L-Etat-PS

01/04/2014 – 07H00 Quimper (Breizh-info.com) – Le réveil a dû être encore plus difficile que dans d’autres départements pour la section finistérienne du Parti socialiste. Les amis de François Hollande ont en effet subit une deuxième vague de revers aux élections municipales ce dimanche, après les revers du premier tour.

Hormis Brest, où François Cuillandre (52,71%) ne doit sa deuxième réélection qu’à la désunion de la droite- l’UMP n’ayant adoubé aucun candidat et Bernadette Malgorn ayant refusé toute alliance avec Laurent Prunier ou avec Alain Rousseau, les autres candidats de droite ou du FN – et à un certain clientélisme , nombreuses sont les cités dirigées par la « pieuvre rose » à avoir élu des maires de droite ou issus de la société civile.

Ainsi, Quimper a vu la large victoire de Ludovic Jolivet (56,65% pour le candidat UMP-UDI), allié au second tour avec Isabelle Le Ball (Modem), face à Bernard Poignant, conseiller et ami de François Hollande.
Dans la foulée, c’est Rosporden, bastion du PS, commune dirigée par Gilbert Montfort depuis 1977 (et anciennement communiste), que convoitait l’ambitieux Michel Loussouarn – un conseiller général pur produit du PS – qui est tombé. Christine Le Tennier (divers droite) a en effet été élue grâce aux 58,73% des voix récoltées, signe d’une envie des électeurs de tourner la page du règne sans partage d’une certaine gauche.
A Moëlan sur mer, là encore, le Parti socialiste est balayé puisque le maire sortant, Nicolas Morvan, conseiller régional, n’obtient que 24,44% des voix face au candidat de droite Marcel Le Pennec (56,38% des voix) dans une quadrangulaire.

Dans les villes déjà détenues par la droite comme  Morlaix, Châteaulin, Douarnenez, Concarneau et Landivisiau, la gauche est également éliminée.

Maigre consolation pour un parti jusqu’alors tout puissant en Finistère : Quimperlé où le PS Michel Quernoz reprend la ville et Guipavas, où l’influence de la municipalité socialiste de Brest explique l’élection de Gurvan Moal.

Ces élections mettent donc en évidence la victoire de la droite (avec ou sans étiquette) dans le Finistère, ainsi qu’une débâcle du Parti Socialiste qui pourrait signifier un effondrement à venir du « bastion de carte » lors des prochaines échéances électorales.
Réélu maire de Carhaix sous l’étiquette divers-gauche, Christian Troadec a manifestement bénéficié – sans doute comme les candidats de droite ou de la société civile – de « l’effet Bonnets rouges » et de la défiance généralisée vis à vis du pouvoir et du gouvernement en place.

« Ces résultats sont plus qu’une sanction, ils sonnent comme une punition. » écrit sur son blog Jean-Jacques Urvoas (PS). Le député du Finistère, qui estime que « les électeurs tiennent visiblement notre bilan pour inexistant, nos actes pour insignifiants et nos réformes pour de simples effets d’annonce« , affirme que  « c’est donc avant tout une méthode de gouvernement qui vient d’être sévèrement rejetée. Nous n’avons qu’une seule voie de salut : il faut du professionnalisme au service des choix délicats qui s’annoncent. En un mot, réhabiliter notre politique non par la communication mais par l’action au service de la justice sociale. » Vaste programme…

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