Ebola : «Plus le temps passe, et plus les gens meurent »

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06/10/2014 – 10H00 Paris (Breizh-info.com) – «Nous devons agir aussi vite que nous le pouvons car plus le temps passe, et plus les gens meurent, ce qui n’est pas acceptable», a déclaré en fin de semaine Anthony Banbury, le diplomate américain qui dirige la Mission de l’ONU pour une réponse d’urgence à Ebola (UNMEER).

Dimanche 5 octobre, l’économiste franco-béninois Lionel Zinsou, normalien et agrégé, fils du médecin de feu Leopold Senghor, conseiller de Laurent Fabius, disait au micro de France-Culture craindre une pandémie dont les « unités de comptes » ne seraient plus des milliers de personnes atteintes mais des « centaines de milliers ». Le problème serait alors celui de la formation des personnels soignants beaucoup plus que celui des éventuelles thérapeutiques, à supposer que l’efficacité de molécules anti-grippales récemment expérimentées soit confirmée.

L’ONG britannique Save the Children venait juste d’annoncer, lors d’un colloque londonien, que la mortalité en Sierra Leone montait à cinq morts à l’heure. Le bilan officiel est de 3 500 morts depuis le mois d’avril pour l’Afrique de l’Ouest. De l’aveu des experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce chiffre est largement sous-estimé, compte tenu des défauts de déclaration des décès hors agglomération, dans les villages de brousse. Ainsi, dans un communiqué publié le 1er octobre, Médecins sans Frontières (MSF) annonçait son impuissance à évaluer l’étendue de l’épidémie en RDC (ex-Zaïre), où 70 cas étaient déjà recensés.

Aux États-Unis, un ressortissant libérien âgé de quarante ans, soigné à Dallas (Texas) depuis deux semaines, serait dans un « état critique ». Il était entré sans symptômes sur le sol américain le 20 septembre dernier, après une escale à Bruxelles. Au terme d’une première consultation au Presbyterian Hospital, il avait été considéré comme grippé parce que fébrile, et renvoyé chez lui avec des antibiotiques, alors qu’il avait déclaré venir du Liberia. Preuve que les consignes de prudence n’ont pas été respectées. Cinquante personnes approchées par lui ont été placées depuis lors en surveillance accentuée, et dix sont considérées comme étant « à hauts risques ». A ce cas s’ajoutent ceux de quatre soignants américains rapatriés de Sierra Leone en septembre, celui d’un cameraman de la chaîne NBC rapatrié ce lundi alors qu’il était en reportage au Liberia, et celui d’un patient hospitalisé en urgence à l’hôpital Howard de Washington, le 3 octobre, retour du Nigeria.

En Allemagne, on compte le cas d’un médecin ougandais employé par une ONG italienne, contaminé en Sierra Leone et soigné à Francfort « dans un état grave ». En France même, une infirmière de MSF, contaminée au Liberia, a quitté ce week-end l’hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne) dans un état considéré comme sans risques. Mais MSF a déjà perdu neuf soignants sur seize infectés. Et le bilan des 375 médicaux internationaux contaminés dans diverses ONG présentes en Afrique de l’Ouest est déjà de 210 morts.

Les experts attendent, dans les jours qui viennent, d’observer des données épidémiologiques difficiles à recueillir. Elles concernent les quelques deux millions de pèlerins passés depuis le 3 octobre par La Mecque, à l’occasion du grand pèlerinage musulman annuel.

Par prudence, le gouvernement du Burkina-Faso a, quant à lui, annulé le grand rendez-vous annuel du cyclisme africain, le Tour du Faso, qui devait se dérouler du 23 octobre au 3 novembre.

J.F. Gautier

Crédit photo : Army Medicin/Wikimedia (cc)
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