définir » l’idéologie islamiste et ses signes extérieurs. En 48 heures, trois responsables du même parti, trois versions.

Quel voile, exactement ?

Commençons par le commencement. De quoi parle-t-on ? Du voile intégral, déjà interdit depuis 2010 par une loi qui, elle, avait l’intelligence de ne viser aucune religion en particulier mais la dissimulation du visage ? Du hijab ? Du foulard noué au cou, qui ressemble furieusement à celui que porte une femme algérienne de 70 ans ? Du turban ? De la kippa, tant qu’on y est — car Marine Le Pen, en 2012, assumait au moins la cohérence de dire que supprimer le voile impliquait de supprimer la kippa dans l’espace public ? Depuis 2021, il n’est plus question que du voile, uniquement. La cohérence est passée à la trappe, la ciblage religieux reste.

Personne, dans les rangs qui promettent la sanction, n’a été capable de définir précisément le vêtement qui vaudrait contravention. C’est un détail, dira-t-on. C’est le contraire d’un détail : c’est le cœur de l’affaire. On ne pénalise pas un symbole flou. On pénalise un comportement défini, ou l’on ne pénalise rien du tout.

Et qui verbalise ?

Admettons. Admettons que le miracle juridique se produise, que la Constitution soit révisée, que la France sorte de la Convention européenne des droits de l’homme — ce que les juristes rappellent comme condition préalable, entraînant mécaniquement la sortie de l’Union européenne. Admettons.

Qui va verbaliser ? Les policiers qui, aujourd’hui, hésitent à tirer sur un refus d’obtempérer parce qu’ils savent que leur identité sera divulguée, qu’ils seront mis en examen, que leur famille sera menacée ? Les mêmes policiers à qui l’on demanderait, demain, d’aborder une femme dans la rue pour lui coller 135 € parce que son foulard est mal noué ? Dans quels quartiers ? Combien de temps avant que la première interpellation ne dégénère, avant que la première vidéo ne tourne, avant que la première nuit d’émeutes ne parte d’un contrôle de tissu ?

La réponse, chacun la connaît. La loi ne serait appliquée nulle part là où elle prétendrait l’être, et scrupuleusement appliquée là où elle ne servirait à rien — sur la retraitée maghrébine de Vendée qui n’a jamais menacé personne, sur la petite commerçante de province, sur celles précisément qui ne posent aucun problème. Comme toujours. Comme partout.

L’inversion du problème

Voilà le vrai scandale de cette proposition, et il n’est pas juridique. Il est moral.

On a laissé entrer sur le territoire, en cinquante ans, plusieurs millions de personnes appartenant à une civilisation, une religion, un ensemble de mœurs et de codes qui n’étaient pas ceux de la France. On l’a fait sans jamais consulter les Européens sur la question. On a traité de racistes ceux qui posaient la question. On l’a fait par lâcheté patronale, par calcul électoral, par sentimentalisme humanitaire, par idéologie.

Et maintenant qu’elles sont là — installées, françaises pour beaucoup, nées ici pour la plupart — on voudrait leur reprocher d’être ce qu’elles sont ? On voudrait s’en prendre non pas à la cause, mais à ses manifestations vestimentaires ? On refuse de dire qu’il y a un problème d’immigration et de le traiter, alors on décide de vexer les musulmans. On refuse de nommer la question démographique, alors on légifère sur le tissu.

C’est le contraire du courage politique. C’est la fuite déguisée en fermeté. Un peuple qui n’ose plus discuter de qui entre chez lui se venge en réglementant ce que portent ceux qui y sont déjà. C’est mesquin, c’est petit, et c’est surtout parfaitement inefficace.

Une brimade, et rien d’autre

Car soyons clairs sur ce que produirait une telle mesure si elle était appliquée. Elle ne convertirait personne. Elle n’assimilerait personne. Elle ne réduirait pas d’un iota l’influence des Frères musulmans, le financement étranger des mosquées, le communautarisme des cages d’escalier, ou la prédication salafiste sur les réseaux. Elle produirait exactement l’inverse : elle offrirait à l’islamisme politique le seul carburant dont il manque encore un peu en France, la persécution.

Elle transformerait chaque femme voilée en martyre potentielle, chaque contravention en preuve de l’hostilité française, chaque procès en tribune. Elle donnerait raison à ceux qui expliquent depuis vingt ans aux jeunes des quartiers que la République les hait. Elle radicaliserait des familles jusque-là tranquilles. Et elle offrirait aux organisations islamistes, sur un plateau, l’argument qu’elles cherchent depuis toujours.

On ne combat pas une idéologie en humiliant ses fidèles. On la combat en tarissant ce qui la nourrit : les flux, l’argent, les réseaux, l’impunité, l’absence de contrepartie exigée. Tout cela est possible, tout cela est légal, tout cela ne nécessite ni référendum impossible ni révision constitutionnelle. Mais tout cela exige du courage.

Le RN se tire une balle dans le pied

Le plus étonnant, dans cette affaire, c’est que le Rassemblement national ait choisi ce terrain-là. Un parti qui, depuis dix ans, a patiemment construit sa crédibilité sur le pouvoir d’achat, la sécurité et la maîtrise des frontières, et qui vient replonger, à dix-huit mois du scrutin, dans le registre le plus caricatural .

Le résultat était prévisible : le camp d’en face jubile. Mélenchon dénonce des « obsessions sexistes et islamophobes » et se paie à peu de frais une posture de défenseur des libertés — lui dont les positions sur ces sujets mériteraient un examen autrement sévère. Le gouvernement, ravi de l’aubaine, agite la constitutionnalité. Édouard Philippe se pose en gardien du temple libéral. Tous ces gens, qui n’ont strictement rien fait sur l’immigration en dix ans, se retrouvent en position de donner des leçons.

Et à l’intérieur même du RN, ça discute, ça nuance, ça recule. Bardella parle de deux référendums échelonnés, dont un seulement en cours de quinquennat. Chenu demande qu’on définisse d’abord les termes. Marine Le Pen elle-même, il y a peu, concédait un « problème complexe » nécessitant une mise en place progressive. Un parti qui n’est pas d’accord avec lui-même sur sa propre proposition n’a pas une proposition : il a un slogan.

Ce que voile veut dire

Le voile, en France, en 2026, n’est pas d’abord un vêtement. C’est un miroir. Il renvoie à ce pays l’image exacte de ce qu’il a fait de lui-même : un pays qui a accepté sans jamais le décider un changement de peuplement d’une ampleur inédite, et qui préfère aujourd’hui légiférer sur un morceau d’étoffe plutôt que d’assumer un regard lucide sur cinquante ans de politique migratoire.

Interdire le voile, ce serait casser le miroir en espérant changer le reflet. Cela ne marche jamais. Cela n’a jamais marché nulle part. Et cela n’aurait qu’un seul mérite : permettre à ceux qui le proposent de dire qu’ils ont fait quelque chose.

Il reste huit mois avant l’élection. Espérons qu’ils seront employés à des débats plus sérieux que celui-là.

Julien Dir

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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16 réponses à “Le voile islamique, symbole de l’hypocrisie politique française”

  1. vert dit :

    Françaises pour beaucoup, non elles sont toutes binationales .
    Elles conservent leurs nationalités d’origine .
    La remigration doit être rendue désirable par des incitations de toutes les natures

  2. Hors Jeu dit :

    Depuis 40 ans, toujours les mêmes polémiques sur le voile islamique, des heures de plateaux télé, radio, internet sur ce sujet . On a une indigestion à vomir de rabâcher sur ce sujet alors que nous savons d’avance qu’il est trop tard et que nos élites de supermarché, mou des genoux, n’osent pas aborder le sujet islam pendant leur campagne de peur de perdre des voix…..allez, les veaux voteront toujours pour ceux qui les ont conduit à la ruine et ce grand  » revenant macroniste  » d’ E.Philippe risque de passer comme Chirac était passé face à Le Pen.

  3. Brun dit :

    Bravo ! Logique irréprochable, Espérons que cette analyse sera lue au RN et que les conséquences en seront tirées pour éviter qu’en effet celui-ci se tire une balle dans le poied.

  4. NOEL dit :

    Un parti qui à l’intérieur , des mouvances qui ne sont d’accord sur rien peut il diriger …?

  5. Vladimir dit :

    Tout à fait d’accord avec le contenu de l’article. Si on appliquait déjà la loi pour interdire dans nos rues les fantômes, en plus inesthétiques, de noir ou mauve vêtus cela serait un progrès. Dans beaucoup de pays musulmans c’est d’ailleurs le cas.
    Je peux ajouter deux cas problématiques, celui des touristes, va-t-on verbaliser les touristes musulmanes des émirats et d’ailleurs, ou les hindouistes, et celui des femmes qui portent des foulards pour se protéger de la pluie ou du vent.

  6. jmoulin dit :

    labi-nationalité est un vol et une discrimination envers les uninationaux …… le voile , le foulard sont des drapeaux de la conquete ,ceux qui affirme le contraire sont des collaborateurs

  7. Georges29 dit :

    Et ne pas oublier que tout citoyen « non musulman », lorsqu’il croise sur le domaine public ou privé une femme, « voilée » (ou un « hijab », ou un « niqab », ou habillée d’une « abaya » par ex.), ou bien un homme, vêtu de « qamis » par ex., qui affichent ainsi leur croyance à l’islam par l’habillement ou le comportement, sait (ou ne sait pas !) que ce « croyant » de l’islam, homme ou femme, a l’ordre « religieux » de tuer les « non-croyants à l’islam » : juifs, chrétiens, athées, …. Soit : vous et moi, etc. (Qu’il le fasse un jour – quand ? – ou pas …).
    Ces ordres de tuer sont écrits dans de nombreux versets du Coran, enseignés en écoles dédiées autorisées en France, et prêchés (mosquées)… Lire, par ex. : S2, v191-193 ; S4, v74, v89-91, v101 ; S5, v33 ; S8, v5-8, v12-20, v38-39, v55-58, v64-67 ; S9, v3-5, v29, v111, v123 ; S47, v4 ; … et constater les verbes à l’impératif qui sont des incitations à la haine, à la violence et surtout des ordres de tuer tous les « non-croyants à l’islam ».

  8. Denis dit :

    Ce référendum a bien peu de chances d’être jamais mis en place, et ses résultats encore moins de chances d’être appliqués, mais le RN s’en moque: tout ce qu’il veut, c’est capter les voix de ceux qui voient qu’il y a trop de voiles en France. En détournant vos votes des vrais défenseurs de la France, le RN est aujourd’hui le principal obstacle à la survie de notre pays et de notre civilisation.

  9. ubersender dit :

    « On ne combat pas une idéologie en humiliant ses fidèles » … le lapsus révélateur mais qui pose bien le problème : l’Islam est une religion ; mais c’est aussi une idéologie politique soutenue par une religion. La question est : en interdisant le port du voile peut-on contrôler l’idéologie sans atteindre la religion ? Et donc, peut-on interdire le « voile islamique » et tolérer la kippa ?

  10. LJJ dit :

    Il ne faut pas un référendum mais une loi interdisant tout ce qui touche de près ou de loin à l’islamisme; et les mécontents, ouste en Afrique …..

  11. Georges29 dit :

    Rappel : Et ne pas oublier que tout citoyen « non musulman », lorsqu’il croise sur le domaine public ou privé une femme, « voilée » (ou un « hijab », ou un « niqab », ou habillée d’une « abaya » par ex.), ou bien un homme, vêtu de « qamis » par ex., qui affichent ainsi leur croyance à l’islam par l’habillement ou le comportement, sait (ou ne sait pas !) que ce « croyant » de l’islam, homme ou femme, a l’ordre « religieux » de tuer les « non-croyants à l’islam » : juifs, chrétiens, athées, …. Soit : vous et moi, etc. (Qu’il le fasse un jour – quand ? – ou pas …).
    Ces ordres de tuer sont écrits dans de nombreux versets du Coran, enseignés en écoles dédiées autorisées en France, et prêchés (mosquées)… Lire, par ex. : S2, v191-193 ; S4, v74, v89-91, v101 ; S5, v33 ; S8, v5-8, v12-20, v38-39, v55-58, v64-67 ; S9, v3-5, v29, v111, v123 ; S47, v4 ; … et constater les verbes à l’impératif qui sont des incitations à la haine, à la violence et surtout des ordres de tuer tous les « non-croyants à l’islam ».

  12. Louarn dit :

    Bonjour, pas plus tard que ce matin, je suis intervenu dans un super marché pour contraindre deux femmes voilées en tenues de leur territoire d’origine à obtempérer aux directives de la caissière qui n’arrivait pas à se faire respecter . Ces deux femmes ne comptaient pas prendre la file d’attente et s’imposaient avec autoritarisme. Cerise sur le gâteau avarié, la cliente de qui c’était le tour leur facilitait leur forfaiture. Suite à mon intervention elles ont fait marche arrière et changé de caisse. Alors oui, ne cédons pas un pouce terrain, cessons de montrer une peur et une soumission qui n’ont pas leurs places dans l’espace public face à la hargne et au mépris de ces conquérants des temps actuels. Belle journée à tous.

  13. Mika dit :

    Un référendum aurait un grand impact pour faire passer une loi et la faire accepter, plutôt qu’une loi qui serait contestée. Un référendum majoritaire c’est plus solide.

  14. Marie Pierre Carbonnel Mazzia dit :

    J’aimerais commenter que le port d’un fichu sur la tête je m’en fous, maintenant le visage voilé me semble inacceptable, pour des motifs de securité publique, faut pas être un genie pour comprendre

  15. Morin dit :

    J’ai une relation Marocaine, issue de la moyenne bourgeoisie. Joli visage, tres beau sourire, tres mince ( les nords-Africains et Africains aiment generalement les femmes fortes ), est-ce la raison de sa migration ? A moins, que ce ne soit sa propension a phagociter notre budget social. Elle n’est musulmane qu’a la marge, elle serait plutot wokiste.
    Ce qu’il faut observer, c’est que les jolies femmes issues des pays nord-Africains n’ont nulle envie de se couvrir le visage. Les moches acceptent et militent pour les voiles, les jolies souvent se jettent dans les bras d’Europeens pour eviter le machisme tribal, celles-la peuvent s’assimiler.
    Le vrai probleme, c’est le nombre, voila pourquoi la REMIGRATION est la vraie SOLUTION.

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