Possible détournement d’argent au Sénat : une ancienne sénatrice UMP de Loire-Atlantique compromise ?

16/09/2014 – 07hH30 Nantes (Breizh-info.com) – Alors que la justice a ouvert une enquête sur de possibles faits de détournements de fonds publics, d’abus de confiance et de blanchiment intervenus au sein du groupe sénatorial UMP, le site Médiapart (15/09/14) révèle les noms d’ élus qui auraient perçu de l’argent par l’intermédiaire d’une association écran. Parmi eux, l’ancienne sénatrice (UMP) de Loire-Atlantique Gisèle Gautier (2001-2010) qui aurait bénéficié de presque 12 000 euros.

Le site explique qu’une partie des millions d’euros versés chaque année dans les caisses du groupe UMP pour financer ses travaux parlementaires a été détournée sur les comptes personnels de sénateurs UMP grâce à d’ingénieux dispositifs.

Parmi eux, un habile circuit permettait à des fonds du groupe UMP d’aller dans le plus grand secret alimenter une association dénommée URS (Union républicaine du Sénat) – en réalité une structure bidon destinée à servir des sénateurs giscardiens et centristes – qui les redistribuaient à certains de ses membres sous forme de chèques ou d’espèces, sans apparemment aucune contrepartie.

Au total se sont près de 200 000 euros qui auraient été distribués entre fin 2009 et début 2012.

De Jean-Claude Gaudin (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) à René Garrec (Basse-Normandie), en passant par Gérard Longuet (Meuse), ancien ministre de la Défense du gouvernement Fillon et ancien président du groupe UMP et Gisèle Gautier (Loire-Atlantique), de nombreux sénateurs ont perçu des sommes d’argent en chèques ou en espèces.

Ces faits sont-ils pénalement répréhensibles ? Apparemment ce n’est pas si simple. Depuis des mois, les magistrats chargés de l’enquête essaient de donner une qualification pénale à ces pratiques. Y-a-t-il eu « détournements de fonds publics » au préjudice du groupe UMP ? Ou  « abus de confiance » au détriment de l’URS ?

Selon Médiapart, à l’UMP on invoque  l’article 4 de la Constitution qui prévoit que les groupes parlementaires « exercent leur activité librement ». Autrement dit : le groupe sénatorial UMP pouvait redistribuer l’argent public mis à sa disposition comme il l’entendait et sans avoir à se justifier. Il est vrai que, contrairement aux partis politiques, les groupes parlementaires  n’ont pas à publier leurs comptes ni même à les faire certifier.

En réalité, l’opacité la plus totale semble être la règle. Et ce pour tous les groupes politiques. Afin de tenter de comprendre les pratiques en cours concernant les budgets des groupes parlementaires, les policiers chargés de l’enquête  ont interrogé un questeur socialiste, Jean-Marc Todeschini. D’après Médiapart, le questeur en question s’est bien gardé de dire quoi que ce soit susceptible d’enfoncer ses collègues UMP…

 Photo : DR
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