Le cancer colorectal devient la première cause de mortalité par cancer chez les moins de 50 ans aux États-Unis

Alors que la mortalité globale liée aux cancers recule fortement depuis plusieurs décennies, une évolution inquiétante se dessine chez les plus jeunes. Aux États-Unis, le cancer colorectal est désormais devenu la première cause de décès par cancer chez les moins de 50 ans, devant les cancers du poumon, du sein ou encore les leucémies. Une rupture nette avec les tendances observées dans les années 1990, où cette pathologie n’occupait que le cinquième rang dans cette tranche d’âge.

Cette conclusion ressort d’une analyse publiée sous forme de lettre de recherche dans la revue JAMA, fondée sur l’examen des registres nationaux de mortalité entre 1990 et 2023. Les auteurs montrent qu’en 2023, le cancer colorectal a atteint le premier rang des cancers les plus mortels chez les Américains de moins de 50 ans. Depuis 2005, le taux de mortalité lié à cette maladie dans cette population augmente de 1,1 % par an, alors même que, sur la même période, la mortalité globale par cancer chez les moins de 50 ans a chuté de 44 %.

Une évolution inattendue malgré les progrès médicaux

Cette progression va à l’encontre des prévisions établies au cours des décennies précédentes. Le développement des techniques de dépistage, en particulier la coloscopie, laissait espérer une diminution continue des décès liés au cancer colorectal, grâce à des diagnostics plus précoces. Jusqu’à récemment, environ 30 % seulement des personnes éligibles bénéficiaient d’un dépistage, ce qui laissait supposer que l’augmentation du dépistage entraînerait davantage de diagnostics, mais moins de décès.

Or, comme le souligne le gastro-entérologue Jason Korenblit, non impliqué dans l’étude, il ne s’agit pas simplement d’une hausse des diagnostics liée à une meilleure détection, mais bien d’une augmentation réelle du nombre de décès. Ce constat rend plus difficile toute explication fondée uniquement sur un biais statistique ou sur une évolution des pratiques médicales.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant que le dépistage systématique n’est généralement pas recommandé avant l’âge de 45 ans. Un adulte de 30 ou 35 ans, sans antécédents familiaux connus, ne bénéficie donc pas de suivi préventif, ce qui conduit souvent à des diagnostics tardifs.

Des formes plus avancées chez les jeunes patients

Les données analysées montrent qu’environ trois patients sur quatre diagnostiqués avant 50 ans présentent déjà une forme avancée de la maladie au moment de la découverte. Cette situation rend les traitements plus complexes et réduit leur efficacité.

Cette tendance constitue une évolution « dévastatrice », touchant des personnes au moment où elles entament leur vie professionnelle ou familiale. Historiquement, le cancer colorectal concernait majoritairement des patients de plus de 55 ans. Désormais, plus de 20 % des cas surviennent chez des adultes de moins de 55 ans.

Le cancer colorectal est souvent associé à des facteurs de mode de vie, notamment le régime alimentaire occidental riche en aliments ultra-transformés, la consommation de viande rouge, le tabagisme, l’alcool ou la sédentarité. Plusieurs études ont établi des liens entre ces facteurs et l’apparition de lésions précancéreuses, en particulier chez les femmes de moins de 50 ans consommant massivement des produits transformés.

Toutefois, les spécialistes soulignent que ces facteurs ne suffisent pas à expliquer l’ampleur du phénomène observé. Des données issues de centres spécialisés, notamment à New York, montrent que de nombreux jeunes patients atteints de cancer colorectal ne présentent ni obésité, ni tabagisme, ni autres facteurs de risque classiques.

Cette observation conduit certains chercheurs à formuler l’hypothèse d’expositions environnementales encore mal identifiées. Selon plusieurs oncologues, des facteurs apparus à partir des années 1960 ou 1970 pourraient affecter durablement les générations suivantes, sans que leurs mécanismes exacts soient encore compris.

L’étude rappelle que cette tendance spécifique au cancer colorectal contraste avec l’évolution d’autres cancers chez les jeunes adultes. Les décès liés au cancer du poumon et des bronches ont diminué en moyenne de 5,7 % par an entre 2014 et 2023. Les cancers du sein et les leucémies connaissent également un recul, probablement lié à des progrès en matière de dépistage et de traitements. Les cancers du cerveau affichent une baisse légère mais continue depuis la fin des années 2000.

Le caractère isolé de la progression du cancer colorectal chez les moins de 50 ans renforce l’inquiétude des chercheurs et alimente les appels à revoir les stratégies de prévention.

Des symptômes souvent sous-estimés

Un autre facteur clé réside dans la méconnaissance de la maladie, tant chez les patients que parfois chez les professionnels de santé. De nombreux symptômes – saignements digestifs, douleurs abdominales, troubles du transit – sont fréquemment attribués à des pathologies bénignes, comme les hémorroïdes ou le syndrome de l’intestin irritable.

Les spécialistes rappellent toutefois plusieurs signaux d’alerte devant conduire à une évaluation médicale approfondie : présence répétée de sang dans les selles, douleurs abdominales persistantes, modification durable du transit, anémie inexpliquée, fatigue chronique, perte de poids involontaire ou symptômes résistants aux traitements habituels.

D’après certains gastro-entérologues, des signes inquiétants étaient déjà observés avant même l’abaissement de l’âge recommandé pour le dépistage, passé de 50 à 45 ans aux États-Unis. Les projections estiment désormais que le cancer colorectal pourrait devenir, d’ici 2030, le cancer le plus fréquent chez les adultes âgés de 20 à 49 ans.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à “Le cancer colorectal devient la première cause de mortalité par cancer chez les moins de 50 ans aux États-Unis”

  1. PHILIPPE DE GEOFROY dit :

    Des études laissent supposer la responsabilité des aliment ultra transformés (autrement dit la malbouffe) qui est quand même une plaie aux États-Unis.

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