Bonne nouvelle en apparence pour l’économie bretonne. Au troisième trimestre 2025, l’activité régionale progresse de 0,5 %, un rythme supérieur à celui du trimestre précédent. Cette embellie s’inscrit dans le sillage de la reprise nationale, portée notamment par le redémarrage du secteur aéronautique. Mais derrière cette dynamique, un constat s’impose : l’emploi ne suit pas.
Une croissance réelle mais fragile
Selon la note de conjoncture de l’Insee, la hausse de l’activité est tirée par l’agriculture, l’industrie et les services marchands. Après un deuxième trimestre déjà positif, la région confirme une trajectoire de reprise. Pour la fin de l’année, les économistes anticipent toutefois un ralentissement, avec une progression attendue autour de +0,2 %.
Les chefs d’entreprise bretons restent relativement confiants, estimant que l’activité continuera de progresser. Pourtant, cette croissance ne se traduit pas par une hausse du volume de travail. Les heures rémunérées dans le secteur privé stagnent, signe d’une prudence persistante chez les employeurs.
L’emploi salarié en léger recul
Sur le front de l’emploi, le tableau est plus nuancé. Au troisième trimestre, 2 300 emplois salariés ont été perdus en Bretagne, soit un recul de 0,2 %. Ce repli concerne principalement le secteur public, tandis que l’emploi privé reste quasi stable.
Sur un an, la région limite la casse avec une progression symbolique de 900 emplois, alors que la tendance nationale est légèrement négative. Autrement dit, la Bretagne résiste mieux que la moyenne française, mais sans véritable dynamique.
Tertiaire : contrastes marqués
Dans le tertiaire marchand, les effectifs stagnent globalement. L’hébergement-restauration tire son épingle du jeu, avec des créations de postes, tandis que le commerce se maintient à un niveau supérieur à celui de l’an dernier.
À l’inverse, les services aux ménages, l’immobilier et surtout l’information-communication enregistrent des baisses sensibles. Un signal préoccupant pour ces secteurs déjà fragilisés.
Le tertiaire non marchand, qui avait connu deux trimestres de hausse, recule à son tour (-0,4 %), notamment dans l’administration publique.
Industrie et construction : légère reprise
Dans l’industrie, la situation est globalement stable. L’agroalimentaire, pilier de l’économie bretonne, continue de créer des emplois, tout comme les secteurs des équipements électriques et des machines. En revanche, les transports et certaines industries manufacturières restent en difficulté.
La construction, quant à elle, repart timidement à la hausse (+0,2 %), une évolution plus favorable que dans le reste du pays. Sur un an toutefois, le secteur reste légèrement en retrait.
Intérim : stabilisation après des mois agités
L’emploi intérimaire se stabilise au troisième trimestre. Il progresse dans l’industrie, mais continue de reculer dans la construction et certains services. Sur un an, l’intérim baisse de 1,9 % en Bretagne, moins fortement qu’au niveau national.
Chômage : un niveau bas mais figé
Le taux de chômage régional s’établit à 6,3 %, un niveau inférieur à la moyenne nationale. Il reste globalement stable, avec toutefois des hausses locales, notamment dans le Finistère et en Ille-et-Vilaine.
Entrepreneuriat dynamique, mais faillites en hausse
Les créations d’entreprises poursuivent leur progression, avec une hausse de 5,7 % sur le trimestre. La Bretagne fait mieux que la moyenne nationale, portée par l’essor des micro-entrepreneurs, qui représentent près des deux tiers des nouvelles structures.
Mais l’envers du décor est moins flatteur : les défaillances augmentent aussi (+4,1 % sur un an). Les secteurs les plus touchés sont le commerce, la construction et l’hébergement-restauration.
Une reprise sans emplois ?
En résumé, la Bretagne connaît une reprise économique réelle, mais déconnectée de l’emploi. La création de richesse progresse, les entreprises se créent, mais les embauches stagnent. Un paradoxe révélateur d’une économie plus prudente, où la croissance ne se traduit plus mécaniquement par des postes supplémentaires.
Un signal d’alerte pour les mois à venir, alors que l’incertitude économique reste forte et que le tissu productif breton demeure exposé aux chocs extérieurs.
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