On parle beaucoup, ces derniers mois, de retour à une alimentation plus simple, plus authentique, moins transformée. Viande non trafiquée, légumes frais, œufs entiers, beurre sans substitut chimique, lait non déguisé en mousse végétale aromatisée. L’idée d’un « vrai » aliment revient dans le débat public après des décennies de produits allégés, enrichis, texturés, reformulés, industrialisés.
Pendant longtemps, on nous a expliqué que le gras était l’ennemi, que le beurre était suspect, que l’œuf était dangereux, que la viande devait être dégraissée jusqu’à l’absurde. En revanche, les céréales raffinées, les produits sucrés et les substituts industriels ont envahi les assiettes. Les rayons se sont remplis d’ersatz : crèmes sans crème, fromages sans lait, burgers sans viande, desserts sans sucre… mais pas sans additifs.
Résultat ? Les maladies métaboliques ont explosé. L’obésité a progressé. Le diabète s’est banalisé. Les troubles cardiovasculaires n’ont pas disparu. On voulait alléger les corps, on les a alourdis.
Mais un argument revient immédiatement dès que l’on parle de « vraie » nourriture : cela coûterait trop cher. Les produits biologiques seraient réservés aux classes aisées. L’alimentation saine serait un luxe.
C’est en partie vrai si l’on se limite aux enseignes haut de gamme, aux étiquettes marketing et aux rayons spécialisés. Pourtant, la réalité est plus nuancée. Dans la plupart des villes françaises, il existe des marchés populaires, des épiceries de quartier, des commerces communautaires, des grossistes, des coopératives où fruits, légumes, viandes et poissons sont vendus à des prix bien inférieurs à ceux des grandes surfaces « premium ».
Souvent, le problème n’est pas tant le prix que l’habitude. On fréquente toujours les mêmes enseignes. On suit une logique sociale implicite. On consomme ce que l’environnement culturel nous a appris à considérer comme « normal ». Or, sortir de ses circuits habituels peut faire baisser considérablement le ticket de caisse.
Autre point décisif : cuisiner. La restauration rapide, les plats préparés et les livraisons à domicile grèvent lourdement les budgets. Préparer soi-même des aliments bruts coûte moins cher et redonne un contrôle sur la qualité des ingrédients. Ce n’est pas seulement une question de santé ; c’est aussi une question d’autonomie.
Mais il existe un angle mort du débat nutritionnel, rarement abordé. Nous parlons sans cesse de quoi manger, presque jamais de combien manger.
Nous avons hérité d’un modèle des « trois repas par jour », parfois complété de collations, comme si ce rythme était une loi biologique intangible. Or ce schéma correspondait à des sociétés physiquement actives : travaux agricoles, métiers manuels, longues marches quotidiennes. Aujourd’hui, une large part de la population travaille assise, devant un écran, avec une dépense énergétique minimale.
Consommer trois repas copieux – auxquels s’ajoutent goûters, snacks et boissons sucrées – dans un mode de vie sédentaire est mécaniquement problématique. L’organisme reçoit plus d’énergie qu’il n’en dépense. L’excès s’accumule.
Avec l’âge, le phénomène s’accentue : le métabolisme ralentit, les besoins diminuent, mais les habitudes restent. On mange par automatisme horaire, non par nécessité réelle. La sensation de faim, souvent redoutée, est parfois simplement le signal normal d’un corps qui régule.
Dans un monde d’abondance permanente, la discipline devient une vertu sanitaire. L’accès illimité à la nourriture n’implique pas que nous devions manger en permanence. L’organisme humain n’a pas été conçu pour une alimentation continue.
Revenir à des aliments simples est une étape. Réduire la fréquence et les quantités peut en être une autre. Il ne s’agit pas d’ascétisme ni de culpabilisation, mais de cohérence physiologique.
La crise sanitaire occidentale ne tient pas seulement à la qualité industrielle des produits. Elle tient aussi à la surconsommation. Manger mieux, oui. Mais peut-être faut-il aussi apprendre à manger moins.
Dans une société qui valorise l’excès et l’instantané, la modération apparaît presque subversive. Pourtant, c’est peut-être là que commence la véritable révolution alimentaire.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
2 réponses à “Manger mieux… ou simplement manger moins ?”
J’ai changé, avec ma famille (une femme et six filles) notre alimentation il y a 52 ans ! Depuis nous mangeons bio et surtout, différemment ! Et nous ne sommes pas tristes pour autant, mais TOUS, en bonne santé et certainement pas ruinés ! Mais il est sûr que de vouloir manger, à l’identique, mais bio coûte plus cher. Mais le problème principal n’est pas là, il est dans notre envie de bâffrer et de nous faire du bien quand cela passe derrière la cravate et ce, qu’elles qu’en soient les conséquences ! Et la maladie ne nous arrête pas ! Il y a la blouse blanche qui est supposée avoir la solution à tous nos problèmes, alors pourquoi se « compliquer » l’assiette ? La santé, nous voudrions tous la posséder, belle, bonne et soumise, sans avoir de comptes à lui rendre … Mission impossible ! Résultat des courses ? Une société hyper malade et hyper médicalisée aux bons soins d’une industrie médicale hyper friquée !
Demat d’an holl ; oui vôtre article démontre que manger à sa faim est important avec des aliments sains ; alors, quittons un repas en ayant encore faim ; faisons de l’exercice ; bougeons ; ce sont des conseils pertinents à suivre mais les mauvaises habitudes comme l’excès de soda sucré tous les jours ou le « coca »sont têtues et il faut les combattre quotidiennement. La chanson du jour = Etienne Daho « les Flocons de l’Eté »Kenavo