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À 6 mois de la présidentielle de 2027, la Fondation Jean-Jaurès, think tank proche du Parti socialiste, a publié le 7 octobre 2026 une vaste enquête de l’Ifop sur le rapport des Français à l’antisémitisme. Elle porte en particulier sur les sympathisants de gauche. L’enquête principale a été menée du 9 au 15 juillet 2026 auprès de 3 000 personnes, dont 1 242 se situant à gauche. Une partie des questions a été reposée du 2 au 6 octobre à 3 689 personnes, après la publication par Mediapart, le 28 septembre, d’écrits antisémites attribués à Jordan Bardella.
La lutte contre l’antisémitisme, 2e cause citée
76 % des personnes interrogées se disent sensibles à la lutte contre l’antisémitisme. Seule la lutte contre le sexisme fait mieux (79 %). Viennent ensuite la lutte contre le racisme envers les personnes noires (74 %), contre la haine envers les personnes LGBT (71 %) et contre la haine envers les musulmans (63 %).
L’écart entre gauche et droite est le plus faible sur l’antisémitisme : 80 % des personnes de gauche y sont sensibles, contre 73 % à droite. Sur les autres causes, l’écart est nettement plus marqué, en particulier pour la haine envers les musulmans (78 % contre 53 %). Par parti, la sensibilité à l’antisémitisme atteint 89 % chez les sympathisants de Renaissance, 87 % chez Les Écologistes et Les Républicains, 86 % au PS, 81 % à LFI et 72 % au RN.
77 % souhaitent que la lutte contre les propos et actes antisémites figure dans la campagne présidentielle de 2027 : 81 % à gauche, 74 % à droite, 88 % chez les socialistes, les écologistes et les sympathisants de Renaissance, 83 % chez LR, 81 % à LFI et 74 % au RN.
La haine perçue : les musulmans devant les juifs
Interrogés sur le niveau de haine envers différentes populations en France, 52 % estiment qu’elle est forte envers les musulmans, 38 % envers les juifs et 22 % envers les chrétiens (notes de 7 à 10 sur 10). La hiérarchie varie selon le camp. À gauche, la haine envers les musulmans est jugée forte par 58 %, celle envers les juifs par 36 %. À droite, les chiffres sont respectivement de 47 % et 41 %. La haine envers les chrétiens est jugée forte par 12 % des personnes de gauche contre 29 % à droite, avec un pic à 35 % chez les sympathisants RN.
Par parti, la haine envers les juifs est jugée forte par 43 % des écologistes, 42 % des LR, 41 % des RN, 33 % des LFI, 31 % des socialistes et 28 % des sympathisants de Renaissance. Chez LFI, 69 % jugent forte la haine envers les musulmans.
Voter malgré des propos jugés discriminatoires
18 % se disent prêts à voter pour un candidat ou un parti dont des membres ont tenu des propos qu’ils jugent eux-mêmes antisémites. Ils sont 20 % pour des propos jugés racistes envers les noirs et 27 % pour des propos jugés antimusulmans. Pour l’antisémitisme, la proportion est de 14 % à gauche et 20 % à droite.
Par parti, elle s’élève à 35 % chez LO-NPA, 28 % au RN, 27 % au PCF, 25 % à LFI comme chez Reconquête, 17 % chez LR, 14 % chez Les Écologistes, 10 % au PS et 8 % dans la majorité présidentielle. Selon l’autopositionnement, elle atteint 30 % à l’extrême droite et 23 % à l’extrême gauche.
10 propos soumis aux sondés
L’Ifop a présenté 10 propos ou comportements réels, sans en nommer les auteurs, en demandant d’abord s’ils étaient approuvés, puis s’ils étaient jugés antisémites ou non.
Le plus approuvé est celui qui qualifie Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie, de personne qui « ne pense plus en français » mais dans la langue de la finance internationale : 36 % sont d’accord. Viennent ensuite la défense des personnes ayant collé des autocollants « Free Palestine » sur des repas casher d’un vol Iberia (23 %), et une déclaration qualifiant le CRIF de « machin d’extrême droite » où les ministres viennent dîner (23 %). L’affirmation selon laquelle le maréchal Pétain aurait sauvé des juifs français recueille 22 % d’accord. La publication d’un extrait de manga dénonçant les crimes des « dragons célestes », en réponse à une plainte de l’Observatoire juif de France, en recueille 20 %. Le fait de prononcer « Glucksmann[and] » le nom de Raphaël Glucksmann obtient 16 %.
Les propos plus explicites recueillent moins d’adhésion. 14 % approuvent l’idée que les chambres à gaz sont un « point de détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. 14 % approuvent la phrase sur « le Wargon le plus rempli du train », visant le médecin Mathias Wargon, dont le grand-père est mort en déportation. 10 % approuvent « Juif qui parle, bouche qui ment », et 9 % l’affirmation selon laquelle il importerait peu que des viols aient été commis le 7 octobre 2023. Au total, 58 % des personnes interrogées approuvent au moins l’un de ces propos : 60 % à gauche et 56 % à droite.
Parmi les sympathisants de gauche, ce taux varie fortement : 89 % chez LO-NPA, 71 % à LFI, 68 % au PCF, 61 % chez Les Écologistes, 57 % au PS et 56 % chez Place publique. Chez LO-NPA, 66 % approuvent la phrase sur Pierre Moscovici et 43 % celle sur le « point de détail ». Chez LFI, ces taux sont respectivement de 48 % et 19 %.
Des propos dont le caractère antisémite divise
Le caractère antisémite de ces propos est loin de faire consensus. 63 % des sondés ne jugent pas antisémite la phrase sur Pierre Moscovici, et 51 % celle sur Pétain. Environ 1 sur 2 ne juge pas antisémites la mauvaise prononciation du nom de Raphaël Glucksmann (50 %), la défense des autocollants du vol Iberia (50 %), la déclaration sur le CRIF (48 %) ou l’extrait de manga (48 %). À l’inverse, 25 % seulement ne voient pas d’antisémitisme dans « Juif qui parle, bouche qui ment », et 28 % dans la phrase sur le « point de détail ».
Les écarts entre gauche et droite sont souvent faibles. Ils s’inversent selon les propos : la phrase sur Pétain est jugée non antisémite par 56 % des personnes de droite contre 44 % à gauche, la défense des autocollants Iberia par 55 % à gauche contre 46 % à droite.
34 % approuvent au moins un propos qu’ils jugent eux-mêmes antisémites
En croisant les 2 questions, l’Ifop calcule que 34 % des Français approuvent au moins un propos qu’ils considèrent eux-mêmes comme antisémite. Le taux est quasi identique à gauche (33 %) et à droite (34 %). Il atteint 50 % chez les 18-24 ans, 50 % chez les sympathisants du PCF, 47 % chez les musulmans et 41 % au RN. Il est de 37 % à LFI comme chez Les Écologistes, 35 % chez LO-NPA, 30 % au PS comme chez Renaissance, 28 % chez LR, 20 % chez Place publique et 17 % chez Reconquête. Selon l’autopositionnement, il est de 39 % à l’extrême droite et de 30 % à l’extrême gauche.
RN et LFI au coude-à-coude dans le soupçon
À la question de savoir s’il existe de la haine envers les juifs chez les représentants de différents partis, 48 % des sondés citent le RN et 47 % LFI en octobre 2026. Suivent Reconquête (36 %), le NPA (34 %), le PCF (31 %), Lutte ouvrière (29 %), Les Écologistes et LR (27 %), le PS et Renaissance (26 %), Place publique (25 %) et Horizons (24 %).
En juillet, avant la publication des écrits attribués à Jordan Bardella, l’ordre était inverse : LFI était citée par 50 % des sondés et le RN par 45 %. Le RN a gagné 3 points entre les 2 vagues, et LFI en a perdu 3.
Le regard diffère selon le camp. À gauche, 60 % voient de la haine envers les juifs au RN, contre 39 % pour LFI. À droite, c’est l’inverse : 54 % la voient à LFI et 38 % au RN. 33 % des sympathisants LFI la voient dans leur propre parti, et 33 % des sympathisants RN dans le leur.
Confiance envers les personnalités
Interrogés sur leur confiance envers des personnalités pour lutter efficacement contre la haine des juifs, les sondés expriment leur défiance d’abord envers Éric Zemmour (76 %) et Jean-Luc Mélenchon (75 %). Suivent Nicolas Dupont-Aignan (72 %), Marine Tondelier (70 %), Fabien Roussel (68 %), Nathalie Arthaud (67 %), Bruno Retailleau (65 %), Raphaël Glucksmann (64 %), Jordan Bardella (63 %), Marine Le Pen (62 %), puis Gabriel Attal et Édouard Philippe (60 %). Le score de Jordan Bardella a progressé d’1 point depuis juillet, celui de Marine Le Pen est resté stable.
À gauche, 58 % ne font pas confiance à Jean-Luc Mélenchon, contre 82 % pour Jordan Bardella et 80 % pour Marine Le Pen. À droite, ces chiffres sont respectivement de 88 %, 47 % et 47 %. Chez leurs propres sympathisants, la défiance tombe à 24 % pour Jean-Luc Mélenchon chez LFI et à 18 % pour Marine Le Pen au RN.
Les causes de l’antisémitisme vues par la gauche
Une série de questions n’a été posée qu’aux 1 242 personnes de gauche. Parmi elles, 63 % voient une cause déterminante de l’antisémitisme dans le manque de contrôle des propos sur internet et les réseaux sociaux, et autant dans la politique du gouvernement israélien. 62 % citent la diffusion des idées d’extrême droite, 57 % celle des théories complotistes et 52 % celle des idéologies religieuses. 43 % mettent en cause la diffusion des idées d’extrême gauche. 41 % citent les comportements communautaires des juifs eux-mêmes, et 41 % l’influence des juifs dans le monde économique, médiatique et politique.
Cette dernière explication est retenue par 62 % des sympathisants PCF, 50 % de ceux de LFI, 47 % au PS, 44 % chez LO-NPA, 26 % chez Les Écologistes et 24 % chez Place publique. Les idées d’extrême gauche sont citées comme cause par 77 % des sympathisants de Place publique, contre 30 % à LFI et 29 % chez LO-NPA.
57 % des personnes de gauche estiment que ces débats divisent la gauche, et 45 % que les propos antisémites y sont parfois minimisés. Cette dernière opinion est partagée par 75 % des sympathisants de Place publique, 59 % des écologistes et 53 % des socialistes, mais par 31 % des LFI. Pour y remédier, 35 % attendent des prises de position plus claires des responsables politiques et 25 % des travaux communs avec les associations antiracistes. 10 % souhaitent davantage de formations militantes, 7 % jugent le sujet marginal et 23 % ne se prononcent pas.
Autocensure dans les 2 sens
Une part comparable de Français dit avoir renoncé, par crainte de polémiques, à exprimer publiquement une opinion, quel que soit le sujet. 36 % ont renoncé à dénoncer la montée de l’antisémitisme, 35 % les massacres du 7 octobre 2023, 34 % à défendre la mémoire de l’extermination des juifs et 29 % à défendre le sionisme. Ils sont 35 % à avoir renoncé à dénoncer la haine envers les musulmans, 34 % les actes de l’armée israélienne à Gaza, 32 % à défendre la création d’un État palestinien et 29 % à remettre en cause le sionisme. Les sympathisants de LO-NPA et du PCF déclarent le plus souvent cette autocensure, à plus de 50 % sur la plupart des sujets.
Sionisme, Israël et Palestine
Le mot « sionisme » reste flou pour les Français. 57 % y voient une idéologie politique née à la fin du XIXe siècle pour établir un État juif en Palestine historique, et 55 % une idéologie religieuse. 50 % l’assimilent au soutien du gouvernement israélien actuel, et 48 % à une idéologie justifiant la colonisation des territoires palestiniens.
Une fois le sionisme défini comme mouvement national juif, 16 % se déclarent sionistes, 45 % non sionistes et 39 % ne savent pas. À gauche, les chiffres sont de 13 %, 52 % et 35 % ; à droite de 18 %, 41 % et 41 %. 67 % des sympathisants LFI se disent non sionistes.
Sur le territoire situé entre la Méditerranée et le Jourdain, 51 % privilégient 2 États, 10 % un État palestinien unique, 8 % un État israélien unique, 16 % aucun des 2 et 15 % une autre solution. L’option d’un État palestinien unique est retenue par 34 % des sympathisants PCF et 29 % de ceux de LFI.
64 % des personnes de gauche estiment qu’on peut être de gauche et défendre l’existence d’Israël, et 53 % qu’on peut l’être et défendre le sionisme. 29 % jugent les 2 incompatibles avec un engagement à gauche, une proportion qui atteint 37 % à LFI.
Le slogan « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre » est approuvé par 36 % des Français : 48 % à gauche, 28 % à droite et 62 % à LFI. 59 % ne le jugent pas antisémite. Les slogans « Sionistes hors de nos facs » et « Sionistes hors de nos villes » sont approuvés par 19 % des sondés, dont 45 % chez LO-NPA et 44 % à LFI. 34 % ne les jugent pas antisémites.
Méthodologie et limites de l’enquête
Étude Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 15 juillet 2026 auprès d’un échantillon de 3 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 1 242 personnes de gauche. Les questions sur les partis et les personnalités ont été reposées du 2 au 6 octobre 2026 à un autre échantillon de 3 689 personnes. Selon la note de lecture de l’Ifop, le terme « Français » désigne l’ensemble des résidents de métropole, y compris les étrangers.
Plusieurs éléments de construction de l’enquête pèsent sur la lecture des résultats.
- Commanditaire et périmètre. L’enquête est commandée par une fondation proche du PS et centrée sur la gauche. Les questions sur les causes de l’antisémitisme, sur les divisions et sur les remèdes n’ont été posées qu’aux personnes de gauche, ce qui interdit toute comparaison avec la droite sur ces points.
- Définition de la gauche. Elle repose sur l’autopositionnement et inclut le centre-gauche, soit 41 % de l’échantillon.
- Petits effectifs. Plusieurs sous-groupes partisans sont réduits : 45 sympathisants de Place publique, 53 du PCF, 61 de Reconquête, 85 de LO-NPA. Leurs résultats sont donc fragiles, alors que l’Ifop ne les signale pas comme tels.
- Un écart non significatif. La comparaison entre juillet et octobre porte sur 2 échantillons différents. En octobre, l’écart d’1 point entre le RN (48 %) et LFI (47 %) se situe dans la marge d’erreur.
- Le choix des 10 propos. L’indicateur des « 34 % » dépend de leur sélection. Plusieurs sont jugés non antisémites par la majorité des sondés, et le rapport présente une partie d’entre eux comme des « sorties » de responsables insoumis.
- Des chiffres absents du rapport. La note d’analyse de la Fondation cite des chiffres par parti qui n’y figurent pas, comme les scores du RN et de Reconquête sur Pétain et sur l’influence financière des juifs. Elle s’appuie aussi sur des données extérieures, comme la part des actes antisémites parmi les actes antireligieux et le rapport de la CNCDH.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Antisémitisme, sionisme, partis : ce que révèle l’enquête Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès”
Ce n’est pas un secret que beaucoup de socialos tel Raphaël Glucksman sont sionistes tandis que les députés LFI, qui compte beaucoup de musulmans sont, eux, anti-Juifs!..