Livr’arbitres n° 52 : Roger Nimier en étendard d’une certaine idée de la littérature

La revue Livr’arbitres publie son numéro 52 (décembre 2025, 15 euros) avec en couverture une figure qui ne laisse jamais indifférent : Roger Nimier, présenté comme le « dernier anarchiste de droite ? ». Un choix qui donne immédiatement le ton d’un numéro placé sous le signe de l’insolence littéraire, de la fidélité à une tradition française et d’un certain esprit de liberté.

Fondée et dirigée par Patrick Wagner, la revue poursuit son travail d’exploration des lettres françaises et européennes, entre portraits, entretiens, histoire des idées et dossiers thématiques exigeants.

Un éditorial placé sous le signe de la transmission

Dans son éditorial, Patrick Wagner évoque Louis Pozzo di Borgo et sa « vieille France », presque disparue, qu’il s’agit de transmettre coûte que coûte. L’auteur convoque Paul Valéry et sa célèbre formule sur la mortalité des civilisations pour interroger notre époque, marquée selon lui par un sentiment d’effacement et de rupture.

Il y est question de continuité, de mémoire, d’héritage. Roger Nimier, dont on célèbre le centenaire de la naissance (1925-1962), apparaît alors comme une figure symbolique : celle d’un écrivain engagé dans la mêlée intellectuelle de son temps, porté par une jeunesse ardente, un goût du panache et une humeur vagabonde. La citation finale d’Henri-Dominique Lacordaire – « Entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs » – résume l’esprit du numéro.

Le cœur du numéro (à partir de la page 27) est consacré à un vaste portrait collectif de Roger Nimier. Plusieurs plumes s’y succèdent pour éclairer les multiples facettes de l’auteur des Épées : Gilles Brochard, Thierry Bouclier, François Jonquères, Antoine Katerji, Philippe d’Hugues, Christian Dedet, Michel Mourlet, Martin Nimier ou encore Georges-Félix Tracol.

À travers ces contributions, c’est toute une génération, celle des « Hussards », qui revient en lumière, avec ses combats littéraires, ses fidélités, ses ruptures et son style tranchant.

Un dossier substantiel : le diable en littérature

Autre axe fort du numéro : un dossier intitulé « Le diable en littérature » (à partir de la page 75). Lucien Rabouille signe plusieurs études et entretiens autour de figures majeures :Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire, Anatole France, Bram Stoker, Oscar Wilde…

Le dossier interroge la figure du diable comme personnage littéraire, symbole métaphysique et révélateur des fractures spirituelles modernes. La revue prolonge cette réflexion par un ensemble consacré au surréalisme, présenté comme un projet philosophique, avec des contributions autour d’Aragon et de Breton.

Entretiens, panorama historique et ouverture internationale

La section « Entretien » accueille notamment Luc-Olivier d’Algange, Jean-Paul Kauffmann, ou encore Marc Obregon. L’ensemble témoigne d’une volonté d’articuler réflexion littéraire et regard sur le monde contemporain.

Dans la partie « Histoire-panorama », la guerre des Boers de Villebois-Mareuil est revisitée par Christian Galvez. « Le monde des idées » aborde la question présidentielle et le populisme. « Domaine étranger » consacre un article à Jorge Luis Borges. La poésie, le cinéma (avec Orson Welles), la littérature jeunesse, la bande dessinée (Macbeth), la nouvelle et le vagabondage culturel complètent un sommaire dense.

Au fil des pages, Livr’arbitres confirme son positionnement : défendre une certaine exigence littéraire, revisiter les classiques, faire dialoguer les époques et maintenir vivante une mémoire culturelle française et européenne. À l’heure où l’actualité éditoriale est souvent dominée par l’éphémère, la revue assume un travail de fond, porté par une cohérence intellectuelle et un attachement à la transmission.

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