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Qui connaît Alain Soral, qui partage ses idées, qui regarde ses vidéos ? L’Ifop a tenté pour la première fois de mesurer le poids de l’essayiste dans l’opinion, dans une étude réalisée pour l’hebdomadaire Franc-Tireur et publiée le 14 octobre 2026. Elle intervient alors que son nom est revenu dans l’actualité, avec les écrits de jeunesse attribués à Jordan Bardella et la procédure de dissolution engagée contre son association, Égalité et Réconciliation.
43 % des Français le connaissent
43 % des personnes interrogées déclarent connaître Alain Soral, au moins de nom, et 23 % voient précisément de qui il s’agit. Les hommes le connaissent bien davantage que les femmes (52 % contre 34 %). L’écart se retrouve à tous les âges : 51 % des hommes de moins de 35 ans contre 29 % des femmes du même âge, et 53 % des hommes de 35 ans et plus contre 35 % des femmes.
Sa notoriété augmente avec le diplôme, de 32 % chez les non-diplômés à 61 % chez les titulaires d’un diplôme de 2e ou 3e cycle, ainsi qu’avec le revenu, de 35 % dans les foyers pauvres à 59 % dans les foyers aisés. Elle atteint 54 % dans l’agglomération parisienne contre 35 % en zone rurale. Selon la proximité partisane, elle culmine chez les sympathisants de La France insoumise (64 %) et de Reconquête (61 %), et descend à 33 % au Rassemblement national. Parmi les électeurs du premier tour de la présidentielle de 2022, 64 % de ceux d’Éric Zemmour le connaissent, contre 58 % pour Jean-Luc Mélenchon, 45 % pour Emmanuel Macron et 30 % pour Marine Le Pen.
L’Ifop attribue cette notoriété moins aux médias traditionnels, dont il est absent depuis la fin des années 2000, qu’à son rôle de précurseur de la vidéo politique sur YouTube et à l’audience de son site. L’institut avance aussi l’hypothèse que sa proximité avec Dieudonné, très exposée en 2014 lors de la polémique sur la « quenelle », a durablement installé son nom.
13 % des connaisseurs proches de ses idées, soit 6 % des Français
Parmi ceux qui le connaissent, 13 % se disent proches de ses idées politiques : 2 % « très proches » et 11 % « plutôt proches ». À l’inverse, 87 % s’en disent éloignés, dont 53 % « très éloignés ». Rapportée à l’ensemble de la population, la proximité concerne 6 % des Français.
L’âge est le facteur le plus marqué. La proximité atteint 31 % chez les 18-24 ans qui le connaissent et 25 % chez les 25-34 ans, contre 15 % chez les 35-49 ans, 9 % chez les 50-64 ans et 3 % chez les 65 ans et plus. Elle monte à 34 % chez les hommes de moins de 35 ans et à 18 % chez les femmes du même âge.
Elle est plus élevée dans les catégories populaires (22 %, dont 25 % chez les ouvriers) que dans les catégories supérieures (13 %), et chez les foyers pauvres (21 %). Selon la religion, elle concerne 33 % des catholiques pratiquants et 26 % des musulmans, contre 13 % de l’ensemble des catholiques et 10 % des personnes sans religion.
Politiquement, elle atteint 24 % chez les sympathisants d’extrême droite (23 % au RN, 17 % chez Reconquête) et 19 % chez ceux de LFI. Elle tombe à 8 % au Parti socialiste, 7 % chez Les Républicains, 4 % dans le bloc central et 1 % chez Les Écologistes. Parmi les électeurs de 2022, elle concerne 28 % de ceux de Marine Le Pen, 24 % de ceux d’Éric Zemmour, 10 % de ceux de Jean-Luc Mélenchon et 6 % de ceux d’Emmanuel Macron.
L’Ifop estime que cette adhésion traverse le clivage droite-gauche. L’institut formule l’hypothèse qu’elle reposerait sur un fonds identitaire et masculiniste à la droite radicale, et sur un registre antisystème mêlant anticapitalisme et défiance envers les médias et les élites à la gauche radicale.
8 % des Français regardent ses vidéos
19 % des personnes qui connaissent Alain Soral regardent actuellement ses vidéos sur YouTube, en comptant les extraits et rediffusions publiés par d’autres chaînes. 7 % le font au moins une fois par semaine. Rapportée à l’ensemble des Français, cette audience représente 8 % de la population. Par ailleurs, 13 % des connaisseurs consultent le site Égalité et Réconciliation, 13 % son compte X et 12 % lisent ses livres ou ses écrits, soit 5 à 6 % des Français pour chacun de ces supports.
Ce public est jeune : 46 % des 18-24 ans et 41 % des 25-34 ans qui le connaissent regardent ses vidéos, contre 23 % des 35-49 ans et 4 % des 65 ans et plus. La part atteint 51 % chez les hommes de moins de 35 ans et 32 % chez les femmes du même âge. Elle est plus forte dans les catégories populaires (28 %) et chez les foyers pauvres (37 %). Elle s’élève à 45 % chez les musulmans et 33 % chez les catholiques pratiquants. Côté partis, elle est de 32 % à LFI et de 25 % au RN comme chez Reconquête. Logiquement, 77 % de ceux qui se disent proches de ses idées regardent ses vidéos.
Selon l’Ifop, rapportée à toute la classe d’âge, cette audience signifie qu’environ 1 jeune adulte sur 6 regarde ses vidéos. L’institut relève que ce profil, jeune, populaire et croyant, correspond à la cible revendiquée par l’association depuis sa création : réunir Français de souche des classes populaires et Français de banlieue.
Une audience stable depuis 2020
L’étude compare ces chiffres à la période antérieure à 2020. À l’époque, 15 % des connaisseurs regardaient ses vidéos, 13 % consultaient Égalité et Réconciliation, et 12 % suivaient son compte X ou lisaient ses écrits. L’audience est donc restée du même ordre. Avant 2020, 38 % des moins de 35 ans qui le connaissent regardaient déjà ses vidéos, et 66 % des personnes proches de ses idées.
Une influence revendiquée par 34 % des 18-24 ans qui le connaissent
9 % des connaisseurs déclarent que les contenus et prises de position d’Alain Soral ont influencé leur intérêt pour la politique, dont 2 % « très influencés ». Cela représente 4 % des Français.
La part atteint 34 % chez les 18-24 ans et 24 % chez les 25-34 ans qui le connaissent, contre 8 % chez les 35-49 ans, 2 % chez les 50-64 ans et 1 % chez les 65 ans et plus. Selon l’autopositionnement politique, elle s’élève à 21 % chez les personnes qui se situent à l’extrême gauche et 14 % chez celles d’extrême droite. Par parti, elle est de 18 % à LFI, 15 % au PS, 11 % au RN et 7 % chez Reconquête. Elle concerne 23 % des musulmans comme des catholiques pratiquants, et 24 % des foyers pauvres.
Enfin, elle grimpe à 53 % chez les proches de ses idées, à 43 % chez ceux qui consomment actuellement ses contenus et à 75 % chez ceux qui les consomment au moins quelques fois par semaine.
13 % des Français reconnaissent une part d’antisémitisme
L’enquête a aussi demandé à l’ensemble des personnes interrogées comment elles se situent elles-mêmes vis-à-vis de l’antisémitisme. 1 % se disent « plutôt antisémites », 4 % « un peu » et 8 % « pas très ». 71 % répondent ne pas l’être « du tout » et 16 % ne souhaitent pas se prononcer. L’Ifop additionne les 3 premières réponses pour obtenir un total de 13 % ayant « le sentiment d’être antisémite ».
Cette part est de 49 % chez les personnes très proches des idées d’Alain Soral et de 29 % chez les plutôt proches, soit 32 % au total. Elle tombe à 17 % chez les plutôt éloignés et à 6 % chez les très éloignés. Chez ceux qui ne le connaissent pas, elle est de 13 %. Elle atteint 35 % chez les consommateurs actuels de ses contenus et 54 % chez ceux qui les consomment au moins quelques fois par semaine.
Dans l’ensemble de la population, cette part est plus élevée chez les 18-24 ans (24 %, contre 12 % chez les 25-34 ans) et chez les non-diplômés (18 %, contre 9 % chez les diplômés du supérieur long). Elle s’élève à 29 % chez les musulmans et 18 % chez les catholiques pratiquants, contre 10 % chez les personnes sans religion. Selon la proximité partisane, elle est de 17 % au RN comme chez Les Républicains, 16 % à LFI, 14 % au PS, 8 % chez Les Écologistes et 2 % chez Reconquête.
Méthodologie
Étude Ifop pour Franc-Tireur réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 2 au 5 octobre 2026 auprès d’un échantillon de 3 092 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession), après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les résultats sur l’adhésion, l’audience et l’influence portent sur les personnes qui connaissent Alain Soral, au moins de nom, soit environ 1 330 personnes.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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