Le ski de fond, c’est l’endurance à l’état brut : de longues glissades sur terrains plats ou vallonnés, des relances incessantes, et une lutte permanente entre économie d’effort et violence du rythme. Les skis, longs et étroits, sans carres métalliques, ne sont fixés qu’à l’avant de la chaussure, ce qui explique cette foulée si particulière, à mi-chemin entre la course et la glisse.
À Milan-Cortina 2026, la discipline revient avec un symbole fort : pour la première fois, hommes et femmes courront sur les mêmes distances, quel que soit le format. Et au total, douze épreuves de ski de fond seront au programme, disputées du 7 au 22 février 2026, à Tesero, dans le Val di Fiemme, sur le stade de ski de fond de Lago.
Deux techniques, deux philosophies de course
Le ski de fond olympique se pratique selon deux styles, qui ne demandent pas du tout les mêmes automatismes.
En technique classique, le skieur progresse dans des traces parallèles, skis dans l’axe, en alternant poussées et phases de glisse. C’est le style “historique”, celui des longues traversées nordiques, plus économique sur certaines neiges, mais très exigeant en placement et en rendement.
En technique libre, dite skating, le mouvement ressemble davantage au patinage : poussées latérales, fréquence plus élevée, vitesse souvent supérieure quand les conditions s’y prêtent. Aux Jeux, chaque course est disputée soit en classique, soit en libre, selon un programme fixé à l’avance.
Un sport ancien, longtemps nordique, devenu universel
Le ski de fond est probablement la forme la plus ancienne de ski. Le mot “ski” vient d’un vieux terme nordique signifiant littéralement un “morceau de bois”. Pendant des siècles, il sert d’abord à se déplacer l’hiver, chasser, couper du bois, relier des communautés isolées. À la fin du XIXe siècle, la pratique se codifie et devient sport, notamment via la Norvège, où l’armée joue un rôle important dans sa structuration.
Aux Jeux olympiques d’hiver, le ski de fond est présent dès Chamonix 1924. Longtemps réservé aux hommes, il s’ouvre aux femmes à partir des Jeux d’Oslo 1952. Historiquement, les nations scandinaves ont dominé, avant que la concurrence ne s’élargisse au fil des décennies.
Les 12 épreuves de ski de fond, une par une
1) Le 10 km individuel libre femmes
C’est un contre-la-montre : les concurrentes partent à intervalles réguliers. La victoire revient à celle qui signe le meilleur temps total. Le style est libre, ce qui pousse souvent les athlètes à tenir un tempo élevé du départ à l’arrivée, avec très peu de temps “mort”.
2) Le 10 km individuel libre hommes
Même principe : départs espacés, gestion du rythme et des changements de vitesse en fonction du profil de la piste. Dans ce format, on ne “voit” pas forcément la course en direct, car l’adversaire principal, c’est le chrono.
3) Le skiathlon 10 km classique + 10 km libre femmes
Ici, on bascule dans une course au contact : départ groupé, première moitié en classique, puis changement de skis et de style à mi-course pour finir en libre. Le premier à franchir la ligne gagne. L’épreuve récompense les fondeuses complètes : endurance, maîtrise des deux techniques, et sens tactique au moment du changement.
4) Le skiathlon 10 km classique + 10 km libre hommes
Même format, mêmes pièges : ne pas se griller trop tôt en classique, sortir proprement du changement de skis, puis encaisser le rythme souvent brutal du skating dans la seconde moitié.
5) Le relais 4 x 7,5 km femmes
Course d’équipe, départ groupé. Quatre relayeuses se succèdent, chacune sur 7,5 km. Le relais est souvent un test de profondeur de collectif : une nation peut avoir une star, mais elle doit aussi avoir un troisième et un quatrième relais solides pour gagner.
6) Le relais 4 x 7,5 km hommes
Le relais masculin suit la même logique : stratégie sur l’ordre des relayeurs, capacité à “tenir” un paquet, puis à faire la différence au bon moment. Le titre se joue fréquemment sur la dernière portion, quand les organismes sont déjà entamés.
7) Le 50 km classique départ en ligne femmes
Épreuve-reine d’endurance, disputée en départ groupé et en classique. C’est long, usant, et mentalement brutal : gestion de l’alimentation, des variations de neige, du tempo et des attaques. Le premier à l’arrivée est champion olympique.
8) Le 50 km classique départ en ligne hommes
Même format, même logique : un marathon sur neige, où l’on peut perdre une course sur un détail de gestion, une cassure dans un paquet, ou un mauvais choix de rythme au mauvais moment.
9) Le sprint classique femmes
Le sprint débute par une qualification en contre-la-montre. Les 30 meilleures passent ensuite en phases finales par séries : quarts, demies, finale. C’est nerveux, violent, et très tactique, avec des accélérations répétées, des placements, et la contrainte du classique qui rend la moindre erreur de trajectoire coûteuse.
10) Le sprint classique hommes
Même mécanique, mais souvent encore plus compact et explosif. En sprint, la forme du jour compte énormément : une jambe “moyenne” et vous ne passez pas les séries.
11) Le sprint par équipes libre femmes
Deux athlètes par équipe, qui se relaient sur plusieurs tours. Le style est libre, ce qui favorise les équipes capables d’enchaîner des relais très rapides. La lecture de course est essentielle : prendre le bon wagon, éviter de se faire enfermer, et garder un dernier relais capable de finir.
12) Le sprint par équipes libre hommes
Même format : une épreuve hybride entre sprint et endurance courte, où l’on gère la répétition des efforts. Les changements, les trajectoires et la capacité à remettre une couche après plusieurs relais font souvent la différence.
Les compétitions de ski de fond se dérouleront à Tesero, dans le Val di Fiemme, sur le Tesero Cross-Country Skiing Stadium, du 7 au 22 février 2026. C’est un site taillé pour le ski nordique, avec un profil qui peut vite user les organismes si la neige est lente ou si les températures varient.
Les Jeux prévoient un quota global d’environ 296 places, réparties à parts égales entre hommes et femmes. Chaque nation est plafonnée en nombre de fondeurs engagés et en nombre de participants par épreuve, avec des critères liés aux points et aux participations aux grands championnats, ce qui garantit une densité sportive élevée tout en laissant une porte d’entrée à des nations moins traditionnelles.
Calendrier du Ski de fond aux JO 2026
7 février 2026
13h00 — 20 km Skiathlon (Classique + Libre) – Femmes
8 février 2026
12h30 — 20 km Skiathlon (Classique + Libre) – Hommes
10 février 2026
09h15 — Sprint Classique – Qualifications Femmes
09h15 — Sprint Classique – Qualifications Hommes
11h45 — Sprint Classique – Finale Femmes
11h45 — Sprint Classique – Finale Hommes
12 février 2026
13h00 — 10 km Libre – Départ intervalle – Femmes
13 février 2026
11h45 — 10 km Libre – Départ intervalle – Hommes
14 février 2026
12h00 — Relais 4 × 7,5 km (Classique + Libre) – Femmes
15 février 2026
12h00 — Relais 4 × 7,5 km (Classique + Libre) – Hommes
18 février 2026
09h45 — Team Sprint Libre – Qualifications Femmes
09h45 — Team Sprint Libre – Qualifications Hommes
11h45 — Team Sprint Libre – Finale Femmes
11h45 — Team Sprint Libre – Finale Hommes
21 février 2026
11h00 — 50 km Mass-Start Classique – Hommes
22 février 2026
10h00 — 50 km Mass-Start Classique – Femmes
Crédit photo : DR
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