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Pour beaucoup de consommateurs réguliers, un joint ou une bouffée de vaporisateur sert d’abord à décompresser. Une étude américaine publiée le 22 août 2026 dans la revue Neuropsychopharmacology suggère pourtant que cette détente doit moins au THC qu’à ce que l’on attend du produit. Des consommateurs habitués se sont sentis tout aussi apaisés après avoir inhalé un placebo.
120 consommateurs réguliers en laboratoire
L’équipe de Carrie Cuttler, professeure de psychologie à la Washington State University, a recruté 120 adultes consommant régulièrement du cannabis. Ils ont été répartis au hasard en 3 groupes : le premier a vapoté une dose modérée de 20 mg de THC, la molécule psychoactive du cannabis, le deuxième une forte dose de 40 mg, et le troisième un placebo ne contenant que des traces de THC, sans effet. Ni les participants ni les expérimentateurs ne savaient qui recevait quoi.
Chaque volontaire a évalué son niveau de stress sur une échelle de 0 à 10 avant de vapoter, puis 5 minutes et 1 heure après. Les chercheurs ont aussi dosé le cortisol, la principale hormone du stress, dans la salive. Un bracelet mesurait en continu le rythme cardiaque, sa variabilité et l’activité électrique de la peau, liée à la sudation et au système nerveux d’alerte.
Le même soulagement avec ou sans THC
Le stress ressenti a baissé dans les 3 groupes, juste après le vapotage comme 1 heure plus tard. Les participants ayant reçu du THC ne se sont pas sentis plus détendus que ceux du groupe placebo. Les chercheurs eux-mêmes s’attendaient au résultat inverse. Pour Carrie Cuttler, il s’agit d’un effet d’attente : les consommateurs habitués s’attendent à être soulagés, et le sont effectivement, même sans substance active.
Le rituel joue sans doute aussi son rôle : faire une pause, s’installer, inspirer lentement et retenir son souffle quelques secondes avant d’expirer. L’étude ne permet cependant pas de distinguer la part de l’attente, celle du geste et celle du simple passage du temps. Des travaux antérieurs ont observé des effets comparables avec la nicotine : des fumeurs persuadés de fumer des cigarettes normales se disaient calmés même lorsqu’elles en étaient dépourvues.
Le corps raconte une autre histoire
Les mesures physiologiques montrent un tableau plus contrasté. À forte dose, le THC a nettement accéléré le cœur, pendant le vapotage et dans les minutes suivantes, bien plus qu’avec le placebo. Selon Carrie Cuttler, c’est l’un des effets les plus classiques de la molécule, que les consommateurs aguerris ne perçoivent généralement pas comme un signe d’angoisse. La variabilité cardiaque, elle, n’a pas bougé.
Le cortisol a baissé dans tous les groupes juste après le vapotage, mais davantage chez ceux qui avaient reçu la forte dose, avant de remonter dans l’heure chez tous les participants sous THC. L’activité électrique de la peau a reculé en intensité sous cannabis, tandis que la fréquence de ses pics augmentait à forte dose au bout d’1 heure, ce que les chercheurs n’avaient pas prévu.
Les auteurs en concluent que le cannabis ne se contente pas de « baisser le volume » du stress : il agit dans des directions différentes selon les systèmes de l’organisme. Une personne peut se sentir calme alors que son cœur et ses glandes sudoripares témoignent d’un état d’alerte. « Les effets placebo sont vraiment très puissants », résume Carrie Cuttler. L’équipe souligne que ces résultats ont des implications importantes, alors que de nombreux consommateurs utilisent le cannabis pour faire face au stress.
Un financement issu des ventes de cannabis
L’étude a été financée par un fonds de la Washington State University alimenté par les ventes de cannabis légal dans l’État de Washington, qui précise n’avoir joué aucun rôle dans sa conception ni dans l’analyse des données. Les auteurs déclarent avoir reçu du matériel du fabricant de vaporisateurs Storz & Bickel. En dehors de ces travaux, Carrie Cuttler a reçu des fonds de recherche de plusieurs entreprises du secteur du cannabis.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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