Une étude publiée mi-janvier dresse un bilan très documenté des prix des carburants en France sur l’année 2025. Elle s’appuie sur plusieurs millions de relevés et plus d’un million de changements de prix enregistrés dans près de 10.000 stations-service. L’objectif est de comprendre comment les tarifs ont évolué, mais surtout comment les différents réseaux (grande distribution, groupes pétroliers, indépendants) ajustent leurs prix, à quel rythme, et à quels moments.
Une année globalement baissière, mais loin d’une trajectoire linéaire
Sur l’ensemble de 2025, la tendance est à la baisse, même si elle ressemble davantage à un « zigzag » qu’à une glissade régulière. D’après l’étude, le SP95-E10 recule d’environ 6% sur l’année, tandis que le gazole baisse d’environ 6,58%. La décrue est continue de janvier à mai, avant un regain en juin, puis une nouvelle détente en juillet.
Le cœur du retournement se situe à la fin de l’été. En août et septembre, les prix repartent à la hausse, dans un contexte de changement fiscal : l’augmentation de l’accise et la fin de certaines modulations régionales au 1er août 2025, selon l’étude, ont joué un rôle dans ce rebond. Après un repli en octobre, novembre se distingue par une progression marquée (+3,8% selon le bilan), avant une chute nette en fin d’année, tirée notamment par les opérations commerciales dites « prix coûtant ».
Des moyennes annuelles parlantes, et des écarts très concrets pour les automobilistes
Sur l’année 2025, le SP95-E10 s’établit en moyenne à 1,716 €/L, et le gazole à 1,650 €/L. Les autres carburants suivent des niveaux cohérents avec leur place dans le marché : le SP98 se situe plus haut (1,820 €/L en moyenne annuelle), quand le superéthanol E85 reste nettement plus bas (0,766 €/L), et le GPL-c tourne autour de 0,993 €/L.
L’étude détaille aussi les plus hauts et les plus bas de l’année, ce qui permet de mesurer l’amplitude réelle pour un plein. Pour le SP95-E10, un point bas est observé le 19 décembre (1,589 €/L) et un point haut le 19 janvier (1,814 €/L). Pour le gazole, l’écart est également net entre un plus bas au printemps (1,522 €/L le 18 avril) et un plus haut en janvier (1,776 €/L le 19 janvier). Autrement dit, selon la période où l’on fait le plein, la facture peut varier de façon sensible, même sans « crise » spectaculaire.
La grande distribution, moteur principal des prix bas
Le constat le plus politique, au sens économique du terme, est la place prise par la grande distribution. Dans l’étude, elle représente près de la moitié des stations et elle concentre l’essentiel des prix les plus bas. Les stations de ce réseau affichent en moyenne des tarifs d’environ 5,8 centimes par litre sous la moyenne nationale pour le SP95-E10, et environ 5,7 centimes sous la moyenne pour le gazole. Sur un plein, ce n’est pas anecdotique, et c’est précisément ce type d’écart qui pousse les automobilistes à arbitrer leur trajet, leur horaire, ou leur enseigne.
Intermarché et E.Leclerc ressortent comme des acteurs dominants des prix bas, tandis que l’étude note aussi le cas d’une enseigne plus marginale sur le territoire, Costco, présentée comme la marque la moins chère sur l’année pour le gazole dans l’échantillon suivi. La conclusion implicite est simple : quand la grande distribution bouge, le marché bouge avec elle.
Les groupes pétroliers plus chers, avec des écarts parfois très élevés
À l’inverse, les groupes pétroliers se situent en moyenne au-dessus, avec un surcoût de l’ordre de 4 centimes par litre. L’étude va plus loin en soulignant des écarts bien plus marqués selon les marques. Elle cite notamment un différentiel important pour Shell, très au-dessus de la moyenne nationale, là où d’autres enseignes restent plus proches du niveau moyen.
L’écart structurel entre grande distribution et groupes pétroliers est évalué autour de 7 centimes par litre en moyenne. Entre grande distribution et indépendants, l’écart est plus faible, mais il reste le plus souvent à l’avantage des grandes enseignes.
Des prix qui changent peu… mais selon un rythme très organisé
On imagine parfois un marché extrêmement « nerveux », avec des panneaux qui changent sans arrêt. En réalité, l’étude décrit un système relativement stable en fréquence, avec en moyenne un changement de prix par semaine et par station. Sur l’année, le volume total est massif (1,5 million de changements recensés), mais il reflète surtout la taille du parc et la répétition de micro-ajustements.
Ces ajustements sont loin d’être répartis au hasard. Ils se concentrent surtout entre mardi et vendredi, et certaines heures ressortent nettement. La grande distribution, par exemple, opère fréquemment des baisses le matin, notamment entre 8 h et 9 h, avec un pic le vendredi. Les groupes pétroliers, eux, concentrent davantage leurs hausses autour de minuit et en soirée, selon les schémas observés.
Les opérations « prix coûtant », huit séquences qui bousculent le marché
L’un des points les plus intéressants est l’effet des opérations « prix coûtant ». L’étude en recense huit en 2025, souvent positionnées avant les grands départs. Ces opérations créent des « chocs baissiers » visibles dans les données, avec une hausse brutale du nombre de baisses enregistrées et, parfois, des baisses plus fortes qu’en période ordinaire.
La fin d’année illustre ce mécanisme à grande échelle. L’opération des 19-20 décembre est décrite comme particulièrement intense, avec des baisses moyennes notables et, ensuite, une forme de « rattrapage » haussier partiel. L’étude note aussi un phénomène très concret : les périodes de prix agressifs s’accompagnent parfois de ruptures de stock, ce qui rappelle que la guerre des centimes peut avoir des effets très tangibles sur le terrain.
Une méthodologie massive, mais un périmètre à connaître
L’étude précise qu’elle s’appuie sur les données publiques officielles et qu’elle ne couvre pas certaines stations dites « à faible distribution », non soumises à l’obligation de déclaration. Elle indique également que le suivi très fin des changements de prix par heure et par jour est disponible sur la période juillet-décembre, ce qui explique pourquoi une partie des analyses comportementales se concentre sur ce second semestre.
Enfin, les auteurs signalent ce que leur travail ne mesure pas directement : l’effet des fluctuations du Brent, du taux de change euro/dollar, du contexte géopolitique, ou des grandes dynamiques macroéconomiques. Autrement dit, l’étude décrit surtout la mécanique interne du marché français, et la manière dont les acteurs ajustent leurs tarifs dans ce cadre.
Ce que l’année 2025 raconte, au fond
Le portrait qui se dégage est celui d’un marché moins chaotique qu’on ne le dit parfois, mais de plus en plus structuré autour de la grande distribution. Ce sont ses baisses, ses opérations commerciales, et son poids dans le réseau qui semblent donner le « la » aux prix visibles par les Français. Les groupes pétroliers, eux, conservent un positionnement plus élevé et des variations plus contenues, ce qui entretient des écarts durables à la pompe.
Dans un pays où l’automobiliste n’a pas le sentiment de respirer sur le budget contraintes, ces centimes deviennent une affaire politique au quotidien. Et l’année 2025, telle que décrite par cette étude, montre surtout une chose : la bataille des prix est permanente, mais elle obéit à des routines, des calendriers, et des stratégies très lisibles.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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