Alors que les élections régionales de décembre approchent à grands pas, et que les illusions sur une « union bretonne » se sont refermées, la place est maintenant au pragmatisme et à l’analyse.

Premier constat : le mouvement dit « régionaliste » , ne représente qu’une infime minorité de la population bretonne comme en témoignent des résultats électoraux faibles dès lors qu’ils sont indépendants de toute alliance politique traditionnelle (comme l’UDB le fait avec EELV ou le PS).
Cette faiblesse électorale ne signifie pas que les Bretonnes et les Bretons se sentent éloignés des principales idées politiques défendues ( autonomie de la Bretagne, réunification) , mais que les représentants des mouvements politiques bretons n’ont aucune influence, aucun charisme, aucune volonté politique.
Les récents sondages – qui démontrent une forte adhésion des Bretons aux idées autonomistes, notamment chez les plus jeunes – sont d’ailleurs là pour rappeler tout le décalage qui existe entre le Mouvement politique breton et le peuple qu’il prétend incarner.

En effet, cet Emsav, depuis presque 50 ans, s’est borné à fonder sa « crémerie » sur le postulat que la Bretagne était une colonie de la France, en se comparant à l’Algérie, à la Palestine, aux pays du Tiers-Monde en lutte contre le colonialisme (cherchez l’erreur) , et qu’il fallait lutter pour l’autodétermination du peuple, tout en faisant revivre sa langue et sa culture.

Une rhétorique marxiste, portée par l’UDB, par Emgann, par Breizhistance, mais également par le POBL en son temps, qui n’a finalement jamais eu de prise sur le réel, c’est-à-dire le quotidien du peuple breton, qui n’a jamais été celui des Palestiniens de Gaza ou des habitants du Chiapas.

Aujourd’hui, les personnalités politiques bretonnes à la tête des différents partis existants ne parviennent pas à sortir de cette logique du colonisé, de la victime ; une logique qui n’est faite ni pour rassurer un peuple ni pour le protéger.

Ils ne parviennent pas non plus à dépasser l’échiquier politique du 20e siècle, un échiquier politique gauche-droite, extrême-gauche extrême-droite totalement dépassé aujourd’hui, dans un 21e siècle où les hommes seront réunis avant tout sur des causes et des thématiques précises, pas sur un clivage idéologique binaire dans lequel l’essentiel de la population ne s’identifie plus.

Christian Troadec est un enfant du 20e siècle, Nil Caouissin, pourtant bien jeune, est lui aussi un enfant du 20e siècle, tout comme Yves Pelle d’une certaine façon. Ce sont tous les enfants du siècle des idéologies.

Impossible, avec une grille d’analyse biaisée, d’analyser alors le monde tel qu’il est, et la Bretagne actuelle telle qu’elle existe. Impossible également d’être un homme libre, et de tenir, en public, des propos jugés ici ou là politiquement incorrects. Car l’incohérence du mouvement breton se trouve également là : malgré tous les reproches faits à la France, à l’Etat français, au système français, les responsables des partis politiques bretons se comportent comme les plus intégrés des Français ; politiquement correct, diabolisation de tout ce qui ne convient pas à la pensée unique, droit de l’hommisme prégnant (idéologie pourtant fabriquée en France) , et multiplications des sujets tabous …il ne faut pas chercher plus loin les raisons d’un désamour entre ces partis politiques et leur peuple, qui vote de façon croissante pour les extrêmes, ou s’abstient, ne se sentant plus concerné par un jeu politique tronqué.

A-t-on déjà entendu Christian Troadec s’élever contre les cambriolages qui se multiplient dans sa ville de Carhaix ? A-t-on déjà entendu le baron du Poher prendre position, en tant que leader régional potentiel, sur les problèmes d’insécurité qui se développent dans les grandes villes bretonnes, mais également dans les campagnes ? A-t-on déjà entendu Yves Pelle, du Parti Breton, réclamer une remise à plat des subventions distribuées aux associations presque sans contrôle depuis des années par les collectivités locales ? Est-ce que les Bonnets rouges, qui réclamaient le droit de vivre et de travailler au pays, ont évoqué à un seul moment la priorité régionale à l’embauche, au logement , aux appels d’offres pour les entreprises ? Est-ce que Nil Caouissin s’est interrogé sur le développement du trafic de drogue, et donc de mort, au sein de la jeunesse bretonne qu’il prétend incarner, à Rennes ?
Est-ce qu’un leader politique breton quelconque s’est inquiété des conséquences, pour l »identité bretonne, d’une immigration incontrôlée et même encouragée et de l’implantation durable et massive de l’Islam dans la région ?

Pourtant, ce sont ces problèmes de logement, de chômage, d’insécurité, d’identité, de gestion administrative qui préoccupent principalement les Bretons, comme les autres Européens d’ailleurs. Et qui les préoccupent sans doute plus actuellement que les problèmes de réunification, d’apprentissage de la langue bretonne, ou même d’organisation du prochain festival des Vieilles Charrues quand ça n’est pas de solidarité avec le peuple kurde ou avec le Burkina Faso dont il s’agit.

Le peuple breton, attends que des responsables politiques – qui lui proposent un changement conséquent (l’autonomie, l’indépendance) – leur proposent un modèle de société , pas une simple modification administrative teintée d’une couleur régionale. Pourquoi voter pour un parti breton , s’il propose la même chose et que ses responsables agissent pareil que les élites françaises, mais à la sauce bretonne ? Et comment s’étonner ensuite de l’abstention qui touche près de la moitié de la population ?

Au sein des formations politiques, mais également au sein de la société civile, des langues commencent à se délier. Si l’on reproche à Marc Le Fur d’être inféodé à un parti politique du système républicain français, il n’empêche que les thématiques qu’il développe, et les combats qu’il mène ou a menés, lorsqu’il était proche de La Droite Populaire, ont trouvé un écho  favorable . Tout comme les idées défendues par le Front national, trouvent un écho favorable croissant dans l’électorat. Tout comme enfin, le sentiment régionaliste en Bretagne est très fort, ce qui explique aussi les bons résultats électoraux de Christian Troadec dans un Centre-Bretagne populaire et enraciné.

Alors que la gauche est détestée comme jamais (de plus en plus en Bretagne) car accusée d’avoir purement et simplement abandonnée son peuple, notamment au profit « de l’autre », il apparait qu’un parti politique nationaliste – c’est à dire qui fait du peuple Breton sa priorité – en Bretagne,  trouverait un large écho susceptible de fédérer de larges pans d’une population qui n’attend qu’un changement .
Encore faut il le lui proposer, sans tabous, sans arrières-pensées, sans politiquement correct, sans classification du 20e siècle et surtout, sans répéter systématiquement les mêmes erreurs,  à la façon de Don Quichotte.

Une chose est sûre : ce parti nationaliste breton du 21e siècle ne pourra se faire qu’avec des Bretons du 21e siècle et sur des thématiques (la démographie et les ressources alimentaires, l’indépendance énergétique, la définition de notre identité, la sécurité, la construction européenne, la lutte contre l’immigration …) d’avenir.

Qui osera désormais réunir un maximum d’énergies autour d’une table et fonder quelque chose de neuf ?

Julien Dir

16 Commentaires

  1. Je pense que dans cet article vous avez mis le doigt sur ce qui est le plus important à savoir « la définition de notre identité  » en dehors des discours stériles on commence a voire en Bretagne une réflexion de fond sur des basiques pour répondre à des questions d’ordre existentielles entre autres (http://www.agencebretagnepresse.com/id=37735&searchkey=roussel ) Ces réflexions sont souvent issus de personne qui ne croient plus à la politique et encore moins à la » com » qui est omniprésente dans les médias

  2. Docteur MELENNEC, Paris. Mardi 18 août 2015.

    @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@
    Avec Pierre LEMOINE, nous avons présenté un tel programme, fort clair, au Congrès de la FUEN, en 2009 à Bruxelles. Il est résumé dans les dernières pages du LIVRE BLEU DE LA BRETAGNE. Il a été amplifié, explicité et développé en 2013 sous le titre :

    PROGRAMME POLITIQUE POUR LA BRETAGNE SOUVERAINE.

    Ce programme est lisible sous ce titre (par Google, par exemple). Il est destiné à être copié : nous pensons qu’il le sera avant quelques années.

    Des propositions également très claires sur les principes de refondation de la fiscalité bretonne future, qui devra éliminer totalement toute réminiscence de l’hallucinante fiscalité française – un authentique BORDEL -, dans un article intitulé :

    LA FISCALITE DE LA BRETAGNE SOUVERAINE.

  3. S’il y avait un réel engouement pour l’indépendantisme et
    l’autonomisme, les mouvements politiques ayant ces sensibilités devraient faire
    de bons scores aux différentes élections communales, départementales et
    régionales. Or ce n’est absolument pas le cas bien que le centre droit et la
    droite musclée soient représentées par des partis ou mouvements tout comme la
    gauche (le phénomène Troadec est lié au désarroi d’un grand nombre d’électeurs
    de gauche totalement désabusés qui votent Troadec pour ne pas voter pour les
    candidats de droite).

    Le seul sondage à notre disposition est celui de décembre 2012 mais la question
    concernant l’indépendance est très mal formulée et lourde d’ambiguïté; on peut
    s’interroger sur la pertinence de ce sondage.

    Rappelons que lors de ce sondage, le score le plus faible était celui des
    électeurs de l’UMP (6% d’électeurs assez favorables à l’indépendance et 0% de
    très favorables) tandis que l’électorat le plus favorable, et de loin, était
    celui du Front National (27% de très favorables et 20% de favorables !), ce qui
    peut sembler paradoxal. Cela semble signifier qu’il n’y a, pour un parti
    nationaliste, qu’une toute petite partie des électeurs de l’UMP à drainer ( ce
    qu’a essayé de faire, en vain, le Parti Breton) et que le gros contingent des
    électeurs qui devraient voter pour (ou adhérer à) Adsav préfère voter pour le
    Front National parce que sa préoccupation essentielle est l’arrêt de
    l’immigration et pas l’indépendance ou l’autonomie de la Bretagne. Quant au
    contingent d’électeurs de gauche ayant répondu favorablement (15% des 46%
    d’électeurs bretons de gauche soit 6,9%), ils estiment plus important de voter
    pour les partis de gauche dominants ou pour Troadec que pour l’UDB, au grand
    dam de Mona Bras. Ce qui signifie que les partis indépendantistes et
    autonomistes ont un impact faible sur les électeurs identifiés lors de ce
    sondage comme favorables à l’indépendance ou à l’autonomie. Cette faiblesse est
    sans doute liée au fait que les causes de l’indépendance et de l’autonomie sont
    des objectifs tout à fait secondaires pour la plus grande partie d’entre eux.

    Un parti nationaliste qui serait très clairement hostile à l’immigration
    devrait théoriquement pouvoir rassembler un peu moins de la moitié (47%) des
    voix obtenues par le FN en Bretagne soit un peu moins de 8 % de l’ensemble des
    suffrages. Ce serait honorable mais cela n’ouvrirait nullement un boulevard
    vers l’indépendance ou l’autonomie. De plus, les électeurs potentiels ne sont
    pas sots, ils savent que les causes indépendantiste ou autonomiste ne
    pourraient aboutir, au mieux, que dans un avenir lointain et que d’ici là, il y
    a des affaires autrement plus importantes à traiter, notamment l’affaire de
    l’immigration qui prend une tournure très inquiétante. Je pense qu’un nouveau
    parti nationaliste, même s’il rompait avec la pensée unique, n’aurait guère
    plus de succès que ses prédécesseurs.

  4. Bonjour à tous,

    Cet article long et bien construit parle abondamment de la plateforme Oui la Bretagne.

    Avez vous déjà remarqué que nous avons souvent une meilleure idée des intentions d’une personne, d’un groupe si nous lisons ce qu’il propose.

    Nous allons juste rajouter comme commentaire à cet article que la plateforme OuilaBretagne a comme intention de construire un projet de société pour la Bretagne, à partir de ses territoires, avec ses habitants.

    Elle agit, avec tous les citoyens qui veulent y participer, pour échanger, partager et faire avancer les sujets d’Avenir, porteur d’espoir pour tous les bretonnes et bretons.

    Alors, sentez vous libre d’être d’accord ou pas après avoir lu attentivement nos articles et parcouru l’ensemble de note site Internet.

    http://www.oui-la-bretagne.bzh/blog-2

    Vous pourrez y trouver notamment à travers nos articles les valeurs que nous défendons.

    Nous invitons chacun à rentrer dans la politique du 21ème Siècle et arrêter les analyses politiciennes pour se pencher sur effectivement ce qui compte vraiment pour les citoyens. Un bon moyen de le faire est d’écouter, lire, et échanger sur ces thématiques qui sont importantes pour l’avenir de la Bretagne :-)

    Laurent #OuilaBretagne

    • Vous écrivez : « Elle agit avec tous les citoyens qui veulent y participer … »
      TOUS n’est pas le mot juste. Il serait plus judicieux d’écrire : les citoyens qui obéiront aux ordres du Môssieur Troadec.
      Ne pas oublier que ce Môssieur Troadec, a voté PS , Sarrabézoles à la présidence du Conseil Départemental du Finistère.
      La messe est dite.

        • Venez nous rencontrez directement et vous verrez par vous même si nous sommes pilotés par des identitaires Français ou si nous avons même un quelconque lien avec ce genre de mouvement en France…
          Nous sommes indépendantistes Bretons et si vous vous donniez la peine de lire nos articles sur notre site vous vous rendriez compte que nous sommes résolument tournés vers la Bretagne et certainement pas la France…
          Aller donc prendre des leçons d’orthographe et cultiver vous un peu avant de vous lancer dans ce genre de débat, car même si nous ne sommes pas Français il est important de savoir utiliser la langue dans laquelle on s’exprime, ce qui n’a pas l’air d’être votre cas, ce qui nous laisse donc également penser que vous n’êtes pas le genre de personne à aller chercher plus loin que le bout de votre nez et que vous avez donc comme de nombreux ignorants cru tout ce que l’on vous servait dans les bouquins de l’éducation Nationale….
          Ne venez pas nous parlez de Bretagne et d’indépendantisme quand vous n’êtes bon qu’à croire la merde que l’état Français vous chie dans ses livres révisionnistes de notre Histoire.

          A galon !

  5. Quand vous dîtes « partir à la conquête du monde », vous voulez dire « partir à la conquête de plus de fric », n’est-ce pas ? Parce que des gauchistes, babos, utopistes et tout le toutim, on peut en croiser sans souci du Quebec à la nouvelle calédonie…. A moins que vous ne fréquentiez que certains cercles de la City ou de Luxembourg, ou certaines soirées mondaines d’expat’ à Sao Paulo, Bangkok, Barhein…

  6.  » Notre chance, l’indépendance ! « ..la liste qu’il faut. Au moins on est sûr qu’elle ne sera pas au 2e tour pour le compte de ces partis français, cet
    Etat qui détruit et ampute la Bretagne.
    Pour le 100e anniversaire de l’insurection et la libération Irlandaise..Breizh Dizal’ch..suivont le même chemin !

  7. Elle ne vote pas pour les faux-nez du Système complotant à récupérer quelques idiots utiles !
    Le système pas du comme l’extrême droite de madame le pen qui met son argent en suisse
    Elle a tout compris. Vous, rien.
    L’argumentation qui vole pas haut sinon… la rhétorique habituel d’extrême droite
    Maintenant, taisez-vous !
    quelle droit dite vous de me taire je suis un citoyen eh c’est pas un nazillon qui va me dire de fermer ma gueule

    Traitre à ta race.

    Je suis anti immigration raté :p

    Arrête les joints et choisis un entrainement plus
    intense que les concerts de reggaes dégénérés, quand les libérateurs se
    seront levés, ils vont te faire courir.
    Quand les facho (qui soie muslim ou catho)serons au pouvoir peut être que j’aurais envie de me bouger pendant ce temps il y’a des problème plus grave que l’immigration (même si ça en fait parti ) et que le libéralisme financier va pas arranger

    et tout cas il est temps de prendre des médicament car vous semblé sacrement déranger

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