Une montée, une accélération, un monde d’écart. Voilà le triste résumé de la 12e étape du Tour de France 2025, théâtre d’un spectacle aussi impressionnant que monotone : Tadej Pogacar, en partie assis sur sa selle, a éteint tout suspense à 12,5 kilomètres du sommet, comme on souffle une bougie d’anniversaire après la fête.
On attendait l’embrasement des Pyrénées, on n’a eu droit qu’à une combustion lente, contrôlée, chirurgicale. Le Slovène n’a pas seulement gagné, il a annihilé : 2 minutes 10 sur Vingegaard, 3 minutes 31 désormais au général. La messe est dite, les fidèles s’ennuient.
Quand les mutants tuent le mythe
Pogacar a donc repris le maillot jaune. Une fois encore. Une fois de trop ? À force de terrasser la concurrence avec la régularité d’un piston hydraulique, le champion du monde a transformé la Grande Boucle en boucle d’ennui. Après Indurain, Armstrong et Froome, voici venu le temps du mutant slovène, prototype perfectionné qui grimpe plus vite que son ombre et accélère sans lever les fesses.
Face à lui, Jonas Vingegaard a bien tenté de s’accrocher, mais n’a résisté que quelques virages avant de rentrer dans le rang, comme tout le monde. Evenepoel a flotté comme un bouchon au large, Roglic a explosé, Lipowitz a sauvé l’honneur, et Kevin Vauquelin a résisté avec bravoure pour préserver une place dans le top 5. Le reste ? Des noms dispersés sur les pentes, comme les débris d’un vieux rêve de course ouverte.
Dans la fournaise d’Hautacam, Bruno Armirail, le champion de France du contre-la-montre, avait pourtant allumé la mèche. Dernier survivant d’une échappée dantesque partie dès le col du Soulor, il a roulé seul, comme un cycliste des années 1950, animé par l’orgueil, la terre natale et les encouragements du bord de route. Mais les machines d’UAE-XRG l’ont avalé, comme on broie une noisette sous un rouleau compresseur.
Le peloton n’existe plus. Il est devenu un décor. Seul Pogacar a droit à la lumière, aux interviews, aux caméras, aux superlatifs. Il est partout, et le Tour n’est plus nulle part.
Étape 13 – Peyragudes : contre-la-montre pour un duel… déjà joué ?
Demain vendredi 18 juillet, place au contre-la-montre entre Loudenvielle et Peyragudes : 10,9 km, 650 mètres de dénivelé, une rampe finale à 11,7 %. Une épreuve pour puncheurs masochistes, où chaque coup de pédale est une gifle infligée aux muscles. Mais à quoi bon ?
Le Slovène a déjà assommé Vingegaard sur terrain montagneux. Qu’espérer d’un exercice solitaire en montée ? Qu’il l’achève proprement, façon Planche des Belles Filles 2020 ? Le Danois est groggy. Evenepoel n’a plus d’oxygène. Lipowitz, Onley et Roglic se battront peut-être pour la troisième place, triste lot de consolation.
On se raccroche à l’espoir comme à une flamme vacillante. Peut-être que le vent, la chaleur, ou un petit caillou capricieux sous la roue de Pogacar viendra redistribuer les cartes. Mais même les Pyrénées semblent résignées à son règne.
Quand un homme est trop fort, la course n’a plus d’adversaire, seulement des figurants. Le Tour de France devient alors un défilé. On applaudit, on photographie, mais on ne vibre plus. Pogacar gagne comme un métronome, avec la même aisance qu’un logiciel exécute une commande.
Les commentateurs s’émerveillent (ou se taisent parce qu’ils sont payés ?). Nous, on se souvient avec nostalgie des défaillances, des bordures, des inattendus. On veut des échappées désespérées, des leaders à la peine, des revenants, du panache, de l’injustice même. Ce que Pogacar ne laisse plus à personne, c’est la place pour rêver.
Et pourtant, demain, ils repartiront. Vingegaard mettra sa combinaison, Evenepoel s’élancera le regard vide, Lipowitz espérera, Onley s’accrochera.
Mais le public, lui, commence à bailler.
YV
Crédit photo : Billy Ceusters (ASO / DR)
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
5 réponses à “Tour de France 2025. Étape 11 : Pogacar écrase tout, les Pyrénées se taisent”
Une ascension stupéfiante!
Rien de nouveau sous le soleil. Pogacar n’est pas une exception. Eddy Merckx l’a été aussi, celui qu’on appelait « Le cannibale » et qui laissait ses adversaires KO.
Le Tour est certes monotone mais a tout de même l’intérêt de nous montrer un grand champion, une sorte d’extra terrestre qu’on ne peut qu’applaudir.
Non, le public, du moins certains ne baillent pas. Comparer Pogacar à Armstrong est assez significatif. Le deuxième pissait violet et le premier ? mais chut, il faut laisser la joie à tous ceux qui sont pris d’hystérie au bord de la route. le doping, cela n’existe pas, il y a trop de contrôle, à tel point que même Simpson, mort au combat au Ventoux pour cause d’overdose, ne se dopait pas ! Pantani, quant à lui, a été grand seigneur, il n’est pas mort dopé sur son vélo, mais chez lui car il ne voulait pas que l’on suspecte le cyclisme d’être une succursale de la pharmacie. Mais soyons clair, tout le haut-niveau se dope, plus ou moins légalement. Prenez la peine de voir l’ENORME liste de « fortifiants » à leur disposition. Elle est édifiante.
Cette mule ne se nourrit pas d’avoine…pourtant l’avoine énerve le cheval alors on mélange l’avoine à d’autres céréales. Au cas d’espèce son avoine est sur vitaminée grâce à Big Pharma il va finir avec les chevilles qui enflent comme Trumpetty.
On apprendra, dans 10 (20 ?) ans qu’il était chargé comme une mule et, peut-être lui retirera-t-on les titres sportifs acquis dans ces conditions, comme ce fut effectivement le cas pour Amstrong. Mais bon, le peuple sportif a la mémoire courte ; il veut du spectacle, on lui en donne, les acteurs empochent… et les sponsors font leurs comptes : the show must go on ! En attendant nous avons cessé de perdre notre temps devant cette mascarade qui a perdu tout intérêt