18/05/2016 – 03H00 Nantes (Breizh-info.com) – Ce mardi 17 mai avait lieu une nouvelle journée nationale de mobilisation syndicale et populaire contre la Loi Travail, alors que le gouvernement affiche sa détermination à faire passer le texte. A la fronde syndicale et étudiante se joignent maintenant routiers, cheminots, ouvriers des raffineries ou encore de la logistique. A Nantes, des incidents et des émeutes ont à nouveau éclaté en marge de la manifestation.
A Lyon, près de 5 000 personnes ont manifesté; quelques pierres ont été jetées sur la police dans le vieux centre-ville. A Toulouse, en plus de la manifestation, des militants ont muré la permanence du député socialiste Christophe Borgel. Dans le nord, l’A1 près d’Arras et l’A16 près de Calais étaient bloquées. Les routiers ont bloqué hier matin à partir de 10 h le périphérique de Nantes, totalement paralysé, tandis que 200 personnes bloquaient la RN165 à Lanester près de Lorient (Morbihan). A Rennes, plusieurs barrages filtrants avaient totalement paralysé la rocade.

Près de 7 000 personnes se sont retrouvées dans les rues à Nantes, et 2 000 à Saint-Nazaire. Si la manifestation nazairienne s’est déroulée dans le calme comme d’habitude, cela n’a pas été le cas à Nantes. Les manifestants ont fait le tour du centre-ville par l’ouest. Très vite, dès 11 h 47, bouteilles et projectiles volaient sur les CRS qui fermaient les accès de la rue d’Orléans et de la rue du Calvaire. Pendant ce temps là, dans le cortège, Thierry, militant Sud, trouvait que « cette mobilisation n’est pas un succès. Au vu des conséquences de la loi travail sur tous les salariés, on devrait être beaucoup plus que ça ! Mais combien le savent vraiment ? »

Alors que la manifestation passait place du Cirque, le PS a été tagué « social-traître ». Des manifestants hurlaient « P comme Pourri, S comme salaud, à bas le parti socialo ». Mehdi, venu de Malakoff, un quartier sensible nantais, glissait à un de ses voisins, « les CRS, les bleus, les flics c’est pareil, faut tous les exterminer ».  Près de 100 à 150 jeunes, en partie des casseurs de cités, en partie des anarchistes, essayaient de passer des paroles aux actes, en brisant des vitres et des panneaux. Une manifestante a été d’ailleurs blessée à la main par des éclats de verre.

A midi, le cortège débouchait devant la préfecture. Avec des pavés, de nombreuses bouteilles et d’autres projectiles, les jeunes casseurs ont abondamment canardé les forces de l’ordre et les vitres de la préfecture, tandis que les policiers répliquaient avec un jet d’eau puissant. Vers 12 h 10, quatre casseurs refluaient le long du cortège pour tirer sur la préfecture. Ils se sont fait huer et arrêter par les militants de la CGT et Sud qui défilaient derrière la jeunesse. Un militant de la CGT a essayé de prendre à une tagueuse son sac plein de bouteilles de verre. Il s’est fait immédiatement alpaguer par plusieurs anarchistes, et des baffes ont volé.

Dans le cortège, Catherine Lecointe, militante chez Sud, était outrée : « moi je veux bien que le gouvernement démissionne, mais je ne veux pas prendre de coups pour ça. La casse dessert notre cause ! » Pendant que les manifestants arrivaient à 12 h 23 place Louis XVI et se dispersaient sur les cours, les casseurs continuaient, vers Duchesse Anne, puis vers Bouffay. Dix minutes plus tard, les policiers en bas de la rue de Strasbourg étaient abondamment caillassés par des jeunes criant « un flic suicidé est à moitié pardonné ».

Vers 13 h la manifestation revenait sur la place du Bouffay, après un crochet autour de l’Hôtel-Dieu. Un scooter, volé dans les alentours de l’île Feydeau, était incendié par plusieurs jeunes de cité vers 13 h 10. Des déchets divers alimentaient un fort brasier qui permettait aux casseurs de s’éloigner et d’aller canarder la BAC rue des Petites Ecuries. Tout près, à 13 h 21, deux manifestants avec de gros sacs à dos étaient interpellés. « C’est con ! », s’écriait un jeune casseur, « y en a un, il tient tout le mouvement sur Nantes, il est tout le temps en AG, il organise, il va prendre un max, c’est sûr ! »

Pendant ce temps, les manifestants continuaient vers l’ouest, via la place de la Petite Hollande, où de nouveaux heurts éclataient. A 13 h 44, cinq d’entre eux ont barré le tram à Médiathèque (ligne 1) avec des poubelles. Trois autres, venus du quartier sensible de Bellevue, fracassaient les vitres de la station. Le gaz lacrymogène les a fait refluer vers l’est, à Commerce, où ils causent toujours des troubles à l’ordre public à 15 h, même si la plus grande partie de la manifestation a fini par se disperser.

Vers 15 h, les policiers ont repoussé doucement les 150 manifestants hors des abords de la station Commerce (L1), ce qui a permis à la TAN de rétablir la circulation vers 15 h 30 des tramways des lignes 2 et 3 (nord-sud) et vers 16h des trams L1 (est-ouest). Cependant, à 16 h 45, une interpellation d’un casseur par la BAC a mal tourné, les fonctionnaires de police se faisant caillasser par les manifestants, obligeant la police à gazer pour dégager leurs collègues et un tram devenu la cible des manifestants.

Au total, 15 interpellations ont été réalisées : deux l’ont été pour l’incendie du scooter devant le carré Feydeau, et les autres principalement pour jets de projectiles, soit sur les forces de l’ordre, soit sur divers bâtiments. Rue du Vieil Hôpital, quartier Bouffay, deux personnes, chevilles ouvrières du mouvement contre la Loi travail sur Nantes, ont été interpellées alors qu’elles haranguaient les policiers.

Selon les manifestants eux-mêmes, et notamment les membres des équipes « medic » qui leur portaient secours, il y a eu plusieurs dizaines de blessés dans la manifestation, notamment « à cause des tirs de lanceurs de balle de défense, des éclats de grenades de désencerclement ou des éclats de verre; certaines personnes ont aussi été choquées et ont eu des malaises à force d’avoir inhalé du gaz lacrymogène ». Cependant, nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que les policiers ont changé de méthode, en étant plus présents mais aussi moins au contact des manifestants, ce qui a permis de limiter les dégradations et la tension dans la manifestation.

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Ce n’est pas sur les flics qu’il faut jeter des pierres, eux ne sont pas responsables, ils répondent aux ordres de la hollandie totalitaire !!

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