Paimboeuf : le plus ancien monument de la ville se dégrade [tribune libre]

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Les années passent, le département de la Loire-Atlantique se développe et Paimboeuf reste sur le bord du chemin. Les années passent, les villes du département protègent et mettent en valeur leur patrimoine et Paimboeuf l’ignore. Les années passent, le pays Nantais change et va de l’avant, Paimboeuf non.

La belle endormie pourrait être un second Trentemoult, ses hôtels particuliers du XVIIIe siècle pourraient attirer les touristes, mais elle ne se vit qu’en banlieue perdue – loin de tout, privée de train – de Nantes et de Saint-Nazaire. Avec pour seul horizon les tuyaux et les cheminées de la raffinerie de Donges et de la centrale de Cordemais. S’il n’y avait qu’un bac, tout changerait peut-être et Paimboeuf attirerait à nouveau. La Loire manque cruellement de point de passage, et presque en face de la ville, se trouvent la gare de Donges, et la route départementale 4 (rue du Galion) qui passe au bord du fleuve pour entrer sur le territoire du port.

Témoin du déclin de la ville, la chapelle Saint-Charles, plus ancien monument de la ville. Construite en 1704 suite à un don de la Compagnie des Indes, elle est sans doute le premier lieu de culte du Paimboeuf moderne. Son premier retable est offert en 1720 suite à une épidémie de peste. Restaurée au XIXe, elle est attachée à l’hôpital général de Paimboeuf richement doté par les négociants de la place.

Depuis, la sous-préfecture a fermé en 1926 – c’est aujourd’hui une mairie un peu vieillotte – puis les gares (de la ligne de Pornic et de celle de Nantes) en 1939. L’hôpital lui aussi n’est plus. Son grand bâtiment historique est vide, une annexe occupée par la trésorerie et la partie moderne par une maison de retraite. La chapelle désaffectée est passée à la mairie. Qui l’entretient avec des bouts de ficelles. Ainsi des bouts de plexiglas balafrent les vitraux grêlés de trous, le bas d’une gouttière est écrasé et hâtivement consolidé. Si le toit de tuiles semble encore solide, le clocheton en ardoises est de plus en plus fragile au fil des ans. Ses ardoises s’envolent vers des horizons plus cléments, et début 2014 les voliges sont à l’eau. Le clocher prend l’eau, et la voûte probablement aussi.

C’est à la mairie que revient l’entretien des édifices communaux, et notamment leur mise hors d’eau. Mais la mairie ne fait rien – c’est presque une marque de fabrique, selon Dominique Golle, l’opposant de droite aux dernières municipales. « Il n’y a pas grand-chose à faire pour restaurer la chapelle. Quelques ardoises à remettre sur le clocheton, des tuiles à ré-arranger, une gouttière à remplacer, des fenêtres à réparer – au moins avec du verre blanc plutôt que du plexiglas ». Mais la municipalité préfère ne rien faire, peut-être pour attendre que le clocher s’envole carrément et qu’il faille faire des travaux plus coûteux. A la vérité, la municipalité ne sait pas quoi faire de cette chapelle, bien qu’un projet de la transformer en salle d’exposition ait été soulevé en 2011.

Très rarement, elle est ouverte à cette fin. Mais quasiment jamais aux touristes, et pour la voir il faut écrire au maire. Avec peu d’espoir de réponse. Car pour répondre à une ou deux questions, la mairie de Paimboeuf (3.300 habitants) se prend pour une mégalopole. « Si on ne vous répond pas, renvoyez un message,  attendez un mois, puis un autre, puis encore…», répond-on textuellement en mairie. L’impéritie municipale dans toute sa splendeur. Et avec le nouveau maire, directeur d’école et donc

Bref, le plus ancien monument de la ville se dégrade et la municipalité s’en fiche. Après tout, avec l’hôpital, ce n’est qu’une friche de plus dans une ville qui en compte tant. Comme cet ancien cinéma, ou ce hangar très décati côté Loire. Et le quai. « Il y a une trentaine de pavés à remettre, ça fait des années que la mairie en parle, mais ne fait rien », s’étonne Dominique Golle.  Les paimblotins se résignent pendant que la délinquance augmente doucement mais sûrement. La ville concentre les pauvretés et le délaissement. Paimboeuf décline, Paimboeuf se meurt, son patrimoine pourtant magnifique se dégrade. Serez-vous étonnés ? Paimboeuf est une citadelle socialiste.

Alain Lambert

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