Dans les grandes villes, les cadres et les professions intellectuelles constituent le vivier habituel des listes de droite et de gauche ; les classes populaires sont ignorées. Lorsqu’il s’agit de monter la liste, c’est le trop-plein. Les places éligibles sont chères.
Vendredi 9 janvier, Johanna Rolland (PS), maire sortante, présente sa liste “La gauche unie pour Nantes “. Ses colistiers ont des profils très divers mais ont un point commun : ce sont, selon elle, des candidats « amoureux de la ville ». Et elle ajoute : « Cette liste est très représentative, je crois, de notre capacité à rassembler. Pas seulement les partis politiques, mais les Nantaises et les Nantais, les générations, les différents quartiers, ceux qui travaillent dans le public, ceux qui travaillent dans le privé. Quand nous avons une liste qui va de 20 ans à 71 ans, là aussi, ça dit des choses.» (Radio France, vendredi 9 janvier 2026) Tout cela est bel et bon mais, lorsque l’on examine les 69 candidats, on constate l’absence de représentants de la classe ouvrière ; Johanna Rolland ne connaît pas davantage les employés. Pourtant, on nous annonce des “profils très divers“ … Quant à la « capacité à rassembler (…) les Nantaises et les Nantais », elle ne dépasse pas le stade des paroles.
Qui sont les « amoureux de la ville » ? D’abord des professionnels de la politique, des gens qui en vivent : Johanna Rolland (PS), Olivier Chateau (PS), Robin Salecroix (PCF), Aziliz Gouez (Territoires 44), Ronan Dantec (Territoires 44), Marie Vitoux (Les Ecologistes), Bassem Asseh (PS), etc. Ensuite les femmes et les hommes que l’on ne trouve que dans une métropole : chargés de mission (Simon Citeau, Aicha Bassal, Marlène Collineau, Cyril Roussel, etc.), artiste et “cultureux“ (Aurélien Boulé Fournier, Sophie Lucas, Hervé Maigret, Joëlle Fonteneau, Denis Talledec, etc.), des consultants (Thomas Quéro, Agathe Bergel, Soufia Habbita, etc.). Mais un homme apporte une petite touche de fantaisie à cette écurie “classes supérieures et dirigeantes » : le n° 26 Christophe Jouin, 32 ans, brocanteur, qui appartient à la société civile.
Le « stationnement à prix modéré » pour les travailleurs
Dans une métropole, la population immigrée est importante dans certains quartiers. Et comme ces femmes et ces hommes sont aussi des électeurs, Johanna Rolland propose dix mesures pour « faire plus et mieux pour les quartiers ». Il est question de redonner vie aux commissariats de quartier qui ont disparu, mais aussi de cultiver l’« antiracisme » dont l’équipe veut faire une « action majeure, dans ce moment où l’extrême droite allume les braises » (Ouest-France, Nantes, vendredi 16 janvier 2026). N’oublions pas que les immigrés constituent l’une des clientèles électorales de La France insoumise… Johanna Rolland cherche donc à les récupérer.
Subitement Johanna Rolland s’est aperçue que les « travailleurs de l’aube », qui sont absents de sa liste, existent ; il fallait donc “faire quelque chose“ pour eux car ce sont également des électeurs. D’où l’idée de faire venir François Ruffin, député de Picardie, qui sait parler aux travailleurs de la deuxième ligne qui sont « souvent méprisés par la société ». Lors d’une rencontre avec ce dernier, elle explique doctement sa découverte : « Parce que ces travailleurs-là, ceux de l’économie ordinaire, représentent 48 % des emplois, selon les travaux de l’universitaire Magali Talandier. Ils sont absolument essentiels. » Avec son équipe de campagne, elle réfléchit à différentes propositions pour les aider « très concrètement », notamment la possibilité « d’un stationnement à prix modéré pour ceux et celles qui viennent travailler tôt le matin ». (Ouest-France, Nantes, jeudi 22 janvier 2026)
Bernard Morvan
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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