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07/07/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – Plusieurs coups de feu ont retenti le 2 juillet au soir au Breil, un quartier « sensible » de Nantes. Un « jeune » a été blessé par balle. Cela se passe aussi à Plaisance, sur Orvault, vers 21 h 30, et à la Boissière vers 22 h. Ces coups de feu interviennent quelques jours à peine après une rixe avec plusieurs armes à feu qui a opposé deux bandes rivales dans un square de l’Ile de Nantes, le 29 juin. Surtout, cette nouvelle flambée de violences intervient après plusieurs autres depuis la fin de l’année 2014. Avec deux fils conducteurs : les rivalités entre cités « sensibles » et l’économie de la drogue.
Si Nantes connaissait depuis plusieurs années des conflits au long cours entre quartiers – notamment entre Malakoff, situé à l’est de l’agglomération entre les voies ferrées et la Loire, et Bellevue, à l’ouest, à cheval entre Nantes et Saint-Herblain, le climat a commencé nettement à se dégrader fin novembre 2014. Des rivalités entre bandes du quartier de la Bottière, à l’est, et de la Boissière, au nord, ont provoqué plusieurs agressions à l’arme blanche ou à l’arme à feu entre « jeunes » des «quartiers». Tout est parti d’un match de futsal qui a dérapé, avec rixe, scooter en feu jeté sur un terrain à l’extérieur et coups de feu. Les violences qui ont suivi ont poussé Johanna Rolland le Maire (PS) de Nantes à appeler à l’aide. Des renforts policiers – 80 agents – ont effectivement été affectés à la capitale bretonne pendant trois semaines.
Le temps que le climat s’apaise. Pourtant, du 9 au 11 mars 2015 une nouvelle flambée de violence oppose les quartiers nantais : une rixe le 9 mars au cœur de Bellevue fait plusieurs blessés. Le 11, les jeunes de Bellevue se vengent, en déboulant au cœur de Malakoff où ils tirent plusieurs coups de feu en l’air. Là encore, plusieurs interpellations permettent de calmer le phénomène, sans s’attaquer aux causes profondes. Une nouvelle vague commence le 15 mai 2015, lorsqu’une rixe suivie d’une fusillade oppose deux bandes issues du Breil et de Bellevue, deux quartiers ouest de Nantes, au cœur du Breil au carrefour des rues du Breil et des Plantes. Elle semble prendre toute son ampleur ces jours-ci, où à travers les divers événements se dessine un grand règlement de comptes entre quartiers ouest et nord, de Bellevue à Boissière en passant par Plaisance et le Breil.
A Nantes, un dealer peut gagner plus de 5 000 euros par mois
Pourquoi cette violence ? Les coups de feu et les rixes entre bandes rivales sont largement connus en France, y compris dans des villes de province comme ces jours-ci à Besançon en Franche-Comté. A Nantes, les mêmes éléments se retrouvent : des gangs peu structurés, mais attachés aux logiques territoriales du quartier – une cité inviolable, où toute présence étrangère est considérée comme une atteinte très grave – et à l’économie souterraine. Au cœur des conflits, l’on retrouve souvent la volonté des uns et des autres de contrôler les divers « plans stups », des lieux où se vend la drogue et qui peuvent être très juteux. Moins qu’à Marseille évidemment mais à Nantes, un dealer peut gagner plus de 5 000 euros par mois. Ces lieux ne sont pas toujours situés au cœur des cités, mais peuvent aussi être sur des espaces neutres, notamment proches du centre-ville, ou d’établissements scolaires. Ils n’en attirent que plus les convoitises.
Alors que les faits divers sanglants se multiplient, nous mettons en ligne une carte des règlements de comptes entre cités nantaises, avec les contours approximatifs des quartiers dits « sensibles » de l’agglomération. Alors que des millions d’euros vont encore être déversés dans ces quartiers dans l’espoir sans cesse déçu que l’amélioration de l’architecture puisse calmer les mœurs, trois question se font de plus en plus pressantes, actuelles, réelles : Nantes est-elle promise au destin de Marseille ? Faut-il attendre qu’il y ait des morts, y compris par dommages collatéraux comme cela a failli se produire fin novembre 2014 ? Et que font les pouvoirs publics, à part arroser de subventions les associations des quartiers concernés, plutôt que prendre le problème à bras le corps et y rétablir l’ordre ?
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Nantes est-elle livrée à la guerre des gangs ?”
C’est pas Marseille içi !