Jared_taylor

22/05/2014 – 08H00 Washington (Breizh-info.com) – A quelques jour des élections Européennes, nous avons voulu savoir comment les Américains, et plus précisément comment les Européens d’Amérique, réagissaient à ces élections et quel regard ils portent sur le vieux continent.
C’est pour cette raison que nous avons interrogé Jared Taylor, journaliste américain, fondateur d’American Renaissance, un organisme qui défend les intérêts des personnes d’origine européenne aux USA. Un regard sans concession sur l’Europe, ses institutions, et les peuples qui la composent.

Breizh-info.com : Pouvez vous présenter ainsi que votre organisation « American Renaissance » ?

Jared Taylor : Je suis né au Japon, où j’ai passé mes premiers 16 ans. J’ai fais mes études à Yale et à Sciences Po de Paris, et j’ai eu une carrière dans la banque et dans le consulting avant de mettre sur pied American renaissance, que je dirige depuis 25 ans.

Ce dernier est un organisme éducatif à titre bénévole qui a, pour but, de protéger les intérêts les personnes d’origine européenne en Amérique. Par exemple, nous résistons à la soi-disant discrimination positive, qui est, en réalité, la discrimination toute courte contre la population majoritaire. Nous luttons également contre une politique d’immigration que est en train de réduire la population européenne à une minorité dans moins de 30 ans.

Nos activités comprennent un site internet très fréquenté, l’édition et la vente de livres ainsi que des congrès annuels.

Breizh-info.com : Vous avez récemment tenu votre congrès annuel. Quel en était le thème ? La finalité ?

Jared Taylor : La thème était « La défense de l’Occident. » L’échelle était toute petite en comparaison aux réunions des identitaires en France, par exemple, mais c’était une grande réussite pour un colloque pareil en Amérique. Nous avons réuni des intervenants américains et européens (de l’Hongroie, l’Angleterre, l’Allemagne) et un auditoire de presque 200 personnes.

Depuis trois ans, nous sommes en train de rebâtir nos colloques, parce que deux fois de suite, en 2010 et en 2011 nous étions obligés d’annuler le congrès. Les hôtels avec lesquels nous avions signé des accords pour la salle ont annulé les contrats (et ont payé de grosses primes d’annulation) à cause des pressions des gauchistes. Depuis, nous tenons nos réunions exclusivement dans des locaux qui dépendent d’un organisme de l’état de Tennessee, qui résiste à ce genre de pression.
Comme vous le voyez, nous n’avons pas la liberté d’expression que les Européens imaginent …

Breizh-info.com : Les élections européennes approchent en Europe. Je sais que vous suivez notre actualité avec la plus grande attention. Vous sentez vous Européen ? Quel regard portez vous outre atlantique sur ces élections à venir ?

Jared Taylor : Oui, je me sens tout à fait Européen. Notre culture, religion, héritage, et manière de vivre viennent tous de l’Europe. Mes ancêtres sont arrivés en Amérique il y a plus de 350 ans, mais l’Europe est notre mère biologique et spirituelle. J’ai eu la chance de faire des études en France, mais dans les cercles soi-disant « identitaires » en Amérique, même les gens qui n’ont jamais visité l’Europe comprennent que leur identité de base est profondément enracinée dans le vieux continent.

Nous allons suivre avec beaucoup d’intérêt les résultats des partis dits « nationalistes » ou « identitaires ». Les positions exprimés par ces partis existent en Amérique, mais la composition de notre système politique ne le reflette pas du tout.

Breizh-info.com : Comment analyser vous la géopolitique européenne actuellement ? Les dirigeants européens à Bruxelles actuellement sont vivement critiqués par la population, notamment par leur trop grande proximité avec les intérêts américains. Est-ce aussi votre avis ?

Jared Taylor : Les fonctionnaires à Bruxelles sont en train de faire les mêmes erreurs que les dirigeants américains : ils ont oublié que chaque peuple a un esprit unique et irremplaçable. En Amérique, nous avons déjà vu les conséquences d’un peuplement important non-européen. Les descendants des esclaves noirs, et maintenant les asiatiques et les immigrants hispaniques établissent des communautés qui reflètent leurs propres esprits que ne sont pas le nôtre. Le résultat est, à la fois, l’auto-ségrégation, mais aussi la transformation ethnique de l’Amérique, qui n’est plus un avant-post de l’Occident.
En Europe,  la richesse de vos régions ne pourra pas survivre à une immigration massive.

En tant qu’américain de souche, c’est quelque chose que je constate avec beaucoup de tristesse, mais mon pays est actuellement la plus grande puissance planétaire qui détruit les cultures et identités autochtones. Nos dirigeants mettent tout autant d’énergie et de ferveur pour la destruction de l’identité européenne en Amérique qu’en Europe, ainsi que pour la destruction des modes de vie traditionnels en Irak, en Afghanistan ou dans le reste du monde ….

Breizh-info.com : Quelle est la vision de l’Amérique que vous défendez ? Comment expliquez vous une certaine hostilité en Europe et en Russie aujourd’hui à l’égard du gouvernement américain ?

Jared Taylor : C’est une Amérique qui poursuit tranquillement son propre destin, en tant qu’implantation européenne outre-mer, et qui ne cherche pas à se mêler des affaires des autres. Je comprends très bien pourquoi les peuples européens et russe se méfient de nous. Nos maîtres cherchent à imposer une conception unique de l’homme n’importe où dans le monde. Pourtant, je ne partage pas l’idée que leurs motivations sont diaboliques— mais qu’ils sont plutôt ignorants et arrogants. Ils croient vraiment que l’homogénéité à l’américaine est un don précieux pour le monde entier.

A ce propos, je devrais expliquer que mes ancêtres ont déjà subi l’impérialisme culturel et même militaire américain. Des deux cotés de ma famille nous étions des Confédérés loyaux qui se sont battus pour l’indépendance du Sud. Ma patrie à moi a donc été supprimée bien plus brutalement par les Américains que n’est le cas pour les Européens qui chérissent leurs nations, leurs régions, et leurs identités.

Breizh-info.com : Comment voyez-vous l’Europe dans 100 ans ? Connaissez-vous la Bretagne ? Avez-vous suivi le mouvement des Bonnets rouges ?

Jared Taylor : A vrai dire, j’ai plus de confiance en Europe qu’en Amérique. Je crois que vous avez des mouvements—encore relativement petits—qui ont néanmoins la possibilité de protéger vos héritages et vos destins. Les élections européennes seront un très bon indicateur de la révolte populaire contre Bruxelles, et du désir de rester maitre dans sa propre maison. La lutte sera longue et dure, mais je crois fermement que l’Europe dans 100 ans sera une Europe européenne, une Europe des régions vibrantes et fières.

J’ai visité plusieurs fois la Bretagne, et j’apprécie beaucoup le mouvement de Bonnets rouges. On n’est pas oblige d’être d’accord avec tous les aspects du mouvement. Ce qui est essentiel c’est l’affirmation très forte d’un esprit et d’une volonté authentiquement régionale. (J’apprécie aussi que le mouvement fasse appel à une révolte qui date de 1675. Une mémoire collective et ancienne est essentielle pour un peuple.) Ce sont les mouvements de ce genre qui me donne de la confiance en l’avenir de l’Europe.

Breizh-info.com :  Quels sont les derniers livres que vous avez lu et qui vous ont marqué ?

Jared Taylor : Un livre que je viens de lire et qui a provoqué un controverse considérable en Amérique s’appelle A Troublesome Inheritance. L’auteur, Nicholas Wade, est un ancien journaliste très renommé du New York Times, qui explique par la génétique les différences de comportement des groupes humains. J’espère que ce livre sera traduit en Français mais je crains que, comme The Bell Curve, qui a fait un grand fracas il y a 20 ans, A Troublesome Inheritance soit dénoncé en France par des gens qui ne l’auront pas lu.

Je suis en train de lire une biographie d’un américain d’origine mexicaine, Cesar Chavez. Chavez, qui est mort en 1993. C’est l’équivalent pour les Hispaniques de Martin Luther King pour les noirs. Cette biographie récente, The Crusades of Cesar Chavez, est la première qui ne soit pas une apologie aveugle, et qui explique le dessous d’une personnalité qui est en train d’être élevée au statut de saint. Heureusement, il est toujours possible de faire publier un livre équilibré sur les héros de la gauche.

Photo : breizh-info.com
Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.