Quand les services d’Ayrault fliquaient les Nantais (du moins certains)

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07/05/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) –  Alors que le maire de Béziers, Robert Ménard, est accusé de fichage pour avoir indiqué le pourcentage très élevé de musulmans dans les écoles de sa ville – ce qui a aussitôt déclenché une de ces tempête politico-médiatique dont l’establishment est coutumier – il est un autre maire dont les services fichaient allègrement certaines catégories de la population : Jean-Marc Ayrault, l’ancien boss de la Cité des Ducs. Et, dans son cas, impunément.

On sait que depuis la loi « Informatique et libertés » de janvier 1978  « il est interdit de traiter des données à caractère personnel qui font apparaitre directement les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou l’appartenance syndicale des personnes ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci ». Une loi à laquelle Jean-Marc Ayrault, alors député maire de Nantes, avait clairement contrevenu, comme l’avait révélé Le Point en décembre 2012.

Depuis 2006, en effet, la mairie de Nantes avait mis en place un fichage méthodique des SDF de la ville. Nom, prénom, date de naissance, surnom, antécédents judiciaires, alcoolisme, toxicomanie, fumant ou non du cannabis , vivant ou non en squat, problèmes psychiatriques, pratiques sexuelles, homosexualité … Rien n’ y manquait, jusqu’aux moindres détails. Le secret professionnel du CCAS était  clairement bafoué et il apparaissait même que certaines informations avaient été puisées dans les services de police. On pouvait se poser des questions sur la finalité de tels renseignements.

Ce fichage très méthodique avait été mis au point par le « directeur de la réglementation et de la sécurité publique », un ex-commissaire divisionnaire des RG mis à la disposition de la mairie par le ministère de l’Intérieur et repêché après son départ en retraite comme adjoint au maire chargé de la sécurité pour les municipales de 2008. Cela ne suffisant pas, un autre commissaire (alors directeur du renseignement intérieur dans le département) avait été aussi prêté par la place Beauvau. En 2011 un troisième commissaire, alors N° 2 des RG du département était également détaché à la mairie. Un cas unique en France, semble-t-il. Les statistiques de la délinquance nantaise ne s’étaient pas améliorées, mais ce n’était pas, semble-t-il, le but de l’opération.

L’UMP nantaise avait bien demandé la saisine de la Commission nationale informatique et libertés mais celle-ci était manifestement aux abonnés absents. Il est vrai qu’à l’époque Jean- Marc Ayrault était devenu Premier ministre…

En 2011, une nouvelle affaire de fichage mettait en cause notre homme. Selon Rue 89 et Libération, J.M.A. avait envoyé une lettre demandant aux responsables et militants PS de la ville de relever dans tous les quartiers de façon méthodologique (avec une fiche adéquate)  « la présence de relais connus ou d’opposants notoires à la municipalité ». Jean-Marc avait d’abord admis, reconnaissant que « la formule retenue est maladroite (sic)». Après une petite manifestation de l’UMP nantaise,  il avait même menacé : « on me fait un procès en sorcellerie, je n’en resterai pas là » (Le Parisien). Mais les choses en restèrent là. On se demande bien pourquoi.

Crédit photo : Rémi Jouan/Wikipedia (cc)
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