19/10/2015 – 07H00 Paris (Breizh-info.com) – Dans son numéro du  8 octobre, Valeurs Actuelles a publié un sondage, réalisé par l’IFOP, qui concerne l’attitude des Français face à la vague d’immigration. De l’avis de Jérôme Fourquet, le directeur du département « opinion »de l’IFOP, « Les résultats très spectaculaires de ce sondage sont inattendus par leur ampleur. Un nouveau palier, en lien avec la crise des migrants, vient incontestablement d’être franchi ».

Les résultats de ce sondage sont les suivants :

– A la question «Faut-il procéder à l’expulsion systématique, à l’issue de leur peine, de tous les étrangers condamnés pour crime ou acte de délinquance en France ? », 83 % ont répondu « oui ».

– A la question «Faut-il renforcer les critères d’obtention de la nationalité française (naturalisation), pour mieux respecter le principe d’assimilation à la communauté nationale ? », 82% ont répondu « oui ».

– A la question «Faut-il réserver les allocations familiales et les aides au logement aux seuls Français et ressortissants de l’Union Européenne ? », 67% ont répondu « oui ».

– A la question «Faut-il supprimer l’aide médicale de l’Etat (AME) permettant aux immigrés clandestins de profiter de soins médicaux gratuits en France ? », 61% ont répondu « oui ».

–  A la question «Faut-il supprimer l’acquisition automatique de la nationalité française pour les enfants nés en France de parents immigrés clandestins ? », 59% ont répondu « oui ».

Ce qui frappe, dans les résultats de ce sondage, c’est la progression d’opinions naguère propres aux gens d’« extrême-droite » dans l’ensemble des catégories de la population (d’âge, politiques, socio-professionnelles…) La « lepénisation » des esprits est désormais générale et massive, ce qui n’est pas sans créer un réel désarroi dans la caste oligarchique.

Malgré le matraquage médiatique que les Français subissent depuis le début de cette année (attentats de janvier et « crise des migrants »), il n’y a pas plus d’esprit du 11 janvier que d’acceptation du processus invasif en cours, bien au contraire et ce, au grand dam de l’oligarchie dont tous les efforts s’avèrent vains ( un sondage IFOP réalisé pour Contribuables associés, a montré que 73% des Français ne veulent pas payer pour assurer les besoins des migrants ! ).

Il est toujours très plaisant d’observer les visages consternés de Léa Salamé  et de Yann Moix et de les entendre exprimer leur désarroi. Samedi dernier, ils nous ont expliqué que les intellectuels « réacs » avaient gagné la bataille des idées, propos qu’il faut nuancer. En effet, si dans les profondeurs du peuple français, le discours libéral-libertaire devient totalement inaudible, il n’en va pas de même dans les milieux médiatiques, politiques et intellectuels lesquels sont toujours très largement dominés par les libéraux – libertaires (il n’y a réellement que quelques rares intellectuels qui ont franchi le Rubicon) comme l’a souligné Jacques Julliard dans l’hebdomadaire Marianne.

La situation présente (domination intellectuelle et médiatique écrasante des libéraux-libertaires et opposition populaire massive et très majoritaire à leurs idées) permet d’affirmer que les bouleversements de l’opinion en matière de politique ne sont pas toujours consécutifs à la conquête du pouvoir culturel. Cette situation est intéressante et inattendue parce que le peuple français a analysé les changements imposés par l’oligarchie sans qu’il ait été assisté ou piloté par des entrepreneurs en métapolitique. Eric Zemmour n’est pas à l’origine de l’évolution des opinions ; par contre, de plus en plus de Français se reconnaissent dans ses propos. L’évolution de l’opinion des Français a été progressive et lente précisément parce qu’il leur a fallu analyser par eux-mêmes ce qui est en train de se passer dans notre société alors même que les « médiacrates » et les politiciens affirmaient le contraire de ce qu’ils observaient.

Cette évolution touche désormais pratiquement tous les secteurs de la population, à l’exception des plus âgés qui campent sur leurs positions (66% des Français âgés de plus de 70 ans votent pour l’UMP, ce qui signifie que ce parti va perdre de très nombreux électeurs au cours des prochaines années) ; mais nos aînés vont être remplacés par des jeunes de plus en plus révoltés contre le « système » comme l’a souligné Matthieu Chaigne  sur le site du Figaro le 13 octobre 2015  («la «FNisation» des jeunes esprits, qui constitue probablement la plus grande bombe à retardement des prochaines décennies »). 

B.Guillard