C’était un match à ne pas perdre, il est perdu. Samedi 10 octobre, pour la 6e journée de Top 14, le RC Vannes s’est incliné 21-12 sur la pelouse de Perpignan, à Aimé-Giral. Concurrent direct pour le maintien, l’Usap compte désormais 12 points d’avance sur les Morbihannais, l’équivalent de 3 victoires. Avec 6 défaites en 6 matchs et un seul point de bonus, le RCV reste bloqué à la dernière place.
Une 1re période dominée… et rien au tableau
Le scénario a un goût de déjà-vu. En 1re période, les Vannetais ont tenu tête aux Catalans, et même mieux : solides en défense, conquérants sur les ballons de conquête, ils ont vu un essai perpignanais refusé à la 23e minute. À la pause, le tableau d’affichage affichait un rarissime 0-0. « On doit être devant au score », a reconnu le manager Jean-Noël Spitzer.
Tout est là. Dominer sans marquer, c’est offrir à l’adversaire le temps de revenir. À ce niveau, quand on a la main dans un match fermé, on prend les 3 points chaque fois qu’ils se présentent. Le RCV, lui, persiste trop souvent à chercher l’essai à tout prix plutôt qu’à faire tourner le tableau d’affichage. Le Top 14 ne pardonne pas ce genre de choix : avec 6 ou 9 points d’avance à la pause, la 2e période se serait jouée tout autrement.
La 2e période tourne à l’avantage du banc catalan
Après la pause, les entrées perpignanaises ont fait la différence. À peine entré, Yato a ouvert le score (7-0, 50e). Nathanaël Hulleu a égalisé quelques minutes plus tard, seul après une interception (7-7, 56e). Mais Forner a redonné l’avantage aux Catalans sur un essai jugé « trop facile » par l’ailier vannetais (14-7, 60e). Le pilier remplaçant De Benedittis a ramené les siens à 2 points (14-12, 65e), sans transformation.
C’est alors que les erreurs ont refait surface. Le carton jaune de Mattéo Desjeux (68e) a laissé le RCV à 14 au pire moment, et McGrath, lui aussi entré en jeu, a scellé le sort de la rencontre (21-12, 72e). La percée d’Hulleu à la 75e minute, qui aurait pu relancer le suspense, n’a pas abouti.
« Trop gentils »
Le constat est sans appel, et les joueurs le partagent. « On est encore l’équipe trop gentille de Vannes », a regretté Nathanaël Hulleu dans Ouest-France. Le même mal revient semaine après semaine, déjà face à Montpellier, Toulouse ou Toulon : un RCV présent dans le combat, qui finit par céder dans les moments clés, faute de rigueur et de réalisme. Indiscipline, ballons perdus, occasions gâchées près de la ligne : à ce niveau, chaque erreur se paie au prix fort.
Jean-Noël Spitzer pointe surtout le manque de réalisme offensif : « Pour gagner un match, deux essais, c’est trop juste. » Il regrette l’absence d’un joueur capable de casser un plaquage et d’assurer la continuité du jeu. Le RCV vient justement de recruter la star du rugby à XIII Murray Taulagi, qui semble correspondre à ce profil.
Des encouragements qui ne rapportent rien
Les Vannetais veulent retenir le positif. Il y a 2 ans, à Perpignan, ils avaient encaissé le bonus offensif ; cette fois, rappelle Timothé Mézou, ils n’ont pas laissé 5 points aux Catalans. Même le camp adverse salue leur sérieux. Membre du staff perpignanais et ancien du RCV, Mathieu Cidre se dit persuadé que Vannes sera encore dans la course à la dernière journée.
Mais les compliments ne remplissent pas le classement. Le RCV a besoin de victoires, et vite. Comme le résume son manager, la question n’est plus de savoir contre qui l’on perd, mais de commencer enfin à gagner.
La fiche technique. Perpignan – Vannes : 21-12 (mi-temps : 0-0). Arbitre : M. Rousselet. 14 232 spectateurs. Perpignan : 3 essais de Yato (50e), Forner (60e) et McGrath (72e), 3 transformations d’Aucagne. Vannes : 2 essais d’Hulleu (56e) et De Benedittis (65e), 1 transformation de Lafage. Carton jaune : Desjeux (68e, Vannes).
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