Valérie Garcia (UMP). « Nous avons commis une erreur de casting avec Bernadette Malgorn »

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21/05/2015 – 08H30 ‑ Guingamp  (Breizh-info.com) ‑ Alors que les élections régionales se tiendront à la fin de cette année, nous en profitons pour interroger des personnalités politiques importantes et investies sur la scène régionale. Valérie Garcia, conseillère régionale UMP de Guingamp, répond à nos questions, sur le bilan de la majorité PS, mais aussi sur l’état de l’opposition de droite, ainsi que sur l’actualité bretonne.

Breizh-info.com : A quelques mois des élections régionales, quel bilan tirez-vous de la gestion par la majorité socialiste sortante ?

Valérie Garcia : Cela aura été une gestion au minima, peu ambitieuse, elle n’aura pas su insuffler suffisamment de confiance aux acteurs économique, ce qui est à regretter le plus c’est une absence d’une vision plus stratégique.
Nos filières structurantes ont été atteintes dans leur fonctionnement, dans leur épanouissement.
La Bretagne avait une fiscalité des plus faibles de France, maintenant le régime auquel sont soumis les Bretonnes et les Bretons est celui de l’explosion fiscale.

Breizh-info.com : La droite n’a pas été particulièrement offensive dans l’opposition. Comment l’expliquez-vous ?

Valérie Garcia : Je pense que nous avons commis une erreur de casting. Bernadette Malgorn n’est pas une femme politique, elle n’est pas aguerrie aux ficelles du métier, face à un J. Y. Le Drian orfèvre en la matière. Elle n’a pas réussi à s’imposer et ce qui est plus dommage encore c’es qu’elle est systématiquement tombée dans les pièges tendus par ses adversaires politiques, que ce soit Jean-Yves Le Drian ou Pierrick Massiot.

Breizh-info.com : Quels chantiers avez-vous mis en place avec vos collègues ?

Valérie Garcia : Dans l’opposition nous avons exercé notre rôle de vigilance afin de limiter et de dénoncer les fausses routes et les abus.
Les propositions que nous avons faites, n’ont pas été considérées, les socialistes se sont octroyés le pouvoir décisionnaire via des organismes, des comités consultatifs, des schémas divers dont les avis faisait office de décisions finales.
Nous avons voté contre ces délégations, multiples outils de détournement de la démocratie ; ainsi l’opposition n’était pas représentée au sein du B16, où les socialistes sont majoritaires, c’est un abus de pouvoir !

Breizh-info.com : Que pensez-vous de la politique de larges subventions aux associations – pas souvent contrôlées – mise en place par le conseil régional, mais aussi par les conseils généraux ou les municipalités, en Bretagne ?

Valérie Garcia : Le tissu associatif est très important en Bretagne et indispensable car vecteur de lien social : une association de danse, de tarots, des cours de cuisine ….Rien de tel pour animer la vie dans nos bourgades isolées à une époque où l’individualisme accroit l’isolement, je parle de nos campagnes mais on peut aussi être seul en ville.
Aujourd’hui il faut, tenir compte de la baisse des dotations aux collectivités territoriales, il s’agit de choix politique et d’une gestion des priorités. En revanche, je dis non aux arrières pensés électoraliste et au clientélisme.

Breizh-info.com : Pour le mois de décembre, Marc Le Fur, Jean Yves Le Drian et Gilles Pennelle s’annoncent comme les trois principaux candidats. Comment la droite aborde-t-elle la campagne ? Serez-vous de nouveau sur la liste UMP ?

Valérie Garcia : La droite souhaitera rassembler, cela lui a été bénéfique pour les départementales mais je pense objectivement que le combat sera difficile pour la droite. Jean Yves le Drian fait de bonnes choses au sein de son ministère et a su gérer correctement la région Bretagne. Déjà en campagne, il multiplie les visites et les preuves d’attention pour la région.
Avec Marc le Fur l’agro-alimentaire, l’agriculture et la ruralité seront plus considérées et c’est primordial pour la Bretagne.
J’aimerais continuer à représenter mon territoire pour le prochain mandat, j’aime ma région et je me suis beaucoup investi en faveur de mon pays, très présente sur le terrain comme en commission, j’ai défendu les intérêts des Bretonnes et des Bretons, loin de tout calculs politicards, j’ai œuvré dans l’intérêt général.

Breizh-info.com : Quelles sont, selon vous les priorités pour la région à mettre en œuvre ?

Valérie Garcia : La priorité est l’emploi : il faut tout mettre en œuvre afin de redonner confiance aux créateurs d’entreprises, et soutenir celles existantes et créatrices d’emplois, revoir le statut de l’apprenti, mis à mal ces derniers temps, se concentrer sur la formation et créer des passerelles avec le monde économique, développer encore et toujours la filière numérique.
Recentrer la région sur ses compétences obligatoires et faire une grande place aux projets structurants.
Afin d’aider les nombreuses filières concernées et bridées par les contraintes administratives il faut envisager de mettre en place à une vraie simplification de même qu’il faut revoir le système des normes environnementales, alimentaires… véritable frein au développement agricole, industriel et autres.

Breizh-info.com : Comment définiriez-vous le fait d’être de droite aujourd’hui ?

Valérie Garcia : A droite il y a un discours réaliste franc et objectif, un discours qui ne cherche pas le consensus ou la démagogie ; l’habilité du PS est de faire croire qu’il combat les privilèges alors qu’à mon sens il ne fait que les conforter.
Il distribue du pouvoir d’achat avant même d’avoir produit et sans créer de l’emploi . C’est une politique qui a court terme n’a pas de traduction réelle pour la population. Alors qu’à droite on soutient, on encourage l’esprit d’initiative, les créateurs d’emplois, les porteurs de projets, les socialistes ont toujours préféré à une politique visant à accroitre les salaires celle de l’assistanat.

Breizh-info.com : La politique d’ouverture à gauche menée par Nicolas Sarkozy durant son mandat – alors qu’il avait fait campagne à droite – n’a-t-elle pas fait un mal fou à l’UMP, provoquant la montée du vote d’adhésion au Front national ? 

Valérie Garcia :  Je pense que vous avez raison, l’ouverture n’était pas une bonne idée . Mais concernant la montée du FN , celle-ci est multi factorielle ; ce peut être un refuge pour une majorité de déçus ou une façon de se révolter contre l’ambiance actuelle propice je le concède volontiers à un certain écœurement de la vie politique.

Breizh-info.com : Votre position sur :

 – la réunification de la Bretagne :

VG : Bien évidemment je suis pour et cela pour une multitude de raisons, historiques, culturelles, économiques… Un échec que je mettrais sur le compte de la majorité présidentielle, mais ne nous avouons pas vaincu !

– la loi DALO, récemment remise au cœur du débat avec l’affaire Maryvonne Thamin, à Rennes

VG : Je soutiens totalement Maryvonne dans le drame qu’elle vie, que tout citoyen puisse prétendre à un logement en France est légitime mais pas en s’emparant du logement d’autrui qui après une vie de labeur en aura fait l’acquisition. Pensez que les désordres provoqués dans une habitation occupée illégalement sont à la charge des propriétaires ! C’est profondément injuste. Cette loi demande à être modifiée.

– l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

VG :  Dans le cadre d’un aménagement de l’Ouest du territoire, d’une lutte contre l’hypercentralisation parisienne et d’une offre d’un nouvel essor dynamique et économique en Bretagne, cet aéroport est une chose utile. Ce nouvel aéroport a été jugé par la préfecture de Loire-Atlantique compatible avec les objectifs du développement durable. Nous devons rester vigilants sur la maitrise des coûts. La Bretagne ne doit pas s’engager dans le financement et c’est à l’Etat d’y pourvoir, tout en étant vigilant aussi sur le respect de la qualité environnementale.

– le projet de future mosquée à Guingamp 

VG : On a constaté dans plusieurs villes, même de petites tailles que suite à l’implantation de mosquées, certaines familles maghrébines « européanisées » connues localement, se sont radicalisées et affichent de façon ostentatoire : voile, burqa et barbes. On a constaté également d’importantes conversions d’autochtones (cf Lunel).
Je suis pour la liberté du culte là n’est pas la question mais je suis contre le prosélytisme et la radicalisation religieuse ; la vigilance doit être de rigueur et je ne comprends pas la nécessité ni l’urgence, il y a déjà un lieu de culte à Guingamp mis à la disposition des musulmans qui le souhaitent.
La suite, est-ce l’ouverture d’une école coranique ? Il y a des arrière-pensées électoralistes et clientélistes certaines derrière les autorisations de construction de mosquées.

Breizh-info.com : Comment se porte le Trégor aujourd’hui ?

Valérie Garcia : Les indicateurs économiques, santé, emploi, accessibilité au numérique… sont les plus mauvais du département. Ces années ininterrompues de gestion socialiste ont considérablement affaiblies ce territoire ; délocalisation, mono industrie, rien n’a été fait pour proposer à la population un ascenseur social auquel tout le monde à droit, les choix politiques n’ont les été les bons.
Les Costarmoricains sont des gens courageux et authentiques, ces qualités leurs permettent d’affronter les difficultés et de garder espoir mais ça gronde dans le Trégor.

Breizh-info.com : Le conseil régional doit-il, dans le futur, avoir plus de pouvoir selon vous ? 

Valérie Garcia : L’idée de conférer un poids accru aux régions est bonne et je pense qu’il est urgent de passer d’une décentralisation à une régionalisation qui comme en Allemagne intègre les principes du fédéralisme. Il faut que les régions de France existent totalement face à celles d’Espagne, d’Italie ou d’Allemagne, ceci contribuera à un véritable développement pour la France.

Je suis pour la suppression des départements avec l’intégration de leurs domaines de compétences et les finances qui s’y rapportent aux régions offrant ainsi plus d’économies et de lisibilité.

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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