Le rapport 34 de l’Institut Thomas More, publié en décembre 2025 dresse un constat sévère sur le développement du photovoltaïque en France. Intitulé « Photovoltaïque en France : stop ! », il met en cause à la fois la dépendance industrielle à la Chine, l’explosion des coûts publics et les fragilités techniques induites dans un système électrique déjà largement décarboné.
Une filière sous domination chinoise quasi totale
Le document souligne que la Chine contrôle environ 95 % de la production mondiale de polysilicium de qualité solaire et fournit l’essentiel des panneaux installés en Europe. Cette position hégémonique résulte, selon l’auteure, d’une stratégie industrielle mêlant subventions massives, barrières douanières et dumping à l’exportation.
En miroir, les industries européennes et américaines ont été laminées. Le rapport mentionne la fermeture de plusieurs sites en France et en Allemagne, ainsi qu’une dépendance aux importations très élevée : en France, le taux de couverture ne dépasserait pas 7 %.
À cette dépendance industrielle s’ajoute une dimension éthique. Une part importante du polysilicium mondial provient du Xinjiang, région associée à des accusations de travail forcé. Le rapport rappelle que les États-Unis ont déjà pris des mesures d’interdiction d’importation et que l’Union européenne a adopté en décembre 2024 un règlement visant à bannir les produits issus du travail forcé.
Un coût public en forte progression
Le rapport met également l’accent sur le poids financier du photovoltaïque pour les finances publiques. Les charges liées aux dispositifs de soutien (CSPE et compléments de rémunération) atteignent plusieurs milliards d’euros par an. Le cumul des charges depuis 2003 dépasserait 31 milliards d’euros.
Pour 2025 et 2026, les montants prévisionnels continuent de progresser, dans un contexte où les prix de marché peuvent devenir nuls ou négatifs lors des pics de production solaire. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) pourrait encore accroître ces engagements financiers à long terme.
Le rapport insiste aussi sur les coûts indirects : raccordement mutualisé via le TURPE, écrêtements croissants de la production, et modulation accrue du parc nucléaire pour absorber les variations de l’offre solaire.
Surcapacité et risque d’éviction du nucléaire
La France, rappelle le document, dispose déjà d’un mix électrique très largement décarboné, dominé par le nucléaire, et a été en 2024 le premier exportateur mondial d’électricité. Dans ce contexte, l’ajout massif de capacités photovoltaïques supplémentaires pourrait, selon l’analyse, conduire à une éviction partielle de la production nucléaire existante, pourtant faiblement carbonée.
Le rapport cite également une note du Haut-Commissariat à l’énergie atomique évoquant une situation structurelle de surcapacité et une multiplication des épisodes de prix spot négatifs au printemps 2025. Les projets autorisés et en cours d’instruction renforceraient encore cette dynamique.
Des vulnérabilités cyber et stratégiques
Au-delà des aspects économiques, le document pointe un risque stratégique : la dépendance aux onduleurs et composants chinois. Il évoque des alertes émises aux États-Unis concernant des modules de communication non documentés intégrés dans certains équipements, susceptibles de poser des problèmes de cybersécurité
Cette dépendance technologique, combinée à la concentration géographique de la production de matières premières et de composants, est présentée comme une vulnérabilité pour la sécurité énergétique nationale.
Sept propositions pour « reprendre le contrôle »
En conclusion, le rapport formule sept recommandations, parmi lesquelles un audit de sécurité des installations existantes, le rétablissement de mesures anti-dumping ciblées, la suspension de nouveaux engagements publics en matière de capacités photovoltaïques, et une réforme du TURPE.
Il propose également d’étudier la constitution de « stocks stratégiques » d’électricité couplés à des solutions autonomes, dans une logique de résilience.
Ce document s’inscrit dans un débat plus large sur l’orientation de la politique énergétique française, alors que la révision de la PPE3 est attendue. Il pose une question centrale : dans un système déjà décarboné et exportateur, la poursuite accélérée du développement photovoltaïque répond-elle à un besoin objectif ou à une logique d’affichage politique et industriel ?
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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