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Le cartel de Sinaloa, tristement célèbre pour son rôle dans la crise du fentanyl aux États-Unis, a établi une base opérationnelle en Afrique, principalement en Afrique du Sud, pour fabriquer cette drogue mortelle. Cette évolution inquiète les autorités locales et internationales, alors que les impacts de cette nouvelle route de production se font déjà sentir.
L’Afrique du Sud, un choix stratégique pour le cartel de Sinaloa
L’Afrique du Sud a été choisie par le cartel de Sinaloa en raison de ses liens commerciaux solides avec la Chine, principal fournisseur des produits chimiques nécessaires à la fabrication du fentanyl. Cette drogue synthétique, 50 fois plus puissante que l’héroïne et 100 fois plus que la morphine, est fabriquée dans des laboratoires clandestins et exportée principalement vers les États-Unis, le plus grand marché de fentanyl au monde.
Selon le lieutenant-général Godfrey Lebeya, chef de la division d’enquête des Hawks en Afrique du Sud, les cartels mexicains explorent également le marché local : « Nous voyons des suspects en possession de fentanyl nous dire qu’ils veulent tester si les Sud-Africains pourraient adopter cette drogue. »
Une menace mondiale : des laboratoires clandestins en Afrique
En juillet 2024, un « super-laboratoire » clandestin a été découvert dans la province sud-africaine du Limpopo. Les autorités ont saisi de grandes quantités de méthamphétamine, une petite quantité de fentanyl et des centaines de kilos de produits chimiques servant à fabriquer ces drogues. Trois citoyens mexicains et un agriculteur sud-africain ont été arrêtés et attendent leur procès.
Cette opération n’est qu’une illustration des activités croissantes des cartels mexicains sur le sol africain. Ces derniers s’associent aux gangs locaux pour développer leur réseau et bénéficient d’une corruption élevée, facilitant l’importation des précurseurs chimiques nécessaires à la fabrication des drogues.
L’Afrique du Sud est devenue une destination de choix pour les groupes criminels en raison de plusieurs facteurs :
- Un système bancaire connecté à l’international, mais vulnérable.
- Des liens commerciaux intenses avec la Chine, permettant l’entrée de précurseurs chimiques dans des cargaisons légales.
- Une corruption institutionnalisée, qui favorise le trafic de drogue.
Un impact mondial sur la crise du fentanyl
Les implications de cette nouvelle route sont globales. En 2022, un colis intercepté aux États-Unis en provenance d’Afrique du Sud contenait suffisamment de fentanyl pour tuer 220 000 personnes. Plus récemment, en janvier 2024, une cargaison de fentanyl et de méthamphétamine d’une valeur de 37 millions de rands a été saisie à l’aéroport international O.R. Tambo à Johannesburg.
Selon les autorités américaines, le fentanyl est désormais la principale cause de décès chez les 18-49 ans aux États-Unis, une situation aggravée par l’implication croissante de l’Afrique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de cette drogue.
La Chine joue un rôle clé dans cette crise, en tant que principal exportateur des produits chimiques utilisés dans la production de fentanyl. Bien que les États-Unis aient intensifié leur lutte contre ces importations, les liens économiques étroits entre la Chine et l’Afrique du Sud compliquent une action efficace dans ce pays.
Alors que l’Afrique du Sud est désormais impliquée dans la crise mondiale du fentanyl, la coopération entre les forces de l’ordre locales et internationales devient essentielle. Les autorités sud-africaines, avec l’appui d’agences américaines comme la DEA, doivent intensifier les contrôles sur les importations chimiques et renforcer les lois contre le crime organisé.
Il faudra par ailleurs un jour réellement se demander pourquoi les Etats sont-ils capables, pour des intérêts géopolitiques ou la lutte contre le terrorisme, de bombarder des territoires, mais pas lorsqu’il s’agit de trafic de drogue. Poser la question, c’est déjà y répondre en partie…
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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