Netflix. Quand le président du CSA veut contrôler les Français

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05/11/2014 ‑ 07H00 Paris (Breizh-info.com) – C’est une mise en garde en forme d’aveux que vient d’adresser Olivier Schramek, le président du CSA (conseil supérieur de l’audiovisuel) . S’élevant contre les télévisions « à la demande» dont Netflix est la dernière incarnation arrivée en France, ce dernier déclare que  « La télévision sur mesure fait peser une menace sur le modèle que nous défendons : celui d’un audiovisuel qui soit un lien social favorisant la diversité culturelle et le pluralisme politique. ». Mais il va plus loin en dénonçant un système « en silo favorisant l’enfermement, le prolongement de l’espace privé  et non plus une fenêtre qui vous confronte à des réalités nouvelles ».

Traduction des propos de celui qui pourrait  incarner Big Brother : avec l’arrivée de Netflix où d’autres opérateurs du même type, le risque existe que les Français  se libérent des programmes imposés par le service public et financés par la redevance TV.

Si certains procédés employés par le géant américain – notamment les « suggestions » de films en fonction du comportement individuel où la conservation de l’historique des séries et programmes visionnés – posent incontestablement le problème de la liberté individuelle, M. Schramek semble surtout préoccupé par le comportement individuel des Français qui pourraient massivement ne plus s’associer à ce qui est actuellement proposé par les chaînes du service public.

Le CSA, main dans la main avec le Conseil d’Etat,  propose donc pour répondre à ce rejet du service public de télévision et de radio par les Français « d’imposer aux acteurs concernés d’agir sur leurs algorithmes, en favorisant la prise en compte des critères de promotion de la diversité culturelle ». Traduction : alors que vous voudrez paisiblement revisionner « Titanic » dans votre canapé, l’Etat obligera Netflix à vous proposer également « Le Ciel, les oiseaux et ta mère » en espérant que vous y succombiez.

Difficile pourtant de ne pas rejoindre un téléspectateur préférant regarder la série « House of Cards » et sa lourde intrigue politique à la série « Plus Belle la vie » dans laquelle quoi qu’il fasse, le «mâle blanc hétérosexuel et Français» est toujours le méchant. Tout comme il doit être très difficile pour les Français – qui approuvent majoritairement les idées d’un Eric Zemmour à la vue de récents sondages – de voir un des personnages médiatique qu’ils aiment le plus se faire lyncher publiquement dans une émission financée par leurs impôts.

 Si les Français portent moins d’intérêt au cinéma et aux productions françaises peut-être faudrait-il avant tout s’interroger sur le contenu et la qualité de ces productions ? Du fiasco du film culpabilisant «Samba» à l’arrêt anticipée de la pièce de théâtre surmédiatisée de Bernard Henry Levy «hôtel Europe»  en passant par le livre d’Eric Zemmour «Le suicide Français» devenu à contrario un best-seller, c’est désormais un océan qui semble séparer une majorité des Français de ses dirigeants.

Crédit photo : DR
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