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Des grillages ceinturent depuis plusieurs semaines l’église Saint-Jacques de Pirmil, dans le quartier Nantes Sud. Depuis un arrêté municipal du 25 septembre 2026, le plus ancien lieu de culte de Nantes est interdit au public. Sa charpente bouge, au point de faire craindre un effondrement.
Une charpente en mouvement
La décision a été prise au lendemain de la remise à la Ville du rapport de l’architecte du patrimoine, qui préconisait la fermeture pour des raisons de sécurité. L’expert a relevé des désordres affaiblissant des appuis du clocher, au niveau de la jonction des toitures côté sud-ouest. Selon la paroisse, un important mouvement de la charpente a été constaté. Celle-ci pourrait soit s’affaisser sur les voûtes, soit entraîner la chute du toit vers la rue. Un périmètre de sécurité a été installé du côté du transept nord.
Le service du patrimoine de la Ville surveillait l’évolution de la toiture depuis plusieurs mois, et plusieurs renforts avaient déjà été posés. La municipalité indique que de nouvelles évaluations sont en cours.
Fermée pour une durée indéterminée
Dans un communiqué, le curé de la paroisse Saintes-Marthe-et-Marie, Emmanuel Mustière, annonce des travaux de consolidation rapides en vue d’une réouverture « dans les meilleurs délais ». Une nouvelle expertise devra ensuite déterminer s’il faut engager des travaux plus lourds, qui pourraient imposer une nouvelle fermeture. Le prêtre dit espérer, à plus long terme, la relance d’un projet de restauration complète de ce qu’il appelle un « trésor patrimonial presque millénaire ».
Une église née d’un prieuré poitevin
Élevée à la fin du XIIe siècle près de la confluence de la Loire et de la Sèvre nantaise, l’église est le dernier vestige d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, dans le Poitou. Une bulle pontificale de 1179 confirmait déjà l’autorité de cette abbaye sur la paroisse. Une inscription gravée au XIXe siècle sur une arcade avance la date de 1180 pour sa construction. Des fouilles menées dans les années 2000 dans le jardin du chevet ont mis au jour des sépultures datées du XIIe au XIVe siècle.
Longtemps rattachée à la paroisse voisine d’Aigne, sur la rive sud, Saint-Jacques n’a été intégrée à Nantes qu’en 1790, lors de la création des communes. La ville prenait ainsi le contrôle des 2 rives de la Loire.
8 siècles de remaniements
L’édifice, en forme de croix latine, mêle plusieurs époques. Le chevet roman, le transept et ses 2 chapelles en demi-cercle sont les parties les plus anciennes. Les voûtes d’ogives bombées de la nef rattachent l’église au style angevin, à la transition entre roman et gothique.
En 1484, Thomas James, évêque de Dol, fit restaurer une partie de l’église et ajouter un porche à triple arcade. La charpente a été refaite au XVIIIe siècle. Vendus comme bien national en 1791, les bâtiments annexes ont été restitués à l’église en 1808 par les héritiers de l’acquéreur. Au XIXe siècle, l’architecte nantais Théodore Nau a reconstruit la façade, à fronton triangulaire et colonnes, puis restauré l’ensemble entre 1849 et 1850. L’église a survécu à la guerre de Succession de Bretagne, aux guerres de Vendée et aux bombardements de 1943. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1997.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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