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12/12/2013 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – Un jour peut-être, le musée fantôme reviendra à la vie. La tâche paraît si écrasante que la ville de Nantes vient de lancer un appel d’offres intitulé « Conduire la transition du Musée des Beaux Arts de la Ville de Nantes » afin de trouver un prestataire à la hauteur.
Le conducteur recherché devra « Co-construire et mettre en oeuvre une démarche de projet de transition du « Musée des Beaux Arts vers le musée d’Arts ». Le marché comprend deux tranches. L’une, ferme, est « axée sur le co-pilotage de la formalisation du projet d’établissement et du projet scientifique et culturel ». L’autre, conditionnelle, « concerne la mobilisation et l’organisation cible dès la connaissance des spécifications des bâtiments ».
Le plafond budgétaire fixé est de 120.000 euros, ce qui confirme que le travail n’est pas mince. Le copilotage demandé se fera avec « le Directeur général adjoint Organisation et Ressources humaines, le directeur général adjoint de la Culture et la directrice du musée des beaux Arts ». On note que l’actuelle directrice n’occupe que la troisième place dans cette énumération. L’opération ressemble assez à une mise sous tutelle de Blandine Dechavanne.

Le Gorille enlevant une femme d’Emmanuel Fremiet (1824-1910), par ailleurs auteur de la statue de l’archange qui couronne le Mont Saint-Michel et des statues équestres de Bertrand du Guesclin à Dinan et de Jeanne d’Arc à Paris. Cette statue de plâtre est l’un des morceaux de bravoure du musée des Beaux-arts de Nantes. Une allégorie pour Blandine Dechavanne ?
La ville de Nantes attend de son prestataire une surveillance rapprochée. Pas moins de dix jours par mois, il devra assurer « une présence soutenue et un soutien actif sur le terrain auprès de l’équipe dirigeante et du personnel administrative et technique ». Tous les quinze jours, il rendra compte des actions en cours par courriel aux responsables de la ville.
Recrutée début 2003 par Jean-Marc Ayrault, la précédente directrice du musée, Corinne Diserens, avait été poussée en touche au bout de trois ans. Il avait fallu des mois pour lui trouver une remplaçante. Qui à son tour paraît sur la sellette. Si l’on croit aux fantômes, on peut se dire qu’une malédiction plane sur le musée. Si l’on n’y croit pas, il faut bien s’interroger sur sa gestion par la mairie de Nantes.
En effet, plus de deux ans après la fermeture du musée, les travaux de rénovation et d’extension sont pratiquement au point mort. Quelques mois avant de devenir Premier ministre, Jean-Marc Ayrault affichait dans son blog « la promesse d’un grand musée d’art à Nantes ouvert à tous les publics en 2013 ». La réouverture, dit-on à présent, n’aura pas lieu avant 2018. Et les dépassements de budgets s’annoncent considérables. Pour endosser la responsabilité de ce fiasco, il faudra bien désigner un bouc émissaire. On croit deviner à qui pense la municipalité nantaise.
Crédit photo : Musée des Beaux-Arts de Nantes, [cc] Pymouss via Wikimedia Commons. Gorille de Fremiet, domaine public
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