07/03/2014 – 09H00 Saint-Nazaire (Breizh-info.com) – Candidat aux élections municipales de Saint-Nazaire sur la liste de Jean-Claude Blanchard (RBM) Philippe Bescond-Garrec est  engagé depuis 2010 au sein du Front National. Ce militant explique ici les raisons de son engagement dans le parti de Marine Le Pen. Il répond sans détour à la question que beaucoup se posent : l’engagement au FN est-il compatible avec le militantisme breton (culturel ou politique) ?  Breizh-info.com a recueilli son témoignage.

Breizh-info.com :  Philippe Bescond-Garrec, pouvez-vous vous présenter ? 

Philippe Bescond-Garrec : Je suis Breton de souche et je n’ai aucune difficulté à me définir ainsi, quelle que soit la réprobation  que cette affirmation suscite de nos jours. Je suis issu  d’une lignée de marins pêcheurs et d’ouvrières de conserveries, de Douarnenez dans le Finistère. Mes parents, bretonnants, tous les deux, se sont installés à Saint-Nazaire dans les années 60. J’ai donc grandi, à l’ombre des chantiers navals dans une ville au passé riche de luttes syndicales et ouvrières, à laquelle je suis très attaché. Puis, comme nombre de Bretons, je suis « monté » à Paris, pour y exercer différents métiers dans l’hôtellerie de luxe.

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement au FN ?

P. B-G. : C’est à Paris, et principalement sous le municipe de Bertrand Delanoë, qu’a pris corps mon engagement politique. Habitant le 18e arrondissement, je n’ai pu que constater l’exode forcé des classes populaires vers les périphéries urbaines et le remplacement de celles-ci par une immigration de peuplement venue principalement du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne. La sociologie de mon quartier a rapidement évolué et je me suis trouvé confronté à la multiplication de signes d’appartenances communautaires de la part de ces populations, tels que le voile, intégral ou pas, les commerces halal et les prières de rues de la Goutte d’Or. Face à l’inaction et à la complaisance des élus socialistes à ce sujet, j’ai saisi l’occasion de l’organisation du fameux « Apéro saucisson-pinard », le 18 juin 2010, par les rédacteurs du journal en ligne Riposte Laïque, le Bloc Identitaire et Christine Tasin, pour m’engager activement dans la lutte. J’ai rejoint dès sa création l’association Résistance Républicaine fondée par Christine Tasin, d’abord  rédacteur, je suis devenu Responsable-adjoint du groupe régional.

Vous avez toujours milité en faveur de la Bretagne et des Bretons. Qu’est ce qui explique votre ralliement au Rassemblement Bleu Marine  à Saint Nazaire, dont les positions  peuvent apparaitre souvent incompatibles avec le militantisme breton ?

P. B-G. : Un Breton, lorsqu’il se retrouve loin de sa patrie charnelle et des siens, est en quelque sorte un ambassadeur. Il cherche à partager la richesse de son patrimoine avec le plus grand nombre et à le faire rayonner. Mon adhésion au RBM date de 2010 et il est lié à la problématique de l’immigration de peuplement et à ses conséquences. Je sais gré à Marine Le Pen , la première en tant que responsable d’un grand parti, d’ avoir évoqué le scandale de l’occupation de la voie publique par des prières de rues, en contravention avec la loi de 1905. Elle est la seule personnalité politique d’envergure à s’être indignée de la généralisation de l’abattage rituel, du halal dans nos assiettes à notre insu et de la dîme religieuse liée à ces pratiques, au mépris des lois sur le bien être animal et la laïcité.

Je suis et Français et Breton, et je mesure le danger que font courir à nos sociétés européennes et par là à l’identité de nos patries charnelles, l’immigration de peuplement, le métissage institutionnel, le relativisme culturel, la culture généralisée de l’excuse et de la repentance. Le Front National et le RBM sont les seuls partis  attentifs à mes préoccupations, afin de défendre et faire valoir mes droits  à vivre et travailler au pays selon les us et coutumes qui sont les miens, dans le respect de nos traditions ancestrales.

Le RBM Saint Nazaire mène une des campagnes les plus actives sur la Bretagne pour ses municipales. Qu’est ce qui explique cela ? Comment êtes-vous accueilli sur place ?

P. B-G. : Notre tête de liste aux Municipales 2014, Jean-Claude Blanchard, candidat lors des élections législatives de 2012, obtint le score honorable de plus de 9% des suffrages exprimés. Il existait donc une attente pour une alternative aux partis politiques traditionnels, dans cette ville gouvernée par les socialistes depuis 89 ans sans interruption, avec une opposition inaudible et relativement complice.

C’est à lui, infatigable combattant  issu du milieu ouvrier et à quelques militants très actifs, que nous devons le renouveau d’une section qui voit affluer les adhésions au fur et à mesure que l’échéance se rapproche. Le passé ouvrier  de Saint-Nazaire, l’attachement à leur région des jeunes générations qui souhaitent vivre et travailler au pays, expliquent sans doute la dynamique de la liste Saint-Nazaire Bleu Marine et l’accueil favorable qu’elle reçoit. Lors de tractages sur les marchés, où notre présence est désormais familière, les insultes sont rares et les menaces quasi inexistantes.

Nous posons des jalons pour qu’au delà des prochaines échéances municipales et européennes l’implantation et la visibilité de notre mouvement deviennent incontestables. Nous avons pris des engagements auprès des Nazairiens et  nous nous faisons  forts, si nous sommes élus, d’œuvrer avec ardeur, détermination et probité pour le bien commun.

Le Front National peut-il évoluer et accepter de ne plus traiter les Bretons « comme des Français comme les autres » ? Reconnaîtra-t-il un jour le particularisme de la Bretagne?

P. B-G. : Je ne suis pas au fait des perspectives de changement de position du Front National, parti jacobin, au regard du particularisme breton en particulier. Ce que je sais par contre, c’est qu’il reconnait la diversité des régions historiques et l’attachement des Français aux patries charnelles que sont nos anciennes provinces. Le Front National ce sont, avant tout, des hommes et des femmes enracinés, fiers de leur culture, attachés à leur mode de vie, à leurs traditions et à leur art de vivre.

Ce qui me fait penser que ce seront les Bretons, dont le sentiment d’appartenance à une vieille « nation » est fort, sensible, qui feront « changer » le Front National de l’intérieur, à tout le moins au niveau local qui nous intéresse.

Je peux témoigner de cette ouverture à nos spécificités qui s’est manifestée au cours de l’élaboration de notre programme. Mon engagement pour la « cause » bretonne étant connue de l’ensemble de mes camarades et partagée par un grand nombre, j’ai fait en sorte, avec l’accord de tous, que soient évoqués les thèmes de la reconnaissance et de la valorisation de l’identité bretonne de Sant-Nazer, de notre souhait de voir flotter le Gwen-ha-du au fronton de la mairie et du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne historique. Ces éléments, intégrés à notre programme pour les municipales ont reçu l’assentiment de la direction nationale du Front National. En ce sens, j’ai le sentiment du devoir accompli.

Comment expliquez-vous que sur d’autres communes bretonnes, l’implantation du FN soit  encore aussi faible en termes de militantisme ?

P. B-G. : Contrairement à d’autres régions, du Nord et du Sud, il n’existe pas, encore, de figure locale régionale d’envergure en Bretagne, susceptible d’impulser une dynamique et d’entraîner dans son sillage les énergies militantes à même d’enraciner localement le Front National. Saint-Nazaire est une exception de part sa culture militante syndicale et ouvrière. Mais le réseau militant se structure et prend de l’ampleur. La présence de listes du RBM à Rennes, Fougères, Vannes, Quimper… montre que nous ne sommes qu’au début de l’implantation de notre parti sur des terres longtemps réservées aux partis d’opposition classique.

Comment voyez-vous la Bretagne en 2032, cinq siècles après la fin de l’indépendance du duché ?

P. B-G. : Faisons un rêve, et il me plaît de le faire ! Une fois les périls qui nous menacent écartés et la douceur de vivre retrouvée selon nos us et coutumes, les liens forts, tissés avec nos frères d’armes Français, dans le bruit et la fureur d’un combat  victorieux qui aura failli nous anéantir l’un et l’autre, nous permettent d’envisager la renaissance  de notre vieille nation pluri séculaire. Les États de Bretagne sont rétablis dans leurs droits, le Parlement de Bretagne réunit ses députés nouvellement élus et établit un calendrier pour l’organisation d’un référendum d’initiative populaire en vue d’une forme d’autonomie de la Nation bretonne.  Bevet Breizh !

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1 COMMENTAIRE

  1. « je suis francais et breton » on peux pas etre les deux . c’est pas avec ce partis qu’ on aura l’ indépendance de la bretagne en 2032 .

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