En Bretagne, le culte voué à la Mort prend l’apparence du dernier trépassé de l’année lequel, munie de sa faux à la lame inversée, chemine sur sa charrette aux grincements sinistres. Maro han barn ifern ien, pa ho soign den e tle crena. Malheur à ceux qui entendent l’Ankou prononcer ces mots. Ils signifient « La mort, le jugement, l’enfer froid, quand l’homme y songe, il doit trembler ». Célèbre personnification de la Mort en Bretagne, l’Ankou collecte ainsi les âmes…

Cette bande dessinée présente des contes de l’Ankou avec pour fil conducteur la quête de la famille Cadic.

Dans le tome 1, depuis la mort de sa femme, Guillaume Cadic, romancier breton, traque l’Ankou dans une quête frisant la démence. Ses recherches vont le mener à écouter les témoignages de ceux qui ont croisé le chemin de l’Ankou. Le conte du passeur de la rivière Laïta, qui emmène ses passagers au pays des morts si ceux-ci se retournent quand il ne faut pas. Le conte d’Igilt, une jeune fille qui envoie ses soupirants à la mort. Le conte de Fanch qui a le temps de dire adieu à sa famille après avoir fait un travail pour l’Ankou. Chaque histoire a ainsi une fin tragique pour le personnage principal. Guillaume Cadic finira par entendre la charrette grinçante, juste avant que l’Ankou n’accomplisse sa tâche.

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Dans le tome 2, sa fille Sofia vient d’apprendre la triste nouvelle. Elle poursuit cette quête en tirant profit des travaux de son père. Elle part sur ses traces pour le comprendre et découvre ainsi les contes où la Mort apparaît. Chaque nouveau conte nous apporte un élément de réponse et enrichit ce fil conducteur. Mais Guillaume, mort la nuit de la Saint-Sylvestre, n’est-il pas le dernier défunt de l’année ?

Le tome 3 raconte les tentatives de Sophia pour revoir son père. Il lui faut donc voir la Mort de près… On découvre d’autres contes, tel Le conte L’eau noire adapté d’Anatole le Braz. La fin tragique ne déçoit pas. Quoi de plus naturel pour une trilogie consacrée à l’Ankou ?

Jean-Luc Istin, natif de Pontivy, fondateur de la collection Soleil Celtic, dirige la série Les Contes de l’Ankou. Cette trilogie décrit la Mort telle que perçue à travers les contes bretons. Les scenarios des différents contes sont de Jean-Luc Istin, Ronan Le Breton, Erwan Le Breton, Eric Liberge, François Debois et Henri Fabuel.

Dans chaque tome, les styles des dessinateurs sont différents (Guillaume Sorel, Franck Poua, Gwendal Lemercier, Bruno Tatti, Laurent Paturaud, Jacques Lamontagne et Olivier Ledroit). Mais ils parviennent tous à reproduire l’ambiance lugubre de ces contes traditionnels. Il se dégage du dessin de Guillaume Sorel, qui s’occupe du  fil conducteur, une ambiance morbide qui convient bien à ces histoires. Dans le troisième tome, c’est Laurent Paturaud qui reprend le fil rouge. Le choix des autres dessinateurs est également judicieux.

 Kristol Séhec

Les contes de l’Ankou, Tome 1 Hantise, 12,50 euros, Tome 2 Qui est mon père ?, 12,50 euros, Tome 3 Au royaume des Morts, 14,50 euros. Les contes de l’Ankou, Intégrale tome 1 à tome 3, 25 euros. Ed.Soleil.

Crédit photo : DR
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