Chantal Guittet (PS) missionnée sur le financement de la SNSM

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08/02/2016 – 07h00 Brest (Breizh-info.com) – La question épineuse du financement de la SNSM – Société nationale de sauvetage en mer – sera peut-être résolue dans le courant de l’année 2016. L’association dépend en effet à plus de 80% des donateurs privés et ses financements publics sont menacés en raison de la conjonction de la réforme territoriale et de la baisse des dotations aux collectivités. Chantal Guittet, député PS de la 5e circonscription du Finistère, a été chargée le 29 janvier 2016 d’une mission temporaire pour pérenniser le modèle de la SNSM. Elle devra rendre son rapport fin juillet.

Diplômée en économie-gestion et en sciences politique, cette ancienne enseignante de l’Université de Bretagne Occidentale est aussi conseillère municipale et communautaire de la commune du Relecq-Kerhuon – dont elle fut de 2009 à 2012 adjointe aux affaires sociales. Opposée au cumul des mandats et favorable à un débat public au sujet de la centrale à gaz de Landivisiau, elle a voté pour la réunification de la Bretagne lors de la réforme régionale. Elle a aussi cosigné, le 18 novembre 2015, un amendement présenté suite aux attentats de Paris et qui prévoyait « le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales ». Cet amendement, présenté par des députés socialistes contre l’avis du gouvernement, a été retiré.

Chantal Guittet avait déjà interpellé à plusieurs reprises le gouvernement sur le problème du financement de la SNSM. Elle constate, pour Breizh-Info, que « la SNSM a des problèmes réguliers de financement, l’État remet au pot régulièrement – en 2015 et en 2016 notamment. Le financement public est quant à lui toujours en baisse, car il dépend des régions, des départements et de l’Etat, et avec les politiques de rigueur, les budgets sont en baisse ».

Si la députée affirme qu’elle « n’a pas de pistes préconçues », plusieurs solutions sont avancées dans le monde de la mer : élargir le recours au mécénat des entreprises, mettre en place des conventions pluriannuelles avec la SNSM pour stabiliser son organisation, affecter une partie de la fiscalité issue de l’éolien en mer, ou encore élargir la contribution des départements. Deux autres chantiers importants concernent le renouvellement des matériels – qui engendre des dépenses très lourdes – et la formation, puisque la part des bénévoles issus du monde de la mer ne cesse de s’éroder (sauf en Bretagne), en parallèle avec le déclin de la pêche.

L’accroissement des ressources de la SNSM se fera-t-il sur le dos des plaisanciers ?

Une autre solution avancée par l’élue de la 5e circonscription du Finistère dans Le Télégramme (14.1) serait de prélever une partie de la cotisation d’assurance des plaisanciers. Ceux-ci sont inquiets ; la section finistérienne de l’UNAN (Union des associations de navigateurs, qui représente 15.000 plaisanciers en France) a envoyé il y a quelques jours une lettre ouverte à l’élue pour l’en dissuader. Les plaisanciers sont d’autant plus soucieux que le président de la SNSM lui-même, Xavier de la Gorce, plaide pour un alourdissement du droit annuel de francisation et de navigation (DAFN) par une taxe additionnelle, prélevée au bénéfice de l’association.

Pierre Barbier, président de l’UNAN 29, estime dans sa missive que ces mesures sont « discriminatoires » à l’égard des plaisanciers, car « bon nombre de bateaux de petite taille notamment ne sont pas assurés », l’assurance n’étant pas obligatoire, et que « moins de 10% des navires immatriculés sont soumis au DAFN ». Par ailleurs Pierre Barbier rappelle que « les plaisanciers concourent par leurs dons de manière significative au financement de la SNSM » et « que la SNSM intervient aussi et surtout auprès de baigneurs ou de pratiquants embarqués sur des engins de plages par définition exempts de toute assurance et non astreints au paiement d’un quelconque droit ». L’UNAN29 appelle Chantal Guittet à « entendre les associations de plaisanciers » avant « d’envisager la solution facile de créer de nouveaux prélèvements ».

Photo : DR
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2 Commentaires

  1. Je suis un plaisancier et cela ne me paraîtrait pas anormal de payer une quote-part sur l’assurance de mon bateau.
    Le soucis c’est que de fait , ensuite , je considèrerais comme un droit ( et un confort ? ) le fait d’être secouru par la SNSM et que je refuserai de payer pour le remorquage de mon embarcation.
    A voir !

  2. On en revient toujours au même problème. L’état centralisé ne laisse aucune autonomie et les politique se permettent de subventionner tout et n’importe quoi sans regarder les résultats financiers. Le moindre échange commercial local, fait remonter la TVA jusqu’a Bercy, ensuite parfois à Bruxelles pour redescendre au même endroit sous forme d’oboles. La responsabilisation recette/dépense n’existe plus.

    Oui la bonne morale dans un monde juste voudrait que les plaisanciers paient leur part.

    Mais en pratique je refuserais pour me plaindre du reste. Pourquoi devrait-on subventionner les médias et pas mon bateau ? Etc … En ce moment en Corse on discute des liaisons maritimes. Les corses ont très bien compris comment retourner les contraintes de l’état jacobin, jusqu’au jour où exangue ça sera lui qui vous proposera de l’autonomie.

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