Procès Forsane Alizza. Terrorisme ou procès d’intention ?

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09/06/2015 – 08H00 Paris (Breizh-info.com) – Le groupe Forsane Alizza et son leader originaire de la banlieue nantaise (Bouguenais),  Mohammed Achamlane, sont jugés depuis lundi à Paris, pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes terroristes ». Ils sont ainsi 14 à comparaitre. Le 15ème, mineur au moment des faits, sera présenté ultérieurement à un juge pour enfants.
En mars 2012, après l’affaire Merah à Toulouse, un coup de filet important dans la mouvance islamiste avait été mené, entraînant l’arrestation de M. Achamlane et de ses compagnons. Depuis, ce dernier – comme 5 autres membres du groupe –  est en détention provisoire (plus de trois ans) en attente de son procès qui se tient donc du 8 au 23 juin, à Paris.

Il n’y a aucun doute  sur les convictions islamistes de M. Achamlane – un Breton converti à l’Islam  et de ses compères. Certains comme Karim et Reda Bekhaled ont d’ailleurs été arrêtés récemment car la police les suspectaient de préparer un attentat. Néanmoins peut-on voir dans ces individus une véritable  organisation terroriste , dont les membres pourraient encourir jusqu’à 10 années de prison si le jugement était rendu en ce sens?

Terroristes ou bras cassés ?

Depuis sa création en 2010, à Nantes, le groupe Forsane Alliza s’est fait connaître par quelques actions médiatiques bien ficelées et par un site Internet à l’époque en pointe en terme de communication. Il menait des actions d’agit-prop, à la manière d’un groupe activiste et radical comme il en existe beaucoup en France (quand ils ne sont pas dissous sur décision de Manuel Valls). Par exemple,  à Limoges  on les voyait piétiner un Code Pénal en réponse aux attaques faites vis à vis du Coran.
Ils avaient également organisé une contre-manifestation face aux Assises de l’Islamisation organisées par le Bloc Identitaire en 2010. Rassemblant à peine 30 personnes, elle s’était soldée par un échec cuisant et  avait démontré l’amateurisme total de l’organisation, y compris pour  une simple manifestation de rue.
M. Achamlane n’aurait-il donc  pas tort quand il parle de « bras cassés » pour qualifier certains des membres du groupuscule, le chef n’étant finalement qu’un peu plus intelligent et organisé?

Dans une vidéo mise en ligne en 2011, on voit des membres du groupe participer, dans un ancien abattoir de la banlieue nantaise, à une sortie paint-ball et à un week end communautaire avec veillée et sports de combat, le tout avec incrustation du drapeau noir du Djihad et d’images venues du Londonistan ou de Belgique.  Là encore, il serait difficile de douter du soutien de Forsane Alizza à un Islam des plus radicaux et à des mouvements tout aussi radicaux. Mais ses membres ont-ils vraiment un profil de  terroristes, tant on a l’impression d’assister à un gag plus qu’à un entraînement paramilitaire?

C’est en réalité à cause de ce trop-plein de communication, cumulé avec des écoutes téléphoniques et des perquisitions durant lesquelles des armes (la plupart démilitarisées) et des documents sensibles mais ubuesques, accessibles à n’importe quel internaute aujourd’hui (« comment fabriquer une bombe atomique » (sic) ) ont été retrouvés , que ces interpellations ainsi que la détention provisoire qui a suivi ont eu lieu.
Depuis, le principal accusé se défend d’avoir eu un quelconque projet terroriste. Il met l’intégralité des ses propos (menaçants) sur le compte d’excès de langage tenus dans des cadres privés (puisqu’il était sur écoute).

M. Achamlane , activiste islamiste, mauvais communiquant, pied-nickelé mais pas terroriste ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser sur le leader d’un groupe qui se savait suivi, écouté, tracé même, et qui possédait néanmoins sur son ordinateur personnel un fichier non crypté intitulé « cibles » dans lequel se trouvait entre autres des adresses d’HyperCasher  ou le nom du Président du Bloc Identitaire, Fabrice Robert.

Vers le procès d’intention ?

Ce jugement intervient (hasard du calendrier ?)  à quelques mois des attentats de Charlie Hebdo. Ils avaient marqué la France entière, avant de déclencher une des plus grandes opérations gouvernementales de restriction de la liberté d’expression en France (nouvelles lois sur le racisme, l’antisémitisme, censure d’Internet …).
On peut légitimement s’interroger sur la recherche de boucs-émissaires  afin de masquer la faiblesse de la France dans la la lutte contre l’islamisme radical et contre le départ massif d’enfants d’immigrés et de Français convertis vers la Syrie afin de rejoindre les rangs des coupeurs de tête islamistes.

Verdict à la fin du mois de juin, d’un procès qui pourrait apparaître comme  celui du délit d’intention : des mots, des écrits, de la communication  suffiraient aujourd’hui à envoyer leurs auteurs pour plusieurs années en prison.

Yann Vallerie

Crédit photos : DR
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2 Commentaires

  1. l’islamisme radical est une réalité terrible. le totalitarisme bigbrotherien du gouvernement aussi. mais on oublie souvent le plus dangereux : la conquête silencieuse, modérée et implacable du pseudo islam français…

  2. Ce porc aurait déjà dû être en taule depuis longtemps et son mouvement dissous !

    Même si on le considère comme un plouc, il détenait des armes et avait un discours franchement agressif et sectaire. Le genre de discours qu’on ne veut plus entendre chez nous.

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