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À l’occasion de sa 36e convention, qui se tient à Dunkerque jusqu’au 16 octobre, Intercommunalités de France, la fédération qui regroupe les communautés et métropoles, a publié un baromètre réalisé par l’Ifop sur le rapport des Français à leur intercommunalité. L’enquête a été menée en ligne du 11 au 15 septembre 2026 auprès de 2 044 personnes représentatives de la population âgée de 18 ans et plus. Elle s’inscrit dans une série de mesures entamée en 2005. L’association présente ces résultats comme une réponse à la proposition du Rassemblement national de supprimer les intercommunalités.
75 % savent que leur commune appartient à une intercommunalité
3 Français sur 4 (75 %) savent que leur commune fait partie d’une communauté de communes, d’agglomération, d’une communauté urbaine ou d’une métropole. Ce taux est stable depuis 2022 (75 %), mais inférieur aux 81 % de 2018 et aux 85 % de 2007.
La connaissance atteint 81 % dans les communes rurales, mais seulement 57 % dans l’agglomération parisienne et dans la Métropole du Grand Paris. Elle est plus forte chez les hommes (79 %) que chez les femmes (71 %), et chez les 65 ans et plus (81 %) que chez les 18-24 ans (63 %). Elle tombe à 58 % chez les ouvriers et culmine à 93 % dans les villes isolées.
85 % jugent l’intercommunalité bonne pour leur commune
Parmi les personnes qui savent que leur commune appartient à une intercommunalité, 85 % estiment que c’est globalement une bonne chose pour leur commune. Rapporté à l’ensemble des Français, cela représente environ 64 % de la population. Ce taux est stable depuis 2018 (83 %, puis 85 % en 2022 et 84 % en 2024), après un point bas à 74 % en 2013.
L’adhésion atteint 91 % dans les métropoles de province, 85 % dans la Métropole du Grand Paris et dans les communautés d’agglomération, 83 % dans les communautés de communes et 77 % dans les communautés urbaines. Elle est plus faible dans les communes rurales (80 %) que dans les villes-centres (91 %), et plus élevée chez les jeunes : 96 % chez les 18-24 ans, contre 78 % chez les 50-64 ans. Selon les sympathies partisanes, elle va de 81 % chez LFI et LR à 84 % au RN, 88 % au PS, 96 % chez Les Écologistes et 97 % chez Renaissance. Parmi les électeurs du premier tour de 2022, elle descend à 66 % chez ceux d’Éric Zemmour, contre 83 % chez ceux de Marine Le Pen et 90 % chez ceux d’Emmanuel Macron.
Une image qui s’améliore, surtout sur les critiques
Les jugements positifs restent largement majoritaires et stables. 83 % estiment que l’intercommunalité permet de mettre en commun les moyens des communes autour d’un projet cohérent, et 80 % qu’elle offre de nouveaux services et équipements. 75 % y voient un échelon de taille suffisante pour peser face aux départements et régions, et 73 % l’échelon adéquat pour les politiques à l’échelle des bassins de vie. 70 % la considèrent comme le bon niveau pour agir sur la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique, et 69 % estiment qu’elle renforce la solidarité financière entre communes riches et pauvres.
Les critiques reculent. 62 % estiment encore qu’elle entraîne une hausse des impôts locaux, contre 73 % en 2013. 60 % jugent qu’elle complexifie la gestion locale, contre 69 % en 2013. 51 % pensent qu’elle éloigne les élus des citoyens, contre 59 % en 2013. 50 % craignent qu’elle conduise à la disparition des communes, contre 55 % en 2022.
La crainte d’une hausse des impôts est plus répandue chez les 65 ans et plus (69 %), dans les communes rurales (66 %) et chez les électeurs LR et divers droite aux législatives de 2024 (71 %). Elle est moins répandue chez les 18-24 ans (52 %) et les cadres (53 %).
L’image de sa propre intercommunalité
Interrogés sur leur intercommunalité, 70 % la jugent utile et 68 % estiment qu’elle met en place des services publics du quotidien (+6 points depuis 2024). 63 % considèrent qu’elle dispose de ressources financières importantes (+4 points), un avis partagé par 83 % des habitants de communautés urbaines mais seulement 50 % de ceux des communautés de communes. 61 % estiment qu’elle agit en faveur de l’environnement.
56 % jugent qu’elle utilise bien l’argent des contribuables, contre 50 % en 2024. Ce jugement atteint 62 % dans les communautés d’agglomération et 52 % dans les communautés de communes. Les qualificatifs les moins attribués restent la proximité : 48 % jugent leur intercommunalité proche de leurs préoccupations (+5 points), et 44 % estiment bien la connaître (+6 points depuis 2024, soit le niveau de 2014).
Santé, eau et services aux personnes en tête des attentes
Pour le mandat qui s’ouvre, la santé (prévention, accès aux soins) arrive en tête des sujets jugés prioritaires (76 %). Viennent ensuite l’eau potable (65 %), les services aux personnes comme la garde d’enfants ou l’aide aux seniors (64 %, contre 57 % en 2024) et les transports et mobilités (61 %). Suivent l’éducation et la formation (57 %), puis, à égalité à 53 %, l’adaptation au changement climatique, la prévention de la délinquance et la gestion des déchets. La prévention des inondations, incendies et sécheresses recueille 52 %, le développement économique local 49 % (contre 45 % en 2024) et la rénovation énergétique des bâtiments 47 %. En bas de tableau figurent l’enseignement supérieur (41 %), l’urbanisme (37 %), la culture et le sport (27 %) et la promotion touristique (10 %).
Les priorités varient selon le territoire. Les mobilités sont citées par 71 % des habitants des métropoles de province. La santé est une priorité pour 81 % des 65 ans et plus et 80 % des ouvriers. Les services aux personnes le sont pour 70 % des 65 ans et plus et 67 % des habitants des communes rurales.
73 % satisfaits de l’action de leur intercommunalité
73 % des Français se disent satisfaits de l’action de leur intercommunalité, contre 68 % en 2024. Ce niveau retrouve celui de 2014 (73 %), en léger retrait par rapport à 2018 et 2022 (75 %).
La satisfaction est la plus forte dans les communautés urbaines (81 %) et les métropoles de province (76 %). Elle atteint 75 % dans les communautés d’agglomération, 70 % dans les communautés de communes et 64 % dans la Métropole du Grand Paris. Elle culmine à 87 % chez les 18-24 ans et à 85 % dans les villes isolées, mais tombe à 57 % dans les banlieues populaires. Elle est de 94 % chez les sympathisants Renaissance, 83 % au PS, 76 % à LFI et chez Les Écologistes, 68 % au RN et 67 % chez LR. Parmi les électeurs d’Éric Zemmour en 2022, elle n’est que de 43 %.
Les présidents d’intercommunalité mieux connus et mieux jugés
42 % des personnes qui savent que leur commune appartient à une intercommunalité connaissent le nom de son président, contre 40 % en 2024. Le pic de la série remonte à 2013 (46 %). Ce taux n’est que de 19 % dans la Métropole du Grand Paris, contre 50 % dans les communautés urbaines. Il atteint 52 % chez les 65 ans et plus et 61 % dans les villes isolées, mais seulement 30 % chez les ouvriers.
69 % se disent satisfaits du président de leur intercommunalité, le niveau le plus élevé depuis le début de la mesure en 2018 (65 %), contre 62 % en 2024. La satisfaction va de 57 % dans la Métropole du Grand Paris à 76 % dans les communautés urbaines. Elle atteint 82 % chez les 18-24 ans, 84 % chez les sympathisants Renaissance et 65 % au RN, mais tombe à 43 % chez les électeurs d’Éric Zemmour.
Municipales 2026 : un mode d’élection encore méconnu
38 % des Français savent que, dans les communes de plus de 1 000 habitants, les élus intercommunaux sont désignés en même temps que les conseillers municipaux, sur le même bulletin. Ils étaient 31 % en 2025. Cette connaissance n’est que de 27 % dans la Métropole du Grand Paris et de 29 % chez les 18-24 ans comme chez les ouvriers.
À propos de la campagne des municipales de mars 2026, 39 % estiment que les enjeux intercommunaux ont été insuffisamment traités. 33 % jugent qu’ils l’ont été correctement, 3 % qu’ils l’ont été trop, et 25 % ne se prononcent pas. Le sentiment d’insuffisance atteint 50 % dans la Métropole du Grand Paris et 44 % dans les communautés de communes, ainsi que 51 % chez les sympathisants LFI.
Enfin, 60 % des Français disent connaître la répartition des compétences entre l’État et les collectivités : seulement 8 % précisément, et 52 % vaguement. Ce taux tombe à 44 % chez les employés et à 49 % chez les non-diplômés, mais atteint 79 % chez les diplômés de 2e et 3e cycle.
Les mesures budgétaires du gouvernement désapprouvées
Selon le communiqué d’Intercommunalités de France, 63 % des Français désapprouvent les mesures budgétaires imposées par le gouvernement aux collectivités locales. 45 % estiment que les intercommunalités disposent de moyens insuffisants, une proportion qui monte à 51 % dans les communautés de communes, contre 36 % dans les métropoles. 52 % jugent que le gouvernement n’en fait pas assez pour accompagner les intercommunalités dans le financement de la transition écologique et de l’adaptation au changement climatique, contre 23 % qui estiment qu’il en fait assez.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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