Pour les Français, le sujet n’a rien de nouveau. Depuis les attentats de novembre 2015, Paris renouvelle tous les 6 mois les contrôles à ses frontières intérieures, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine. La dernière prolongation court du 1er mai au 31 octobre 2026. Mais la France est loin d’être seule. Un pays après l’autre, les grands États de l’espace Schengen rétablissent des contrôles que l’on croyait appartenir au passé.
Une carte qui se hérisse de postes-frontières
Le mouvement s’est accéléré cette année :
- Pologne : elle a ouvert le bal en avril, avec des contrôles renforcés prévus jusqu’au 30 mars 2027.
- Italie : elle a décidé des contrôles ponctuels tout au long de 2026.
- Suède : des vérifications renforcées sont en place à la frontière avec la Norvège du 12 mai au 11 novembre.
- Danemark : il a suivi le 12 juillet, jusqu’au 11 novembre.
- Allemagne : depuis le 16 septembre, et jusqu’au 15 mars 2027, les voyageurs sont contrôlés à la frontière avec l’Autriche.
Les gouvernements avancent partout les mêmes raisons : l’immigration illégale, la menace terroriste et des frontières extérieures de l’Union jugées trop poreuses. Juridiquement, rien à redire : le code frontières Schengen autorise ces contrôles en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, à condition qu’ils restent temporaires. Mais à force d’être renouvelées, les mesures d’exception deviennent la règle.
La fin d’une confiance
Signés en 1985 à Schengen, au Luxembourg, par la France, l’Allemagne et le Benelux, puis appliqués à partir de 1995, ces accords reposaient sur un pari : les frontières intérieures pouvaient disparaître parce que chacun ferait le travail aux frontières extérieures. 30 ans plus tard, le pari ne tient plus. Les capitales ne font plus confiance à leurs voisins pour garder la porte commune, et préfèrent surveiller elles-mêmes leur propre seuil.
Les opinions publiques les y poussent. Partout en Europe, les électeurs réclament davantage de contrôle sur l’immigration et la sécurité, et le retour des frontières nationales apparaît à beaucoup comme une réponse de bon sens, bien plus convaincante que les promesses répétées de Bruxelles.
Un coût pour l’économie
Ce retour des contrôles a pourtant un prix. Les files de camions s’allongent aux points de passage, au détriment d’une industrie européenne qui fonctionne en flux tendu. Les travailleurs frontaliers, des centaines de milliers à franchir une frontière chaque jour pour aller travailler, voient leurs trajets s’allonger. Selon certaines estimations, un rétablissement complet et durable des frontières intérieures coûterait plusieurs milliards d’euros de croissance par an à l’Union.
Bruxelles cherche la parade
L’Union européenne misait sur le pacte sur la migration et l’asile, adopté au printemps 2024, pour rendre ces contrôles inutiles en renforçant les frontières extérieures. Sa mise en œuvre traîne : les pays en première ligne, au sud et à l’est, s’estiment débordés, et la solidarité entre États membres reste un sujet de querelle permanent.
La question sera à nouveau au menu du Conseil européen des 15 et 16 octobre. Mais les dirigeants européens savent que les prochaines élections, dans plusieurs pays, pourraient faire pencher encore davantage la balance du côté des frontières nationales.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.