Le dossier Nicolas Gonidec s’impose désormais comme l’une des affaires judiciaires les plus lourdes et les plus dérangeantes qu’ait connues la Bretagne ces dernières années. Ancien élu municipal à Quimper, figure reconnue du milieu culturel bretonnant, l’homme a été condamné début janvier 2026 à cinq ans de prison ferme pour agressions sexuelles et exercice illégal de la profession d’infirmier. Mais les audiences récentes ont révélé bien plus qu’une succession de faits isolés : c’est un système structuré, méthodique et durable qui est décrit par la justice.
Une mécanique d’emprise construite sur des années
Au fil des audiences, les magistrats ont mis en lumière un mode opératoire constant. Pendant près de deux décennies, Nicolas Gonidec aurait approché des femmes issues de son entourage personnel, professionnel ou culturel, sous couvert de projets médicaux fictifs : recherches cliniques, prises de sang, photographies destinées à des publications scientifiques inexistantes.
Les premières demandes semblaient anodines. Puis, séance après séance, la nudité devenait plus importante, les gestes plus intrusifs, jusqu’à des actes à caractère sexuel. L’emprise reposait sur plusieurs leviers : la notoriété locale de l’accusé, son statut d’élu puis d’acteur culturel influent, la mise en scène pseudo-médicale et parfois la promesse de compensations financières.
Les juges ont décrit un processus progressif, destiné à désarmer toute méfiance, certaines victimes étant restées sous cette emprise pendant des années.
Le dossier judiciaire recense aujourd’hui plusieurs dizaines de plaignantes, issues de milieux variés : artistes, danseuses, musiciennes, entrepreneuses, journalistes ou simples connaissances. Les parties civiles estiment que le nombre réel de femmes agressées ou manipulées pourrait être bien supérieur, certaines n’ayant jamais porté plainte.
Lors des audiences, les témoignages ont convergé vers la description d’un homme persistant, insistant, refusant d’accepter les refus, capable de rompre brutalement le contact dès qu’une femme devenait trop soupçonneuse.
Des aveux glaçants à l’audience
Moment particulièrement marquant du procès : Nicolas Gonidec a reconnu à la barre continuer à pratiquer des prises de sang dans un cadre privé, après ses premières condamnations. Il a évoqué une pratique relevant, selon lui, de sa sphère intime. Cette déclaration a provoqué une vive émotion dans la salle d’audience et renforcé la conviction des parties civiles quant au caractère compulsif et sexuel de ces actes.
Les magistrats et le parquet ont souligné l’absence d’empathie de l’accusé, son détachement face à la souffrance des victimes et sa tendance à minimiser la portée de ses actes.
Les perquisitions ont permis la saisie d’un volume considérable de matériel : seringues, kits de prélèvement, substances médicamenteuses, supports numériques. Les enquêteurs ont également découvert des milliers de fichiers photo et vidéo, classés, archivés, parfois consultés plusieurs années après les faits.
Ces éléments ont renforcé l’analyse judiciaire : loin d’un dérapage ponctuel, il s’agirait d’une obsession ancienne, nourrie et entretenue dans le temps.
Un nouveau procès à Lorient, malgré l’appel
Malgré sa condamnation à Quimper, Nicolas Gonidec comparaîtra de nouveau le 4 février 2026 devant le tribunal judiciaire de Lorient. Il devra répondre de nouveaux faits d’exercice illégal de la profession d’infirmier, d’usage de faux documents et de non-respect d’une interdiction judiciaire, pour des actes commis entre 2022 et 2025, notamment en presqu’île de Quiberon.
Ce second dossier concerne plusieurs nouvelles plaignantes et a conduit à l’ouverture d’une expertise psychiatrique complémentaire. L’accusé, incarcéré au centre pénitentiaire de Ploemeur, a par ailleurs interjeté appel de sa condamnation quimpéroise.
Au-delà des audiences, l’affaire interroge profondément le milieu culturel breton, où Nicolas Gonidec évoluait depuis des années sans être inquiété. Elle pose la question du silence, de la confiance accordée à certaines figures locales, et des mécanismes d’emprise qui peuvent prospérer dans certains cercles.
Alors que les procédures se poursuivent, une certitude s’impose : pour la justice, la répétition des faits, leur durée et leur organisation excluent toute thèse de l’accident ou de l’erreur. Le dossier décrit un système, et non une dérive.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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