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La série de bandes dessinées Excalibur Chroniques s’écarte de la vision chrétienne de la légende arthurienne pour proposer une nouvelle version profondément païenne. Comme son nom l’indique, elle se focalise sur Excalibur, épée dont le porteur est destiné à régner sur les terres de l’île de Bretagne.
Intitulé Pendragon, le tome 1 est consacré à la vie et à la mort d’Uther, père d’Arthur. Il s’écarte peu de la légende arthurienne. Les terres de Bretagne font l’objet de combats fratricides interminables. Pour réunir tous les peuples de Bretagne, Merlin le vieux sorcier remet Excalibur, l’épée des rois, à Uther Pendragon, jeune guerrier brave et fougueux. Celui-ci jure d’utiliser Excalibur dans le seul but d’unifier les Bretons contre les envahisseurs saxons, pictes, gaëls et scots. Uther s’assagit auprès de Merlin et apprend à devenir roi. Mais à Tintagel, le duc Gorloix, converti à la nouvelle foi chrétienne, accuse de sorcellerie païenne Ygerne, son épouse. Subjugué par sa beauté, Uther tente alors de la secourir, avec le soutien de Merlin. En effet, celui-ci n’est autre que le père d’Ygerne et le grand-père de Morgane. Pendant ce temps, autour de la pierre où est fichée l’épée Excalibur, la prophétie de Merlin fait des envieux : quiconque la libèrera sera le roi de tous les Bretons…
Le tome 2, intitulé Cernunnos, introduit quelques éléments nouveaux dans la légende arthurienne. Ainsi Cernunnos, le dieu-cornu de la religion gauloise, capture Merlin. Morgane est également enlevée par des pictes mercenaires à la solde du prêtre Patricius, lequel tente d’évangéliser la Bretagne. Merlin et sa fille Morgane incarnent en effet à ses yeux les anciennes croyances païennes. Ygerne meurt, laissant à Merlin le jeune Arthur, qui vient de naître. Merlin recherche désespérément Morgane pendant que Viviane s’occupe d’Arthur, à Avalon…
Dans le tome 3, intitulé Luchar, Lancelot, fils du roi Ban de Bénoïc, reçoit à Avalon l’enseignement des fées et des druides. Pendant ce temps, Luchar, souverain cruel, tente de prendre le contrôle de la Bretagne. Mais le dieu Cernunnos, après avoir pris possession du corps de Lochar, parvient à ôter l’épée Excalibur de la pierre…
Après avoir créé les scénarios d’Arthur Pendragon, Lancelot, Merlin et Merlin-La quête de l’épée, Jean-Luc Istin se concentre, dans cette nouvelle série, sur l’épée Excalibur. Celle-ci permettra à Arthur d’unifier son peuple. La narration est fluide et bien rythmée. Mais Istin prend d’importantes libertés avec la légende arthurienne, imaginant que Merlin est le grand-père de Morgane. Comme souvent, il insiste sur la période transitoire entre le paganisme et la religion chrétienne. Il prend même parti pour l’ancienne religion païenne, de façon un peu caricaturale, en dénigrant les représentants de la chrétienté (Patricius et Gorloix) et en prônant les vertus des dames d’Avalon (Viviane et Ygerne).
Le dessin précis et soigné d’Alain Brion s’insère dans des planches remarquablement bien composées. Il bénéficie d’une colorisation flamboyante en couleurs directes. Les scènes de batailles sont ainsi particulièrement réussies. Mais d’autres scènes ne permettent pas aux enfants et jeunes adolescents de lire cette bande dessinée.
Excalibur Chroniques, t. 1 Pendragon, t. 2 Cernunnos, t. 3 Luchar, 14,95 euros chaque tome (Editions Soleil, 15 Boulevard de Strasbourg, 83000 Toulon).
Photo : DR
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