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L’Europe aborde l’automne 2026 dans une position énergétique qu’elle croyait appartenir au passé. Le gaz européen a franchi 75 €/MWh sur le marché de référence TTF, au plus haut depuis 2023, tandis que le Brent atteint 95 dollars le baril. En cause : la guerre entre les États-Unis et l’Iran et ses répliques sur le détroit d’Ormuz, par où transite une part considérable du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié qatarien. Après une accalmie au début de l’été — le TTF était retombé à 40,66 €/MWh fin juin avec la normalisation du transit —, la reprise des combats au Moyen-Orient a fait rebondir les prix au-dessus de 70 €/MWh fin août, l’incertitude sur les livraisons de GNL du Golfe poussant les cours à la hausse.
Des stocks au plus bas, des prix appelés à monter
Le vrai problème est ailleurs, et il est structurel : l’Europe aborde l’hiver avec des réserves dégarnies. Le taux de remplissage des stockages européens est historiquement bas, à 63,3 %, soit un déficit de 12,7 points par rapport à 2025 — loin de l’objectif réglementaire de remplissage fixé pour l’hiver. Privée du gaz russe par pipeline depuis 2022, l’Europe dépend désormais du GNL acheminé par méthaniers, plus cher, et se retrouve en concurrence directe avec l’Asie pour chaque cargaison. Selon Goldman Sachs, une guerre des enchères avec les acheteurs asiatiques pourrait rapprocher les prix de gros de 100 €/MWh ; dans un scénario où les exportations du Moyen-Orient ne se normaliseraient que progressivement d’ici 2027, la banque estime que le contrat TTF de décembre 2026 devrait probablement dépasser ce seuil.
Les ménages n’ont pas attendu l’hiver pour sentir passer la facture. En France, le prix repère de vente du gaz a augmenté de 5,6 % au 1er septembre pour 6 millions de ménages, après une première hausse de 7,4 % en juillet. Et la mécanique inflationniste repart : la Banque centrale européenne, qui rend sa décision le 10 septembre, voit ses projections percutées par la flambée — un renchérissement durable de l’énergie qui se diffuse dans les prix, pèse sur l’industrie et rogne le pouvoir d’achat, en Bretagne comme ailleurs.
L’addition de 20 ans de renoncements
Car cette crise n’est pas une fatalité météorologique : elle est le produit de choix. Ceux d’un continent qui a fermé des centrales nucléaires pilotables — l’Allemagne en tête — au nom d’une idéologie verte, s’est rendu dépendant du gaz russe, puis, l’ayant perdu, s’est jeté dans les bras du GNL américain et qatarien sans jamais reconstruire de souveraineté énergétique. Un continent qui empile les objectifs climatiques et les taxes carbone pendant que ses concurrents américains et asiatiques paient leur énergie 2 à 4 fois moins cher. Mario Draghi l’écrivait déjà dans son rapport sur la compétitivité européenne : sans action radicale, l’Europe est condamnée à une « lente agonie » économique, minée par des coûts énergétiques structurellement supérieurs à ceux de ses rivaux.
Deux étés après cet avertissement, rien n’a fondamentalement changé — sinon que la géopolitique, elle, n’attend pas. Chaque frégate déployée dans le Golfe, chaque méthanier dérouté rappelle une évidence que Bruxelles s’obstine à ne pas voir : un continent qui ne produit pas son énergie ne décide ni de ses prix, ni de son industrie, ni, au bout du compte, de son destin. Les peuples européens, eux, régleront la note cet hiver, chauffage baissé et facture en hausse. Prochaines échéances concrètes : la décision de la BCE le 10 septembre, les chiffres définitifs de l’inflation d’août le 17, et le 1er octobre, l’ouverture de la fenêtre réglementaire de remplissage des stockages — que l’Europe abordera avec ses cuves aux deux tiers pleines.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Énergie : l’hiver de vérité de l’Europe, otage d’Ormuz et de ses propres renoncements”
La méthanisation in situ du charbon dans nos vieilles houillères de Saint-Etienne à Denain en passant par L’Anjou, sans oublié Marignane et autres gisement du midi pourrait nous sauver mais il semble que les recherches en ce sens aient été emmenées sur des chemins de traverse…
Pour avoir une politique énergétique, encore faut-il être souverain. Les Etats européens et l’UE sont les vassaux des Etats-Unis, donc ils suivent les guerres américaines et servent avant tout les intérêts américains. Vous y repenserez la prochaine fois que vous fêterez le débarquement de Normandie et nos libérateurs si désintéressés.