Rennes. Subventions associatives, dérives artistiques et communautaires.

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16/02/2015 – 08H00 Rennes (Breizh-info.com) ‑ Les subventions 2014 attribuées par la ville de Rennes aux associations sont disponibles sur Internet via le site data Rennes métropole. Les citoyens et électeurs savent finalement peu de chose sur les décisions municipales de subventionner telle ou telle association, puisqu’ils doivent aller chercher eux-mêmes l’information s’ils veulent la trouver, chose que tout un chacun n a pas le temps de faire.

Ainsi, la ville de Rennes, comme la plupart des collectivités en France, ne rend pas compte précisément dans les bulletins municipaux des sommes allouées aux associations. Des associations qui – pour certaines – ne pourraient pas vivre sans l’argent public qui est devenu leur principal ressource. Petit tour d’horizon non exhaustif en rappelant tout de même que d’après la loi française, les demandes de subventions doivent concerner  ou bien un projet d’intérêt général, conçu, porté et réalisé par l’association ou alors une action de formation des bénévoles.

L’association 40mcube, qui se définit comme «producteur et diffuseur d’art contemporain » a perçu 35 000 €, soit l’équivalent d’un salarié à temps plein sous forme de subvention.

L’association Lilico, fondée fin 2012, a perçu 190 000 euros de subvention. Très confortable pour une compagnie théâtrale intimiste et quasi inconnue du grand public.

Le collectif danse a reçu 36 000 euros.

L’association Elektronik, qui organise le festival «maintenant» – en partenariat avec la Ligue de l’Enseignement, que l’on retrouve partenaire de la plupart des grosses animations artistiques et culturelles, a perçu 45 000 €.

Le collectif d’artistes « les ateliers du vent » a reçu 96 000 €.

La Maison de la poésie, qui n’attire pourtant pas des milliers de spectateurs, a reçu 75 000 €.

L’association TransMusicales, qui gère le festival renommé du même nom qui découvrît Nirvana, perçoit tout de même presque 1 million d’euros en subvention émanant de la ville de Rennes.

Les éclaireurs et éclaireuses de France ont reçu 40 000 euros.

l’association « et si on se parlait » dont l’objet est notamment de  favoriser le lien social entre les habitants de Rennes Métropole et qui gère un local situé au 19 rue Legraverend a reçu 10 000 euros, alors que l’activité est annoncée comme étant suspendue sur son site Internet.

L’association AMSIC (Maison des Squares solidarité interculturelle diversité), dont l’objet est notamment le « métissage culturel par l’approche artistique et l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale » (sic) a perçu plus de 200 000€ de subventions. Mais sans doute insuffisamment pour réaliser un site Internet, en construction depuis plusieurs semaines.

Le CIDFF35, centre d’information sur le droit des femmes et des familles, qui possède 9 mentions «j’aime» sur facebook, a perçu 27 000€. En 2015, l’association de gauche organise une marche chorégraphique dans la cité, au nom de l’égalité homme-femme car « la ville n’est pas un espace neutre mais un lieu où s’expriment les différences de genre ».

Le mouvement Français pour le planning familial a perçu 19 500 €.

Le centre Gay, Lesbien, Bi et Trans a reçu 7000 €.

La maison internationale de Rennes (MIR) qui reçoit tout ce que la ville compte d’associations de gauche et d’extrême gauche et qui ne se cache pas de faire de la politique a reçu 300 000 euros de subventions, laissant l’opposition municipale perplexe.

Au nom du partenariat entre la ville de Rennes et la communauté musulmane, le Centre culturel Avicennes a perçu 66 000 € en 2014.

Le Centre culturel Boudhique a reçu 15 000 €. A noter qu’il possède un lieu de réunion dans un bâtiment de 385 m2 mis gracieusement à disposition par la municipalité.

L’Union des association Interculturelles de Rennes a reçu 74 000€.

L’association « hexagone micro équipements haut blosne », dont il est impossible de trouver une quelconque trace sur Internet a perçu 8000 €.

Les Restos du coeur ont perçu 37 000 €, signe que l’association fondée par Coluche est presque devenue à elle toute seule une collectivité publique pour les pauvres, tant les subventions sont multiples et variées.

Enfin, à quoi correspondent les «provisions aide aux syndicats pour formation et personnel » et « Provision aide aux syndicats pour matériel et remboursement charges » qui s’évaluent à plus de 400 000 euros ? A noter que les associations de retraités de la CFDT et de la CGT percoivent chacune 771€.

On retrouve aussi des « provisions pour les centre culturels islamiques » de 10 000 €,  des « provisions pour emploi associatif local » de 768 000 €, des « provisions pour les associations participants aux ateliers » de 500 000 €.

Le numéro de décembre/janvier des « enquêtes du contribuable » intitulé «Associations, comment elles vivent de l’argent public » met la lumière sur ce système typiquement français de redistribution de l’argent du contribuable à des associations aux buts divers et variés. On y apprend, entre autre, que les estimations portent sur 42 milliards d’euros par an attribués par l’Etat et les collectivités locales à 550 000 associations, ce qui représente 50% du budget du monde associatif.

Le secteur associatif représente aujourd’hui 1,8 million de salariés , soit 34 milliards d’euros de masse salariale sur les 42 milliards de subventions publiques (auquel on peut rajouter 42 milliards de financement privé).

Avec 1 salarié pour 15 bénévoles, le secteur associatif en France – initialement basé sur le bénévolat et le don de soi – est devenu une sorte de fonction publique parallèle (les emplois associatifs bénéficient d’aides de l’Etat et d’exonérations de charges, en plus des subventions publiques déjà allouées aux associations) .

On comprend dès lors les subventions faramineuses attribuées aux associations, laissant la porte ouverte à tous les clientélismes d’autant plus que seules les associations ayant touché plus ce 153 000 euros dans l’année sont légalement tenues de publier leurs comptes annuels.

En 2013, une proposition de loi cosignée par 68 députés avait été déposée  à l’Assemblée nationale prévoyant un abaissement de ce seuil à 23 000 euros et des sanctions (remboursement, radiation) pour les associations qui ne se plieraient pas à cette demande de transparence. En vain.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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6 Commentaires

  1. « seules les associations ayant touché plus ce 153 000 euros dans l’année sont légalement tenues de publier leurs comptes annuels ». Il serait juste d’ajouter que, en l’absence de sanctions, bon nombre d’entre elles s’en dispensent.

  2. Petits commentaires suite à cet article :

    Je n’ai pas compris le sens ou l’objectif de l’article. Quel est l’intérêt de prendre 19 associations au hasard parmi les 370, et de s’arrêter à ne donner que le montant de la subvention ?

    Concernant la construction de l’article, il est étonnant de remarqué qu’aucun recul n’est pris sur les montants des subventions, aucune réelle analyse des chiffres n’est faite. Ex :

    Quel est le montant total des subventions ? (47 472 712 euros)

    Que représente en pourcentage le montant des subventions pour chaque association ?

    Si les subventions étaient distribuées équitablement avec un même montant entre chaque association, quel serait ce montant ? (128 291 euros)

    Comparer le montant perçu par rapport au montant équi-réparti (ndlr : 128 291 euros)

    Et maintenant si on se plonge sur les associations que vous avez mis en lumière sans raisons apparentes, on observe que :

    15 des 19 associations dont vous parlez reçoivent moins de 0,20% du total de subvention. Est-ce que c’est donc pertinent de s’attarder sur celles-ci ? D’autant plus que vous ne faites pas de comparaison entre les associations.

    Parmi les 15 qui reçoivent déjà moins de 0,20% du total, vous êtes ensuite allé regarder 11 associations qui reçoivent moins de 0,01% du total…

    Autant dire que la moitié de votre article nous parle d’associations qui reçoivent une subvention inférieure à 0,01% (en comparaison, s’il y avait 100 oranges en jeu pour les subventions, celles que vous regardez ne reçoivent même pas une orange, ni même un quartier d’orange, mais un dixième du quartier d’une orange)

    Toujours pour rester dans les proportions, mais cette fois-ci par rapport aux « pars equi-répartis » (qu’on appellera PER pour aller plus vite) :

    Seulement 61 associations sur les 370 reçoivent plus d’une PER, il aurait été intéressant de jeter un œil aux associations qui composent ce panel.

    Il aurait aussi été juste de préciser qu’une association perçoit déjà à elle seule 23% des subventions.

    Un graphique en secteur (ou camemberts) présentant par exemples le volume de subventions par type d’association aurait également montré du sérieux dans l’analyse.

    Parmi vos 19 associations relevées, seulement 4 reçoivent au moins une PER ; les 15 autres reçoivent forcément moins d’1 PER, allant même jusqu’à regarder une association qui ne reçoit que 5% d’1 PER.

    Pour que ce soit plus clair, recevoir 5% d’une PER peut se comprendre comme : vous êtes un enfant dans une famille de 6 enfants, et tous les ans pour pâques votre papa vous achète pour vous 6, 6 tablettes de 20 carrés de chocolat. Et au lieu de chacun avoir une tablette de chocolat,
    parce que vous êtes le plus jeune, vous n’avez le droit qu’à 1 des 20 carrés de chocolat d’une tablette. Autant dire, pas grand-chose.

    Pour terminer (et arrêter d’ennuyer avec mes comparaisons aussi plates que mon porte-monnaie en fin de mois), il aurait donc été convenable dans votre article de donner des éléments de comparaison et d’appréhension du volume des subventions puisque des valeurs brutes ne signifie absolument rien.

    Enfin, pour info, concernant les « provisions », si on se réfère au terme comptable il s’agit de volume d’argent non décaissé mais provisionné en cas de besoin. Ou pour faire simple « mis de côté » (à voir maintenant si c’est bien le terme comptable qui est employé ici)

  3. Petits commentaires suite à cet article :

    Je n’ai pas compris le sens ou l’objectif de l’article. Quel est l’intérêt de prendre 19 associations au hasard parmi les 370, et de s’arrêter à ne donner que le montant de la subvention ?

    Concernant la construction de l’article, il est étonnant de remarqué qu’aucun recul n’est pris sur les montants des subventions, aucune réelle analyse des chiffres n’est faite. Ex :

    Quel est le montant total des subventions ? (47 472 712 euros)

    Que représente en pourcentage le montant des subventions pour chaque association ?

    Si les subventions étaient distribuées équitablement avec un même montant entre chaque association, quel serait ce montant ? (128 291 euros)

    Comparer le montant perçu par rapport au montant équi-réparti (ndlr : 128 291 euros)

    Et maintenant si on se plonge sur les associations que vous avez mis en lumière sans raisons apparentes, on observe que :

    15 des 19 associations dont vous parlez reçoivent moins de 0,20% du total de subvention. Est-ce que c’est donc pertinent de s’attarder sur celles-ci ? D’autant plus que vous ne faites pas de comparaison entre les associations.

    Parmi les 15 qui reçoivent déjà moins de 0,20% du total, vous êtes ensuite allé regarder 11 associations qui reçoivent moins de 0,01% du total…

    Autant dire que la moitié de votre article nous parle d’associations qui reçoivent une subvention inférieure à 0,01% (en comparaison, s’il y avait 100 oranges en jeu pour les subventions, celles que vous regardez ne reçoivent même pas une orange, ni même un quartier d’orange, mais un dixième du quartier d’une orange)

    Toujours pour rester dans les proportions, mais cette fois-ci par rapport aux « pars equi-répartis » (qu’on appellera PER pour aller plus vite) :

    Seulement 61 associations sur les 370 reçoivent plus d’une PER, il aurait été intéressant de jeter un œil aux associations qui composent ce panel.

    Il aurait aussi été juste de préciser qu’une association perçoit déjà à elle seule 23% des subventions.

    Un graphique en secteur (ou camemberts) présentant par exemples le volume de subventions par type d’association aurait également montré du sérieux dans l’analyse.

    Parmi vos 19 associations relevées, seulement 4 reçoivent au moins une PER ; les 15 autres reçoivent forcément moins d’1 PER, allant même jusqu’à regarder une association qui ne reçoit que 5% d’1 PER.

    Pour que ce soit plus clair, recevoir 5% d’une PER peut se comprendre comme : vous êtes un enfant dans une famille de 6 enfants, et tous les ans pour pâques votre papa vous achète pour vous 6, 6 tablettes de 20 carrés de chocolat. Et au lieu de chacun avoir une tablette de chocolat,
    parce que vous êtes le plus jeune, vous n’avez le droit qu’à 1 des 20 carrés de chocolat d’une tablette. Autant dire, pas grand-chose.

    Pour terminer (et arrêter d’ennuyer avec mes comparaisons aussi plates que mon porte-monnaie en fin de mois), il aurait donc été convenable dans votre article de donner des éléments de comparaison et d’appréhension du volume des subventions puisque des valeurs brutes ne signifie absolument rien.

    Enfin, pour info, concernant les « provisions », si on se réfère au terme comptable il s’agit de volume d’argent non décaissé mais provisionné en cas de besoin. Ou pour faire simple « mis de côté » (à voir maintenant si c’est bien le terme comptable qui est employé ici)

  4. « Le CIDFF35, centre d’information sur le droit des femmes et des familles, qui possède 9 mentions «j’aime» sur facebook, a perçu 27 000€ »

    Plutôt que de donner des chiffres à tout va et donner votre avis sur les sommes allouées aux associations, aller plutôt frapper aux portes de celles-ci pour leur demander ce qu’elles font de l’argent public qu’elles perçoivent. Faites des articles riches de contenus, ce genre d’étalement de chiffre n’apporte rien !

  5. « Le CIDFF35, centre d’information sur le droit des femmes et des familles, qui possède 9 mentions «j’aime» sur facebook, a perçu 27 000€ »

    Plutôt que de donner des chiffres à tout va et donner votre avis sur les sommes allouées aux associations, aller plutôt frapper aux portes de celles-ci pour leur demander ce qu’elles font de l’argent public qu’elles perçoivent. Faites des articles riches de contenus, ce genre d’étalement de chiffre n’apporte rien !

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