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Depuis le 1er octobre, les coquilliers ont repris la mer en baie de Saint-Brieuc, et la saison s’annonce historique. Selon les dernières évaluations de l’Ifremer, la biomasse disponible pourrait y atteindre environ 74 700 tonnes, un record depuis le début des campagnes de suivi. Les scientifiques appellent toutefois la filière à ne pas augmenter les prélèvements, alors que la baie de Seine enregistre un net recul.
2 campagnes d’évaluation cet été
Comme chaque année, l’institut a mené 2 campagnes en mer pour mesurer l’état des principaux gisements, estimer la quantité de coquilles pêchables et éclairer les décisions de gestion. La première s’est déroulée en baie de Seine du 27 juin au 15 juillet 2026, la seconde en baie de Saint-Brieuc du 18 août au 1er septembre.
Le constat d’ensemble est positif : les populations se portent bien. Ce n’était pas le cas à la fin des années 1970, lorsque le suivi a débuté face à l’épuisement des gisements. Depuis, la ressource s’est largement reconstituée. La coquille Saint-Jacques est aujourd’hui la première pêcherie française et fait travailler près de 3 000 pêcheurs sur quelque 700 navires.
Baie de Saint-Brieuc : un niveau jamais atteint
À l’ouverture de la pêche, l’Ifremer estimait à 57 270 tonnes la quantité de coquilles de plus de 105 mm disponibles en baie de Saint-Brieuc. Avec la croissance attendue dans les prochains mois, cette biomasse pourrait atteindre environ 74 700 tonnes au cours de la saison. Ce serait 5 % de plus qu’en 2025 et le plus haut niveau enregistré depuis le début du suivi.
Ce résultat tient surtout au volume important de coquilles ayant survécu à la saison précédente, que les scientifiques appellent le reliquat. Le recrutement, c’est-à-dire l’arrivée des coquilles de 2 ans, s’annonce en revanche faible cette année. Pour 2027, les prévisions tablent sur une très bonne génération de coquilles d’1 an, à condition que la survie des larves et les conditions environnementales restent favorables.
Baie de Seine : un recul de 30 %
En baie de Seine, la biomasse exploitable des coquilles de taille réglementaire (110 mm) est estimée à 84 189 tonnes, en baisse de 30 % par rapport à 2025. Le reliquat y représente pourtant plus de 60 % de la ressource disponible.
La baisse s’explique par un recrutement de coquilles de 2 ans au plus bas depuis 6 ans, et inférieur aux prévisions. Selon l’Ifremer, une partie de cette génération a déjà été pêchée au printemps dernier. Les perspectives restent néanmoins encourageantes : une importante cohorte de juvéniles d’1 an a été observée, ce qui laisse entrevoir une biomasse exploitable potentiellement record en 2027.
L’inconnue des canicules
Pour Éric Foucher et Yann Rousseau, chercheurs en halieutique à l’Ifremer et chefs des missions en Manche orientale et en baie de Saint-Brieuc, ces niveaux élevés témoignent de l’efficacité des mesures de gestion mises en place par la filière. Ils restent prudents sur la suite : « nous ne savons pas encore si les canicules survenues cet été auront un impact ».
Les 2 chercheurs recommandent donc de ne pas augmenter les quantités prélevées et de continuer à suivre les recommandations issues des campagnes d’évaluation. La baisse observée en baie de Seine rappelle, selon eux, la nécessité d’adapter les captures aux données scientifiques pour préserver la ressource dans la durée.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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