27/09/2014 – 11h00 Nantes (Breizh-info.com) – Les éditions Perrin ont publié en août une importante biographie de Philippe Pétain, rédigée par Bénédicte Vergez-Chaignon. Un livre à lire pour mieux comprendre l’histoire et le parcours de celui qui est notamment voué aux gémonies par les militants bretons pour avoir confirmé la séparation de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Riche de plus de 1000 pages, cette biographie vient ainsi compléter et réactualiser les références qu’étaient celles de Marc Ferro (1987) ou d’Herbert Lottman (1984) par de nombreuses informations inédites apportées par Bénédicte Vergez-Chaignon sur celui que la majorité ne connaît qu’en tant que sauveur de la France à Verdun ou signataire de l’armistice avec Hitler. Cette biographie a également l’intérêt de ne pas se focaliser sur un seul aspect de Philippe Pétain et d’étudier toutes les facettes de ce personnage central de la première moitié du 20ème siècle .
Sa jeunesse de grand sportif et de militaire, avant la première guerre mondiale , est ainsi évoquée tout comme la Première Guerre mondiale et l’entre deux-guerres mais l’auteur consacre néanmoins près de 600 pages à la Seconde Guerre mondiale.

« L’histoire n’est pas un tribunal, il ne s’agit pas de juger, mais de connaître la vie de Philippe Pétain » écrit Bénédicte Vergez-Chaignon, qui redonne dans cet ouvrage ses lettres de noblesse au travail d’historien, trop souvent sacrifié sur l’autel de l’interprétation politique et de la manipulation idéologique.

Dans ce livre, le lecteur peut suivre pas à pas l’histoire de Philippe Pétain, comme s’il était à ses côtés, et cela notamment grâce aux pièces d’archives retrouvées par l’historienne (dont des écrits personnel de celui que beaucoup appelaient « le Maréchal ») . A chacun ensuite de pouvoir interpréter, critiquer, condamner, encenser les actes d’un homme qui apparait au final – et notamment durant la montée de l’Allemagne nazie et au début de la deuxième guerre mondiale – comme soucieux de ne pas replonger l’Europe dans une deuxième guerre civile, dans un deuxième grand suicide européen d’où ses choix qu’il aura ensuite payé par sa condamnation en justice.

A la fin du récit, on peut en conclure que Philippe Pétain était avant tout un homme de l’entre-deux siècles, qui n est jamais vraiment entré dan l’ère moderne, dans le 20ème siècle. Un militaire de haut rang avec une  opinion de lui-même surdimensionnée, voulant jusqu’au bout se mettre en avant, en assumant, quitte à en payer le prix. Quitte aussi à mettre de côté sa famille et sa vie sentimentale une grande partie de sa vie durant.

Philippe Pétain était un homme dont les choix militaires l’ont conduit à être érigé en héros durant la première guerre mondiale et jugé comme un traître à la fin de la seconde, notamment par des générations rompues aux guerres idéologiques du 20ème siècle et qui n’avaient précisément pas vécues l’horreur de la boucherie de 14-18 .

Pour que De Gaulle (sur sa vie, lire « De Gaulle : la grandeur et le néant, de Dominique Venner) émerge enfin et réussisse sur la scène politique française, il lui fallait un bouc émissaire, le symbole du mal absolu : ce fût Philippe Pétain, même si l’histoire rapportée par Bénédicte Vergez-Chaignon permet d’avoir une autre vision de celui qui fût le plus aimé des Français avant de devenir le symbole de la défaite, et donc le catalyseur de toutes les haines les plus enfouies et souvent les plus sournoises.

Un livre qui fera date, à lire et à posséder assurément

Bénédicte Vergez-Chaignon a travaillé pendant dix ans avec Daniel Cordier, notamment sur la biographie de Jean Moulin, et publié de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale et Vichy (notamment « les Vichysto-résistants » mais également des livres sur l’ Epuration et sur la vie quotidienne des Français dans les années 40.

Pétain, Bénédicte Vergez-Chaignon, Perrin, 29€

Photo : DR
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3 Commentaires

  1. vous déraillez grave : Pétain n’a pas signé l’armistice avec Hitler, et Hitler ne l’a pas non plus signé

    vous faites de l’histoire antipétiiniste à la franchouaillarde kommunischt, nicht wahr

  2. Si Pétain n’a pas signé EN PERSONNE l’armistice – c’est effectivement le général Huntziger qui conduisait la délégation française et le maréchal Keitel la délégation allemande – c’est bien lui et Hiler qui étaient aux manettes ! Dire qu’il a signé l’armistice avec Hitler est une clause de style qui correspond à la réalité historique.

  3. Quoiqu’il en soit, l’armistice de 40 était une nécessité, comme l’a souligné l’historien Henri Amouroux. Dans son ouvrage  » La page n’est pas encore tournée « , il écrit : « Aujourd’hui la nécessité de l’armistice (de 1940) n’est pratiquement pas remise en cause, ce qui bouleverserait de Gaulle. Le gaullisme a imposé l’idée qu’il ne fallait pas signer cet armistice, et que Vichy était illégitime. C’est fabuleux, mais ce n’est pas sérieux ! » Dont acte.
    Plus récemment, à propos de cet armistice, le sujet a fait l’objet d’un colloque, le 10 juillet 2010 à l’Ecole Militaire, colloque auquel participaient de nombreux officiers supérieurs, dont plusieurs firent un exposé. J’y étais invité. Le titre en était :  » L’armistice de juin 1940, faute ou nécessité ? » En conclusion des séances qui se déroulèrent dans l’amphithéâtre Foch, ce colloque déclara cet armistice indispensable étant donnée la situation de nos armées en juin 40, une fois les Anglais repartis dans leur île.
    Mais il y eut scandale, car le rédacteur du compte rendu de ce colloque a mis deux ans pour le publier, ayant pris sur lui de faire intervenir clandestinement dans le rapport édité, des « gaullistes » s’opposant à la conclusion initiale, alors qu’ils n’avaient pas participé au colloque !!! Ceux-ci imposèrent leur propre vue sur le compte rendu ainsi truqué, avec l’accord du rédacteur du rapport…Une telle dictature de la pensée est proprement scandaleuse et inacceptable en démocratie !! Ce compte rendu n’est plus celui qui aurait dû sortir des débats, mais il est celui de la dictature de la pensée !
    Ajoutons que grâce à cet armistice, le Maréchal Pétain ayant obtenu de Franco, par l’intermédiaire de l’ambassadeur d’Espagne de Lequerica à Vichy, qu’il refuse à Hitler rencontré la veille de Montoire, la liberté de passage de ses troupes par l’Espagne pour prendre Gibraltar et envahir l’Afrique du Nord, a pu éviter que les Allemands ne mettent les pieds en Algérie, Maroc et Tunisie.. Ainsi, la clairvoyance et la ténacité du Maréchal permettait aux Américains, accompagnés des Anglais, de réussir leur débarquement en novembre 42.
    Ajoutons que de Gaulle ne fut autorisé par Roosevelt à venir en Algérie, que six mois plus tard. L’accueil qu’il reçut de la part des Français d’Algérie fut loin de celui qu’il attendait. De Gaulle  » ayant la rancune tenace « , comme le qualifiait François Mauriac, est-il étonnant qu’il régla quelques dix ans plus tard le problème algérien comme il le fit, au mépris des Pieds noirs et des Harkis, sachant que les accords d’Evian n’ont jamais existé, pour n’avoir jamais été signé par le FLN ? Depuis, une chape de plomb recouvrant ces événements, personne n’en parle surtout pas les gaullistes : toute allusion à cet égard, ternirait l’image du chef ! Le fait que deux des négociateurs français sur les trois, soient décédés de mort violente (assassinats) dans les années qui suivirent, n’a jamais beaucoup émus nos gouvernants d’alors, et pour cause, car eux « devaient savoir »!… Et ces crimes n’ont jamais été vraiment élucidés ! …

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