20/12/2013 – 06H00 Nantes (Breizh-info.com) – A Nantes, la vie culturelle procède de cette recette bien connue. Au Parti socialiste, à ses satellites, appendices et alliés l’essentiel, à la droite les rogatons. Avec un brin de complaisance ou de bêtise de la part de la dite droite nantaise qui, depuis les regrettés Henry Orion (vichyste repenti, maire de 1947 à 1966), André Morice (grand dérouleur de barbelés, 1947-1966) et Michel Chauty (représentant en tissus, 1983-1989) est à ranger parmi les plus bêtes de France.
Prenons l’histoire, le patrimoine et la mémoire, tout est désormais entre les mains d’une clique de gens qui se connaissent depuis des lustres, néo et crypto-staliniens, gauchistes de tous poils, chrétiens ayraultistes, tous d’accord désormais pour défendre et fortifier un socle idéologique qui mêle repentance et promotion d’une culture-monde où le « tissé métisse » règnera en maître. Le « Dictionnaire de Nantes »  – maître d’œuvre Alain Croix – est l’aboutissement de cette captation historique et mémorielle.
En face, un prix, le « Grand prix du Livre d’Histoire Ouest-France/Société Générale ». Un prix dont l’initiative revient à l’historien Philippe Tourault, membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, une institution fossile incapable de trancher entre une entité culturelle plus que millénaire et une région-programme bâtarde.
Depuis 2007, le prix est revenu à des auteurs bien estimables et peu dérangeants, Eric Roussel, Frédéric Beauvillois, Alain-Gilles Minella, Jean-Yves Le Naour, Michèle Cointet… Mais, cette année, le virage est en épingle. Le prix revient à Charles Zorgbibe pour son ouvrage « Le choc des empires, Napoléon et le tsar Alexandre » (de Fallois). L’auteur, né en 1935, est juriste et historien spécialiste des relations internationales ; il a d’ailleurs enseigné à la faculté de droit de Nantes. A son actif plus de 40 livres dont des biographies de Théodore Herzl, Mirabeau, Kipling, Metternich et Guillaume II, une palette qui laisse un peu rêveur…
Charles Zorgbibe est très marqué à droite, il tient une chronique à Radio Courtoisie. En matière de relations internationales, il défend une ligne de conduite qui procède directement de la realpolitik chère à Henry Kissinger. Il est aussi un contempteur radical des institutions européennes qu’il tient pour responsables du recul de notre continent. Un choix audacieux pour ce prix bien provincial mais justement, au vu de tout ce qui s’est dit à sa remise, le 7 décembre, au château des ducs, en présence annoncée du préfet de région, de l’adjoint à la culture de la ville de Nantes Jean-Louis Jossic, on peut se demander si tout a été bien soupesé par la puissance invitante.
Les idées et les choix idéologiques du professeur Zorgbibe sont passés très largement au-dessus des têtes d’un public rassis et même chenu. Philippe Tourault a parlé d’un livre « remarqué et remarquable » mais il en est resté là. Quant à la table ronde, menée mollement par Béatrice Limon (Ouest-France), elle a égrené des propos bien lénifiants.
Le pâté de cheval et d’alouette n’a rien de succulent. Dans le cas présent, il est le fait d’un chef un peu jobard mais vrai carriériste qui est parti d’une recette mitonnée au 29 rue de Strasbourg. Donc une once d’alouette et une tonne de cheval. Mais l’on ne conseille pas au chef de reconduire cette mitonnée « Zorgbibe » car il y a des lignes vertes – pardon des limites – à ne pas franchir.

 Jean HEURTIN

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