Le Tournoi des 6 Nations 2026 n’a pas fini de surprendre. Cette quatrième journée a complètement relancé une compétition que l’on croyait presque promise au XV de France. Au terme d’un week-end renversant, trois nations peuvent encore soulever le trophée lors de la dernière journée : la France, l’Écosse et l’Irlande. Et à voir ce qui s’est passé entre Dublin, Murrayfield et Rome, personne n’osera désormais jurer de rien.
Le fait marquant de cette journée, c’est évidemment l’exploit majuscule de l’Écosse face à la France. À Murrayfield, les hommes de Gregor Townsend ont livré un match gigantesque, probablement l’un des plus marquants de leur histoire récente, pour faire tomber les Bleus 50 à 40. Sept essais, une intensité folle, une capacité à étouffer les Français dans les moments clés, puis à les punir avec une férocité impressionnante : l’Écosse a joué un rugby de feu et de nerfs, porté par un public incandescent et par des individualités au sommet.
Darcy Graham a encore frappé, Kyle Steyn a marché sur le match, Finn Russell a orienté le jeu avec son mélange habituel de sang-froid et d’inspiration, et l’ensemble écossais a donné une leçon d’engagement. Pendant une longue séquence, la France a semblé submergée, presque débordée de toutes parts, incapable de contenir les vagues bleues venues de partout. Certes, les Bleus ont sauvé l’essentiel en arrachant un bonus offensif dans le dernier quart d’heure, ce qui pourrait compter très lourd samedi prochain. Mais ce revers est une alerte sérieuse. La France reste en tête, à la faveur de la différence de points, mais elle a perdu son matelas de sécurité et devra désormais battre l’Angleterre dans un climat autrement plus tendu que prévu.
Cette victoire écossaise change tout. Elle place le XV du Chardon dans une situation inespérée à l’orée de la dernière journée. Il faudra aller gagner en Irlande, ce qui reste un défi immense, mais l’Écosse est désormais en vie, pleinement, et elle l’a mérité. Surtout, elle a rappelé qu’elle n’était pas seulement une équipe brillante par intermittence, mais un candidat crédible au titre quand elle joue à ce niveau-là.
L’autre secousse de cette quatrième journée est venue de Rome. L’Italie a signé un exploit historique en battant l’Angleterre 23 à 18. Première victoire contre le XV de la Rose dans le Tournoi, première victoire tout court face aux Anglais en 33 confrontations : pour le rugby italien, c’est un jalon majeur. Et ce succès n’a rien d’un accident. Il récompense une progression déjà perceptible depuis plusieurs saisons, mais qui prend désormais une forme concrète, spectaculaire, et surtout crédible.
L’Italie n’est plus cette équipe simplement courageuse que l’on félicite pour ses efforts avant de la voir plier en fin de match. Elle monte en puissance parmi les grandes nations. Elle a désormais des joueurs de niveau international affirmé, un encadrement cohérent, une vraie confiance collective et une capacité nouvelle à faire basculer les matches. Menoncello a encore impressionné, Garbisi a tenu la baraque, la fin de match italienne a été pleine d’audace et de lucidité, et les Anglais, eux, ont craqué. L’Angleterre menait pourtant, mais elle s’est disloquée dans le dernier tiers du match, victime de sa fébrilité, de ses cartons et d’une forme de faiblesse mentale qui devient préoccupante.
Pour l’Italie, cette victoire est bien plus qu’un exploit isolé. Elle vaut symbole. Elle dit qu’un cap est en train d’être franchi. Le rugby italien, longtemps condamné au rôle de figurant, remonte bel et bien parmi les nations qui comptent. On ne parle plus simplement de progrès, mais de résultats. Et cela change la physionomie du Tournoi.
À Dublin enfin, l’Irlande a fait le travail sans convaincre totalement, en dominant le pays de Galles 27 à 17. Le bonus offensif est là, la victoire aussi, et comptablement les hommes d’Andy Farrell restent dans la course. Mais ce fut dur, bien plus dur qu’attendu. Le pays de Galles, pourtant malmené depuis le début du Tournoi, a opposé une résistance farouche, faite de plaquages, de fierté et de séquences défensives impressionnantes. L’Irlande a dû creuser, insister, encaisser, avant de faire la différence.
On a vu chez les Irlandais du caractère, ce qui n’est pas rien dans une journée aussi piégeuse. On a vu aussi certaines limites, notamment une difficulté à se mettre rapidement à l’abri et à imposer une domination constante. Leur victoire est celle d’une équipe solide, mais pas souveraine. Elle leur permet de rester maîtres d’une partie de leur destin avant un choc final face à l’Écosse qui ressemblera à une demi-finale avant l’heure.
C’est donc un Tournoi totalement relancé qui se présentera lors de la cinquième journée. La France est encore devant, mais elle n’a plus le droit au faux pas. L’Irlande est en embuscade et recevra l’Écosse dans un match qui s’annonce irrespirable. L’Écosse, justement, peut encore rêver d’un premier sacre dans l’ère moderne du Tournoi. Trois équipes, trois scénarios, une dernière journée sous haute tension : difficile d’imaginer meilleure publicité pour cette compétition.
Et c’est peut-être cela, au fond, la grande leçon de cette quatrième journée. Le rugby européen bouge. L’Écosse a prouvé qu’elle pouvait terrasser le favori. L’Italie a démontré qu’elle n’était plus condamnée aux rôles secondaires. L’Irlande a rappelé qu’elle savait souffrir. Quant à la France, elle sait désormais qu’elle devra aller chercher son titre jusqu’au bout, sans filet, sous pression, et sans la moindre marge.
Photo d’illustration : Six nations official
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
Une réponse à “Tournoi des 6 Nations. Écosse héroïque, Italie renversante, Irlande sous pression : un suspense total avant la dernière journée”
Ils ont rappelé aux Français qu’à Patay 1429 c’étaient eux qui avaient taillé des croupières aux Anglais. Flower of Scottland mar blij deoc’h!