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11/12/2013 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – Fermé en 2012, pour rénovation et agrandissement, le « palais des beaux arts » (son nom d’origine, en 1900) de Nantes est un musée municipal. Ses collections de peintures sont parmi les plus riches de France. Il ne rouvrira pas avant 2018. De quoi ranger ce chantier avec quelques autres, pharaonesques, qui sont la marque de la municipalité Ayrault : délais repoussés, dépassements budgétaires…
L’actuel musée est un édifice caractéristique de l’architecture bâtarde car éclectique de la Troisième république qui, faute de parvenir à un « style républicain », empruntait aux différentes époques de la monarchie. Sa conception intérieure se veut spectaculaire avec un escalier monumental à double volée, de grandes et petites galeries distribuées autour d’un immense et lumineux patio. Sur la rénovation des parties existantes pas d’informations ; sur l’agrandissement et en particulier le « cube » des propos d’architectes (cabinet Stanton-Williams) experts en formules hermétiques qui les préservent de toute critique.
Ajoutée à celle du musée Dobrée, la fermeture du musée des beaux arts prive Nantes d’un haut lieu de sa vie culturelle. Jouxtant le musée, la chapelle de l’Oratoire (1665) en est désormais partie intégrante. Elle reçoit des expositions temporaires supposées compenser la fermeture. Et c’est là que le bât blesse. Compte tenu du nombre d’œuvres majeures conservées, on s’attendait à les voir présentées par séquences thématiques ou chronologiques, Renaissance italienne, maîtres flamands et hollandais, XVIIème siècle français, romantiques, peintres du premier XXème siècle…
Ce n’est pas le choix retenu. On lui a préféré de petites choses traitant de petits maîtres. L’inspiration et l’envie sont tournées vers des courants picturaux désuets, académiques. Ainsi l’exposition en cours, « La Lyre d’ivoire » qui exalte le nantais Henry Pierre Picou (1824-1895), son inspirateur Jean-Léon Gérôme et une kyrielle de suiveurs réputés « néo-grecs ». Une peinture atrocement « pompier » qui ramène l’Antiquité à des décors de carton-pâte juste bons pour « La Belle Hélène » d’Offenbach ou encore pour vanter la succulence d’un certain « rocher ».
La muséographie retenue va dans ce sens, elle est du genre bonbonnière, si précieuse qu’on aimerait se pencher sur son coût final ; tout comme le catalogue, plus somptueux que les plus coûteux de la R.M.N. et, forcément, invendable.
A quoi pense madame Blandine Chavanne, directrice du musée ? Sûrement pas à valoriser les plus belles pièces de son musée. Elle préfère se tourner vers l’art qui s’invente et qu’abritera le nouveau musée :« Nous sommes un socle sur lequel toute la création contemporaine peut s’appuyer et se projeter (…) C’est la raison pour laquelle, dans notre projet d’extension, ce sont les collections contemporaines qui sont privilégiées… » (Journée d’études : « Qu’est-ce qu’un musée d’art pour le XXI° siècle ? » , Nantes, 27/10/2010).
Une démarche qui a le mérite de la cohérence et de la franchise. De moins en moins comprises et appréciées par la nouvelle génération, dépossédées de repères culturels et patrimoniaux, les vieilles collections seront mises sous sarcophage. Mais on ouvrira le « cube » à l’art qui s’affranchit des frontières, transgresse les identités pour mieux s’afficher art mondialisé, fric et frac.
Jean HEURTIN
* La Lyre d’ivoire, chapelle de l’Oratoire, 25 octobre 2013- 26 janvier 2014.
* Passage Sainte-Croix, du 6 décembre 2013 au 8 février, trois des plus beaux tableaux de Georges de La Tour, La Nativité (Rennes), L’Apparition de l’ange à Saint-Joseph et Le Reniement de saint Pierre (Nantes).
Photo : Pymouss 44/Wikimedia (cc)
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Une réponse à “Nantes : le musée fantôme”
hum!!! ça pue les extrêmes ici; les extrêmes en voie de disparition qu’on entend tant en ce moment…le dernier râle avant l’extinction définitive d’une espèce nauséabonde; regardez donc les étoiles un peu plus en ce moment on a un ciel dégagé et éclairé..vous qui n’aimez que ce qui est clair..ça rendra vos articles peut être plus intelligents