À quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme de l’Entretien de Parcours Professionnel (EPP), prévue pour le 1er octobre 2026, les entreprises françaises semblent encore loin d’être prêtes. Selon une enquête menée auprès de plus de 3 500 salariés et professionnels des ressources humaines, une large part des organisations n’a pas encore engagé les démarches nécessaires pour se mettre en conformité.
Dans un contexte déjà marqué par une accumulation de nouvelles obligations réglementaires pour les entreprises, cette réforme vient ajouter une contrainte supplémentaire pour des services RH souvent déjà sous tension.
Une réforme encore largement méconnue des salariés
Si les professionnels des ressources humaines commencent à identifier les contours de la réforme, les salariés restent pour leur part très peu informés. Selon l’étude, plus de la moitié des salariés (53 %) déclarent ne pas connaître ou ne pas comprendre réellement la réforme de l’entretien de parcours professionnel.
À l’inverse, du côté des ressources humaines, la réforme est globalement identifiée : 71 % des responsables RH disent en avoir connaissance, dont près de quatre sur dix qui affirment la maîtriser pleinement. Cet écart de perception souligne un déficit d’information important au sein des entreprises.
Des équipes RH encore peu préparées
Même parmi les professionnels concernés, la préparation reste très inégale. Près d’un tiers des responsables RH reconnaissent ne pas maîtriser réellement les implications de la réforme ou n’en connaître que les grandes lignes.
Plus inquiétant encore, l’enquête montre que la mise en conformité progresse très lentement. À six mois de l’échéance, 61 % des entreprises n’ont toujours pas entamé les démarches nécessaires. Parmi elles, certaines n’ont tout simplement pas encore lancé le processus.
Seule une minorité de services RH semble réellement prête : à peine 5 % déclarent avoir déjà déployé un dispositif complet avec suivi et outils adaptés.
Des obligations juridiques qui inquiètent les entreprises
La réforme de l’EPP ne se limite pas à un simple entretien annuel. Elle impose un dispositif structuré, documenté et traçable, destiné à suivre l’évolution professionnelle des salariés, leurs compétences et leurs perspectives de formation.
En cas de manquement, les entreprises s’exposent à des sanctions financières. L’une des principales concerne l’obligation d’abonder le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié concerné à hauteur de 3 000 euros lorsque les obligations légales ne sont pas respectées.
Dans les PME, où les équipes RH sont souvent limitées, le risque financier peut rapidement devenir significatif si plusieurs salariés sont concernés.
Des outils encore insuffisants dans les entreprises
L’étude met également en évidence un problème d’organisation. Une majorité d’entreprises ne dispose pas encore d’outils adaptés pour gérer correctement ces entretiens professionnels.
Seuls 22 % des services RH utilisent aujourd’hui un logiciel capable de couvrir l’ensemble du processus : convocation, compte rendu, signature et traçabilité. Beaucoup continuent de fonctionner avec des documents Word, des tableurs ou des échanges d’e-mails.
Face à ces difficultés, une forte intention d’équipement se dessine : près de sept entreprises sur dix envisagent d’adopter un outil dédié au cours de l’année 2026.
Un dispositif perçu différemment selon les acteurs
La perception de ces entretiens professionnels diffère fortement selon les interlocuteurs. Près de la moitié des responsables RH considèrent l’EPP comme un outil utile pour accompagner les carrières et structurer les parcours professionnels.
Du côté des salariés, l’enthousiasme est nettement plus limité. Beaucoup y voient surtout une formalité administrative ou un rendez-vous obligatoire dont les effets concrets restent incertains.
Pour certains observateurs du droit du travail, cette réforme illustre aussi la complexité croissante du cadre réglementaire imposé aux entreprises françaises, notamment aux PME qui composent l’essentiel du tissu économique.
À moins de sept mois de l’échéance, une chose apparaît certaine : le chantier de la mise en conformité ne fait que commencer pour une grande partie des entreprises. Et le compte à rebours est désormais lancé.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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