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En 2024, 2 211 crimes de haine antichrétiens ont été recensés en Europe, dont 274 agressions physiques et 94 incendies criminels d’églises. Ces chiffres de l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe (OIDAC Europe) étaient au cœur de l’audition organisée le lundi 12 octobre par la commission des pétitions du Parlement européen. À l’issue des débats, la commission a décidé de maintenir ouverte la pétition n° 0443/2026, qui réclame une protection égale des chrétiens dans l’ensemble de l’Union.
Une pétition portée par l’ECLJ
Le texte a été présenté par Thibault van den Bossche, chargé de plaidoyer pour la liberté religieuse au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), un groupe de juristes chrétiens fondé à Strasbourg en 1998. Il a ouvert son intervention en rappelant l’assassinat d’Ashur Sarnaya, chrétien irakien qui avait fui l’État islamique en 2014. Il a été égorgé à Lyon en septembre 2025 ; un Algérien présenté comme un islamiste radicalisé est mis en cause.
Selon l’ECLJ, la violence antichrétienne reste largement occultée pour 3 raisons :
- les États sous-comptabilisent les faits, en classant souvent le vandalisme d’églises parmi les simples atteintes aux biens et en omettant de transmettre leurs données à l’OSCE ;
- les victimes renoncent à porter plainte, par résignation, par peur ou par tendance à minimiser ;
- un biais idéologique empêche de voir dans le christianisme autre chose qu’une religion historiquement dominante, et donc d’admettre que des chrétiens puissent être victimes.
Un coordinateur, comme pour les juifs et les musulmans
La pétition demande la nomination d’un coordinateur de l’Union européenne chargé de la lutte contre les attaques et les discriminations visant les chrétiens. Des postes équivalents existent depuis 2015 pour la lutte contre l’antisémitisme et contre la haine antimusulmane. L’ECLJ réclame aussi une coopération renforcée entre communautés, société civile et États, afin de bâtir des cadres nationaux de protection et de briser l’autocensure.
Cette demande est soutenue par l’Intergroupe sur la liberté de religion du Parlement européen, par la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE) et par le nonce apostolique auprès de l’UE, Mgr Noël Treanor.
Bancs vides à gauche
Lors des débats, les représentants du Parti populaire européen (PPE), des Patriotes pour l’Europe, des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et de l’Europe des nations souveraines (ESN) ont tous soutenu le maintien de la pétition, en dénonçant un traitement à 2 vitesses. Les groupes du centre et de gauche n’avaient envoyé personne. L’eurodéputé allemand Tomasz Froelich (ESN) a dénoncé ce désintérêt pour ce qu’il considère comme des violations caractérisées des droits de l’homme.
L’eurodéputée espagnole Margarita de la Pisa Carrión (Patriotes) a dénoncé le silence des institutions et rappelé que 67 % des prêtres espagnols disent avoir déjà été insultés ou moqués. La Française Laurence Trochu (ECR) a relevé une hausse de 70 % des atteintes aux personnes chrétiennes en France entre 2024 et 2025. Elle porte une pétition connexe qui a déjà réuni plus de 15 000 signatures. Elle a rappelé que le Parlement avait adopté, dans une résolution du 21 janvier 2026, l’un de ses amendements regrettant l’absence de coordinateur dédié. Elle a également évoqué les 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde.
La Commission renvoie aux États membres
Le représentant de la Commission européenne chargé du dialogue avec les Églises a reconnu que ces violences étaient inacceptables. Il a toutefois indiqué que l’exécutif européen comptait s’en tenir aux textes existants et « ne prévoyait pas de développer de nouveaux dispositifs », renvoyant la responsabilité aux États membres. L’eurodéputée française Virginie Joron (Patriotes) a rappelé que Fabrice Leggeri avait réclamé la nomination d’un coordinateur européen par une question écrite dès le 22 octobre 2025, sans obtenir de réponse satisfaisante.
Résolution du 8 octobre et motion au Conseil de l’Europe
Quelques jours avant l’audition, le 8 octobre, le Parlement européen a adopté une résolution appelant l’Union à se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence des Frères musulmans. D’après l’ECLJ, le texte range la haine antichrétienne parmi les marqueurs de radicalisation, aux côtés de l’antisémitisme, de la soumission des femmes et de la remise en cause de la laïcité. Le 24 juin, une motion de résolution transpartisane intitulée « Crimes de haine, intolérance et discrimination à l’encontre des chrétiens d’Europe » avait été déposée à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle appelle les États à adopter une stratégie commune, y compris en ligne, et à sécuriser les lieux de culte.
La commission des pétitions a demandé des informations complémentaires à la Commission européenne. Elle entend obtenir un débat en séance plénière, suivi d’un vote sur une résolution.
Photo : wikipedia (cc)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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