Morbihan. L’Éducation nationale ordonne aux enseignants de s’attaquer à Vigi-Gender

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30/01/2017 – 05H30 Vannes (Breizh-info.com) – L’Education nationale ne veut pas que les Vigi-Gender, opposants à l’idéologie du genre et à l’indifférenciation des sexes, puissent avoir droit de cité dans les établissements scolaires. C’est un e-mail reçu par une enseignante du Morbihan qui l’a interpellée et choquée. Il est signé de la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale du Morbihan et nous le reproduisons ci-dessous :

« Mesdames, Messieurs les chefs d’établissement,

L’association Vigi-gender, qui se présente comme un « collectif de parents s’engageant pour promouvoir une École excluant le genre (gender) comme partie effective des programmes et activités scolaires et extra-scolaires », procède à nouveau à des envois en nombre de sa brochure Le genre en images. Elle saisit cette occasion pour inviter les directrices et directeurs d’école, ainsi que les personnels de direction, à mettre cette brochure à disposition de l’ensemble de la communauté éducative et, ainsi, de « l’éclairer sur le sujet de l’identité ».

A partir d’exemples tirés de manuels, des ressources produites dans le cadre de la formation des personnels ou encore utilisées dans le cadre des enseignements ou des actions éducatives, enfin du matériel éducatif utilisé par des associations bénéficiant d’un agrément national et intervenant auprès d’un public scolaire, il est tenté de démontrer que le ministère poursuit un objectif d’indifférenciation des filles et des garçons et de promotion de l’homosexualité.

Je vous demande de nous avertir  (ce.iena56@ac-rennes.fr) si vous avez reçu et/ou si vous recevez prochainement ce type de brochure et également d’en empêcher la diffusion

« Que va faire notre  Inspection ? »

Le livret distribué en question est téléchargeable ici. Des enseignants d’autres département nous ont également confirmé avoir reçu ces brochures. « Et alors, que va faire notre Inspection ? On va être brûlé sur la place publique parce qu’on diffuse cette brochure ? Ils sont devenus fous. L’Éducation nationale est dirigée par des ayatollahs. » nous confie cette enseignante des Côtes d’Armor.

« Ce livret, après une brève présentation du concept de genre, donne des illustrations concrètes réelles de sa diffusion à l’école et dans la société. Il veut aider chacun à prendre conscience de l’existence de ce concept idéologique, afin, s’il le souhaite, d’être en mesure d’agir pour stopper sa diffusion » peut-on y lire. L’Education nationale n’admet en effet pas que des exemples précis (et donc pas inventés) de ce qu’on trouve dans certains manuels scolaires ou dans certaines directives nationales ou européennes soient indiqués aux professeurs sous forme d’avertissement, afin qu’ils n’enseignent pas « n’importe quoi ».

Voici quelques exemples ci-dessous que l’on retrouve dans la brochure diffusée :

Derrière ces ordres donnés aux enseignants de retirer les brochures et d’en empêcher la diffusion, se trouvent des syndicats politisés de gauche de l’Education nationale. Ainsi le SNUIpp, premier syndicat chez les enseignants du primaire, écrivait déjà fin 2016 : « Le SNUipp-FSU a écrit dès vendredi 30 septembre à la ministre pour l’alerter sur ces envois et lui demander de s’adresser aux équipes enseignantes afin de les conforter dans leur action au quotidien concernant l’égalité filles/garçons et la lutte contre toutes les discriminations.». Et produisait un article intitulé comment répondre aux brochures Vigi-Gender.

Pour ce syndicat « C’est simple… cette théorie n’existe pas. Il existe des recherches sur le genre, qui est alors parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément). Ceux qui s’élèvent contre le « genre » sont ceux qui en réalité sont les gardiens du temple de ce système.» tout en « offrant » des réponses plutôt troubles : «  Si l’école travaille sur les stéréotypes filles-garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons. Les enseignants ne mettent pas « dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ». Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement. On leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers…»

En septembre, à la rentrée, 20.000 écoles auraient reçu cette brochure, dont la nouvelle mouture est envoyée en ce début d’année 2017. Le pape François avait mis en garde en 2016 toujours «contre la théorie du genre» dans les «livres d’écoles».

Dans le Morbihan et en Bretagne plus globalement, certains enseignants ont toutefois l’intention non seulement de garder, mais aussi de diffuser ces brochures au plus grand nombre. « Ils ne pourront jamais, à moins de nous retirer la garde de nos enfants et de nous licencier, nous empêcher de les éduquer et de les instruire comme nous le souhaitons » nous confie ce professeur détaché, bientôt à la retraite.

Photo :DR
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