René Louail (EELV) : l’objectif 100% d’énergie renouvelables pour la région Bretagne

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20/11/2015 – 07H30 Rennes (Breizh-info.com) – Tête de liste Europe Ecologie Les Verts en Bretagne, René Louail a 61 ans et a derrière lui un long parcours dans le syndicalisme agricole. Paysan à Saint-Mayeux, en Côtes d’Armor, il a participé dans les années 1980 à la création du réseau national SOS Paysans en Difficulté, a été porte-parole de la Confédération paysanne – syndicat traditionnellement marqué à gauche, bien implanté en Bretagne historique – de 2000 à 2002 et l’un des coprésidents de la Confédération paysanne européenne. Il a été aussi membre du conseil économique et social régional (CESER) et est conseiller régional de la région administrative Bretagne depuis 2010.

Il a adhéré à EELV en 2009 et a aussi été candidat aux élections législatives de 2012 et sénatoriales de 2014. Il prend aujourd’hui la tête de la liste régionale dans un contexte particulièrement difficile, à la fois pour des raisons politiques – son parti est déchiré http://www.politis.fr/EELV-L-ecologie-politique-en-crise,32663.html autour de la question de la participation ou non au gouvernement, et parce que l’écologie fait face à des défis importants en Bretagne – aéroport de Notre-Dame des Landes, centrale à gaz de Landivisiau ou encore profonde crise des modèles agricoles. Nous avons posé quelques questions à René Louail sur son programme et les enjeux de l’actualité.

Breizh Info :  René Louail, pouvez-vous présenter les grands axes de votre programme ?

René Louail : Nous avons axé notre programme autour de 21 propositions. Sur le plan politique, nous réclamons plus de démocratie dans les élections – en mettant en place la proportionnelle intégrale – mais aussi dans les instances. Les grands dossiers économiques doivent être vraiment débattus, et il faut aussi plus de dialogue avec le conseil économique et social (CESER). Par ailleurs nous sommes pour l’accroissement du soutien de l’économie sociale et solidaire.

Pour l’aménagement du territoire nous demandons que les pays issus de la loi Voynet aient plus de moyens. Enfin nous sommes pour des assemblées plus fortes où les élus participent vraiment. C’est d’ailleurs l’un des intérêts du mandat unique, que nous défendons, que les élus s’investissent vraiment.

Breizh Info : Et pour l’écologie ?

René Louail : Nous avons comme objectif d’arriver à produire 100 % de notre énergie à partir de sources renouvelables. C’est pour cela que nous sommes contre la centrale au gaz de Landivisiau et favorables à la rénovation de 50.000 logements par an afin qu’ils dépensent moins d’énergie : à quoi bon économiser de l’énergie d’un côté si on la jette par les fenêtres de l’autre ? En plus ce plan régional pourrait créer 10.000 emplois par an dans les métiers du bâtiment.

Breizh Info : Cet objectif ne vous semble-t-il pas difficile à réaliser, d’autant plus que tant pour la région administrative que la Bretagne historique, c’est la centrale de Cordemais qui est la plus grosse source de production locale d’électricité [54% de la production électrique bretonne en 2012], et elle fonctionne au charbon et au fioul ?

René Louail : Cette centrale est basée sur une énergie fossile, donc sans avenir. A la veille de la COP 21 il apparaît urgent de changer de logiciel. Si on arrive au pouvoir on lancera la dynamique, ça ne veut pas dire qu’on fermera Cordemais du jour au lendemain. Quand l’objectif sera en passe d’être atteint et que le parc de moyens de production électriques renouvelables sera suffisant, la centrale de Cordemais deviendra inutile et la question de sa fermeture se posera.

Breizh Info : Que proposez vous sur la question agricole ?

René Louail : Nous devons être plus exigeants sur les aides agricoles pour développer une agriculture paysanne et bio. Nous sommes aussi favorables à la mise en place de contrats alimentaires de territoire pour permettre aux collectivités territoriales de s’approvisionner à proximité et en aliments de qualité. Nous sommes aussi pour l’interdiction des OGM et pour la mise en place d’un plan régional d’aide à la transmission des exploitations. Plutôt que la course aux agrandissements et aux matériels neuf acquis à crédits, il faut privilégier l’aide aux jeunes agriculteurs et l’évolution vers des modèles agricoles plus rentables et plus respectueux de l’environnement.

Breizh Info : Vous défendez une évolution vers la qualité. Le problème, c’est que la qualité coûte cher. Les agriculteurs bretons nourrissent la Bretagne et une partie de la France avec des produits qui ont le mérite de ne pas être chers alors que le niveau de vie décline et que de moins en moins de bretons ou de français sont en mesure de s’offrir la qualité.

René Louail : On importe 44% de poulet étranger en Bretagne, et on fournit essentiellement les gens en produits importés à bas coût. Il faut peut-être mieux manger moins de viande, mais de meilleure qualité.

Breizh Info : Etes vous pour la réunification bretonne ?

René Louail : Oui, absolument. Nous sommes aussi pour un second lycée Diwan en Bretagne, c’est urgent, et pour l’augmentation des budgets consacrés à la culture et à la langue bretonne. Et pour le gallo aussi, que je parle.

Breizh Info : que pensez-vous du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes ?

René Louail : Notre position n’a pas changé. Nous sommes opposés à ce projet indécis, absurde, destructeur, injustifié, et ce d’autant plus que les quatre aéroports bretons de Rennes, Dinard, Brest et Quimper ont perdu 48.400 voyageurs. Notre-Dame des Landes va participer à vider un peu plus le reste de la Bretagne.

Breizh-Info : Que pensez-vous de la proposition de votre ancien compagnon de route Cohn-Bendit de construire un grand centre d’accueil de migrants à NDDL plutôt qu’un aéroport ?

René Louail : Je ne me prononce pas. Il viendra s’expliquer notamment à ce sujet le 18 novembre à Rennes.

Breizh Info : au sujet des migrants justement, quel est votre avis sur l’actuelle crise migratoire ?

René Louail : A part quelques extrémistes de droite qui réagissent, les Bretons sont favorables à leur arrivée. La Bretagne est d’ailleurs historiquement une terre d’accueil. Et puis il n’y a quasiment pas de migrants arrivés en Bretagne.

Breizh Info : vous prenez la tête de liste d’un parti plongé dans une profonde crise interne. Quel est votre avis sur celle-ci ?

René Louail : tout parti politique a en son sein des débats. Je conduis pour ma part une liste d’union de tous les écologistes en Bretagne et au-delà. Nous sommes dans une logique de rassemblement.

Breizh Info : Quelle appréciation portez vous sur le bilan de la majorité présidée par Jean-Yves le Drian puis Pierrick Massiot ?

René Louail : C’est long à faire. Nous étions dans l’opposition constructive ; cela dit, je ne répondrais pas à ce type de questions.

Breizh Info : Dernière question : quels sont vos objectifs électoraux et les consignes que vous envisagez pour le second tour ?

René Louail : Dépasser les 10%. On verra le soir du 1er tour où on en sera.

Photo : DR
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6 Commentaires

  1. EELV a pourtant invité un expert comme JM Jancovici (Plancoët – il y a quelques années). Technologiquement en 2015, c’est un mensonge de dire que le renouvelable fera 100%, je le mets au défi de faire la liste des moyens de production. Cordemais devrait déjà être remplacée par une centrale à Gaz moins polluante.

    • qui marchera avec du gaz importé et sera toujours pas une source d’énergie renouvelable. Autrement dit aucune différence (si ce n’est qu’elle emploiera moins de monde avec une dangerosité équivalente voire supérieure, puisque le gaz devra être en partie stocké sur place, ne serait-ce que pour faire une réserve minimale tampon).

      • Je n’ignore pas ces points. J’ai raisonné en fonction d’un arbitrage.

        Faute de convaincre les citoyens de réduire la consommation, je choisis toujours le moins mauvais.

        Parmi la gamme de centrales électriques à énergie fossile, le moins polluant est de loin le gaz. Le pire étant le charbon; en sus sa faible densité énergétique rend le transport encore plus inefficace et polluant (renseignez vous pourquoi on transporte par bateau de l’anthracite et jamais de la tourbe : on bati toujours les centrales près des mines ).

        Ensuite le fioul est un liquide trop précieux qu’on devrait réserver au transport ou machine mobile et jamais pour l’électricité et encore moins pour le chauffage domestique ( soyez cohérent militez pour l’abandon du chauffage au fioul en Bretagne ou pour une fiscalité alignée sur les camions et même plus haute – pas très populaire ).

        Les peaks énergétiques sont plus proches pour le pétrole que le gaz et le charbon. Les prix évolueront en ce sens.

  2. Il a une bonne tête pleine de rides. Ce qui pose là son véritable travailleur. Pour moi, il est du même acabit que Pichon, véritable paysan de la même contrée mais avec une vision trop limitée à son canton (notamment sur les migrants).

  3. « Nous avons comme objectif d’arriver à produire 100 % de notre énergie à partir de sources renouvelables ». un peu utopique d’atteindre déjà 100 % surtout que le manque de pouvoir d’action et financier du petit conseil régionale laisse a désirer. L’indépendance énergétique de la Bretagne passe par l indépendance totale de Breizh comme le fait si bien l écosse et autres pays celtiques dans ce domaine

    • à l’échelle de la B4 c’est déjà 85% de la production électrique, un peu moins pour la chaleur (quoique, il y a le développement de la biomasse et de la cogénération déchets, ça fait partie du renouvelable). En revanche ça ne représente que 10% de la consommation.
      Au niveau de la B5 (région administrative Bretagne + 44) on tombe à 1/4 de renouvelable (éoliennes +Rance essentiellement + barrages d’Arzal et de Guerlédan), c’est peu mais tout de même mieux qu’en France. Niveau chaleur, c’est à peu près la moitié, grâce à l’installation biomasse à Issé + la cogénération à partir des OM à Nantes. Et là ça représente un tiers de la consommation de la Bretagne, soit 4.5 millions d’habitants.

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